mardi 23 décembre 2008

Détenus économiques

Mayotte. Territoire français.
Un centre de rétention des clandestins.


Centre de rétention de Mayotte: la vidéo qui accuse
par liberation

Film tourné en octobre par un agent de la Police aux frontières (PAF) de Mayotte au sein du centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi prévu pour 60 détenus. Il y en avait 202 le jour du tournage, hommes, femmes et enfants.

Sans commentaire.

L'exode économique sera de plus en plus courant quand une grande partie de la population mondiale a faim ou est victime de brutalités.
Quelle solution humaine proposent nos leaders politiques?
Je vous invite à lire l'article de Jean Ziegler, "Réfugiés de la faim" paru dans Le Monde Diplomatique de mars 2008.

vendredi 19 décembre 2008

Grande biodiversité, grande responsabilité



Une bonne nouvelle!


Le WWF vient de publier son rapport sur les nouvelles espèces animales et végétales découvertes dans la région du Grand Mékong en Asie du Sud-Est entre 1997 et 2007: pas moins de 1068 espèces!


Parmi celles-ci, quelques créatures originales: le magnifique Trimeresurus gumprechti, le crotal venimeux vert fluo et le Millipede desmoxytes purpurea, le mille-pattes rose qui serait presque de bon ton aux Folies Bergères s'il ne produisait pas du cyanure! Et je n'évoque pas Heteropoda maxima, la plus grande araignée chasseuse du monde avec une envergure allant jusqu'à 30 centimètres pour un corps de 46 mm.




Une telle richesse ne saurait aller sans une politique de préservation. Ces découvertes ne doivent pas faire oublier qu'au même endroit, des espèces disparaissent aussi. Et on peut méditer sur les espèces jamais découvertes et déjà disparues...

produits ménagers: retour à la simplicité

Le site Raffa met à disposition un petit livret bien intéressant présentant les "Recettes écologiques et économiques pour l'entretien de la maison".
A conseiller pour un juste retour à la simplicité efficace!

http://drnd.be/raffa/version_impression_eco_HLN_livret2.pdf

jeudi 18 décembre 2008

Cruiser versus Pollinisateurs


Au moment où Michel Barnier et les spécialistes de l'AFSSA prennent la responsabilité de renouveler l'autorisation de mise sur le marché du neurotoxique Cruiser de la marque suisse Syngenta, utilisé dans la protection du maïs contre le taupin, il est urgent de se mobiliser!
Je vous invite à regarder la liste des précautions d'emploi à la fin du film publicitaire diffusé par Syngenta... C'est éloquent!

Rappelons que le Gaucho et le Régent sont suspendus en France depuis 2004. Qu'ils le restent et que le Cruiser les rejoignent pour la survie des insectes pollinisateurs, nécessaires à l'agriculture et à la nature. Ces insectes sont les témoins d'un environnement sain. Ils sont les garants de notre bonne santé.

mercredi 17 décembre 2008

Jeudi


Jeudi
envoyé par charlydupuis

lundi 15 décembre 2008

Pollution sonore



Un nouveau culte est rendu dans les villes modernes à la déesse Quiès, déesse du repos.
Ce culte prend la forme de deux boules de cire enrobées d'ouate, nées du cerveau d'un pharmacien parisien en 1918.
Ces protections auditives symbolisent une pollution dont on parle peu: la pollution sonore.
Cette pollution s'intensifie et touche une grande partie de la population humaine de plus en plus urbanisée. On pense spontanément au bruit généré par les voitures (moteur et auto-radio), les avions, les discothèques, les salles de concert, les voisins…



Echelle du bruit:
source OFEFP (2005). Lutte contre le bruit. Revue Environnement 2/2005, p.9.

On oublie souvent les sons que l'on n'entend pas.
En fonction de leur intensité et de leur récurrence, tous les bruits, de l'ultrason à l'infrason, peuvent générer un nombre important de maladies parmi lesquelles l'hypertension artérielle, l'anxiété, la dépression, les insomnies, les troubles de l'appétit… Les effets des infrasons (fréquence inférieure à 20 Hrz) sont peu connus de la population mais bien expérimentés par l'armée (armes non létales ou outils de communication très grande distance de la marine américaine dont l'usage perturbe énormément les sonars des baleines).

Les infrasons, inaudibles, sont véhiculés par l'air ambiant et ont des causes multiples (systèmes de climatisation, éoliennes, moteurs de camions au ralenti, moteurs d'avions à réaction, musique électronique…). Ils sont difficiles à mesurer et il est difficile de s'en prémunir. Même la Déesse Quiès ne peut rien!

mardi 9 décembre 2008

Ampoule à incandescence: le sens critique est sauf




Le Monde publie un article absolument pas documenté et complètement partial en faveur des ampoules fluo-compactes, fonçant tête baissée dans les idées soi-disant écolo manipulées par le pouvoir de l'argent:

"Dès le 1er septembre 2009, les ampoules traditionnelles de 100 watts disparaîtront des magasins de l'UE, ont décidé les experts mandatés par les Vingt-Sept. Un an plus tard, les ampoules à incandescence de 75 watts connaîtront le même sort, suivies deux ans plus tard par celles de 60 watts. Le 1er septembre 2012 sonnera la fin de ce processus par étapes avec le retrait des dernières de 40 et 25 watts. Les halogènes les moins performants, de classe "C" dans le classement énergétique européen, cesseront eux d'être vendus le 1er septembre 2016, ont décidé les experts.
La décision de l'UE devra encore être soumise pour avis seulement au Parlement européen, pour être ensuite formalisée au printemps par la Commission."

Mais si le journaliste à la petite semaine ne prend pas la peine de réfléchir, les lecteurs de l'article, oui. Il faut rendre hommage à l'esprit critique de ces inconnus derrière leurs pseudonymes. Voici quelques-unes des réactions qui illustrent la tendance générale. Très peu de lecteurs sont favorables à cette interdiction:

"CHRISTIAN J.09.12.08 00h25 Juste des questions aux experts. Pour fabriquer une lampe, il faut de l'énergie. Elle en consomme pendant sa durée de vie. Pas besoin de recycler une lampe à filament, vous l'écrasez. Pour une lampe "fluo", c'est autre chose, comment la recycle-t-on? Ou allons-nous la déposer en fin de vie? C'est fait avec quoi? Avez-vous prévu de communiquer, pour ceux qui les laissent allumées parce qu'elles consomment moins? Combien de temps pour disparaître dans la nature? Au cas où? Et mercure? Alors total?

michel09.12.08 00h18 J'utilise des lampes basse consommation, mais une vient de me lâcher en moins de 5 ans. De plus, rien n'est prévu à proximité pour la mettre à la décharge. Je suis pour les économies d'énergie mais aussi pour la liberté et donc contre cette interdiction des lampes "classiques".

Tisonnier09.12.08 00h12 On ferait mieux d'attendre la prochaine génération de leds. Les lampes "basse consommation" ont une forte empreinte écologique et ne servent pas à grand-chose. On s'éclaire surtout l'hiver, dans des logements thermostatés. L'énergie qu'on y dépense pour se chauffer est égale aux déperditions thermiques, qu'elle soit fournie par des radiateurs ou tout autre appareil qui dépense de l'énergie. En d'autres termes, ce que les lampes ne consommeront plus sera consommé par votre appareil de chauffage.

Luc L.08.12.08 23h57 Je veux bien mettre des lampes basse consommation puisqu'on me dit que c'est bon pour la planète, mais y a un truc qu'on ne m'explique pas : ces lampes dites "écologiques" contiennent du mercure, l'un des pires poisons qui soit. Or que vont devenir ces lampes quand elles ne fonctionneront plus ? On me répond que des filières spécifiques de recyclage sont mises en place, mais qui en a entendu parler et qui sait comment faire ? Alors, un nouveau scandale type amiante à venir ?

CHRISTIAN T.08.12.08 23h36 Peut on m'expliquer pourquoi j'ai des fluos de presque 40 ans (gros machins qui pèsent un kilo) et que je change régulièrement les fluos achetés depuis 2-3 ans au point que je me demande si je ne vais pas basculer au tout incandescent, après avoir basculé au tout fluo depuis longtemps, sauf pour les allumages automatiques.

EMMANUEL G.08.12.08 23h31 Une fois de plus on fait du tout ou rien. Les ampoules à incandescence sont très bien pour éclairer un escalier ou un couloir ponctuellement. Si on les remplace par des pseudo-néons, on sera obligé de les laisser allumées tout le temps. Je vote pour avoir le choix entre les deux technos.

D.G.08.12.08 23h25 Pourquoi ne pas laisser le choix ? Ces ampoules prétendument écologiques sont coûteuses, éclairent mal (j'en ai, hélas, déjà acheté...) et s'usent plus vite si on ne les laisse pas allumées en permanence (même dans une pièce vide... on est en effet dans l'absurdité totale)! Une fois de plus, les lobbys industriels se sont imposés contre la liberté des consommateurs.

François R.08.12.08 23h24 Charles L: inutile d'aller chercher les "dictatos-ecolos" quand il s'agit de toute évidence d'une pression des fabricants de lampes (Philips et autres). En effet, leur spectre n'est pas comparable aux lampes à incandescence, leur temps de chauffe peut être long et j'ai déjà dû en jeter qui refusaient de fonctionner normalement ! Quant à l'économie d'énergie, elle est inexistante si on considère leur utilisation en hiver : ce qui n'éclaire pas... chauffe ! On interdit le chauffage électrique ?

Régis B.08.12.08 23h21 Je suis passé il y a quelque temps aux lampes fluo-compactes. Mais, à de trop nombreuses reprises, ces lampes "claquent" bien avant les milliers d'heures promises. J'ai cessé d'acheter du premier prix, pensant que le mal venait de là. Rien à faire, la même mésaventure se produit avec des lampes de grande marque. Je pourrais incriminer mon installation, qui a une vingtaine d'années, mais, au même endroit une lampe trop vite grillée est remplacée par sa sœur qui va tenir sans problème. Que penser?

henrikardo08.12.08 23h11 Plus j'y pense plus j'enrage ! Cette mesure est typique de l'Europe qui nous les brise (les nerfs bien sûr). C'est même incroyable que personne ne réagisse alors qu'on rencontre des milliers de vociférants contre la suppression des départements sur les plaques minéralogiques ! Si un jour on découvre que le jaune ou le violet isolent moins bien que le vert et l'orange, alors on interdira la vente de ces coloris en peinture... on ne marche pas un peu sur l'occiput là ?

GÉRARD B.08.12.08 22h24 Voilà des économies de bout de chandelles ! Avant d'interdire les lampes à filament on ferait mieux d'interdire le chauffage électrique et le remplacer au minimum par des pompes à chaleur, mieux par des chaudières à gaz, ou autre combustible, ou encore mieux, comme à Paris par des réseaux d'eau surchauffée récupérant les combustions d'ordures ménagères. À la campagne, dans ma jeunesse, les chambres étaient installées au dessus des étables ou bergeries et ne nécessitaient aucun chauffage.

Bernard J.08.12.08 22h21 Quand tout le monde sera éclairé avec de la lumière pisseuse, ça va déprimer ferme dans les chaumières.

Laurent G.08.12.08 21h40 Une initiative louable, mais il va falloir trouver une solution pour les variateurs de lumière qui sont totalement incompatibles avec ce type de lampe. Tous mes plafonniers en sont équipé par souci de confort et d'économie d'énergie puisque l'on peut moduler finement l'éclairage. Le mieux est parfois l'ennemi du bien...

laurent08.12.08 21h19 D'accord, une ampoule à incandescence, cela chauffe plus que cela n'éclaire. Et alors ? Quand on a un chauffage electrique comme un très grand nombre de français et si l'on considère que la saison de chauffe correspond à la saison d'éclairage maximum, peu importe que l'on se chauffe avec un convecteur ou avec une ampoule. Pourquoi interdire les ampoules à incandescence et autoriser les 4x4, les yachts à moteur ou les vacances à l'autre bout du monde qui sont bien plus energivoraces.

jean philippe c.08.12.08 20h51 "Copier Coller" Aucun esprit critique, aucune analyse, on se calque sur le dossier de presse. Les coûts induits du changement ne sont pas évoqués, et n'aboutiront sûrement pas à une économie de 50 euros par an, mais plutôt à une nouvelle dépense.

Hum_Hum08.12.08 20h38 Les ampoules LBC sont efficaces à condition d'être laissées longtemps éteintes et allumées. Sinon, si on les éteint en sortant pour les rallumer en rentrant (par économie), on les fait griller en un mois.

NORBERT O.08.12.08 20h17 Eh bien, il faut commencer à faire des stocks si l'on veut éviter de courir le risque de se casser la figure dans les escaliers, faute d'attendre que ces ampoules éclairent effectivement quelque chose... Un jour, on se plaindra du déficit de la Sécurité sociale..."

lundi 8 décembre 2008

Le soja, un aliment sain?

Le soja est-il bon pour la santé?

C'est la question que pose Patricia Thomas, journaliste à The Ecologist. Elle publie à ce sujet un article dans la version française de la revue (n°27 de cet automne). Elle rappelle à quel point le soja est devenu un aliment incontournable de l'alimentation industrielle: "L'isolat de protéine de soja est présent dans 60% de l'alimentaiton industrielle, ce qui signifie que la plupart d'entre nous mangeons et buvons du soja sans le savoir. Tous les jours." Pensons aux animaux d'élevage élevés aux tourteaux de soja, pensons à la lécithine de soja (émulsifiant E322) utilisée presque partout des boissons aux yaourts en passant par le lait en poudre et les céréales du matin.

En quoi est-ce un problème? N'est-ce pas excellent, le soja? Oui, dans une certaine mesure, les isoflavones et les phyto-oestrogènes du soja ont la réputation d'avoir des propriétés anti-cancereuses… mais en petite quantité et lorsque le soja est fermenté (sous la forme Tempeh, miso et pas Tofu ou lait de soja). Patricia Thomas remet les pendules à l'heure:

"L'idée que le soja est bon pour la santé s'appuie sur le fait que les Orientaux en mangent depuis un milénaire et ont un taux de cancer du sein, des testicules et des ovaires plus faibles que les Occidentaux. C'est exact, mais il ne faut pas ignorer que les Japonais et les asiatiques souffrent d'autres types de cancer à des taux plus élevés que les Occidentaux: œsophage, estomac, foie, pancréas."

D'autre part, une étude de Harvard School of Public Health (Boston) concernant la reproduction humaine (juillet 2008) révèle que la consommation de soja dont les implications hormonales font baisser le nombre de spermatozoïdes serait l'un des facteurs de stérilité masculine.

Ce n'est pas tout si l'on en croit The Weston A. Price Foundation, un organisme américain indépendant spécialisé dans la recherche et la surveillance dans le domaine de la nutrition qui résume dans cette liste les dangers liés à la consommation de soja non fermenté en grande quantité:

"- High levels of phytic acid in soy reduce assimilation of calcium, magnesium, copper, iron and zinc. Phytic acid in soy is not neutralized by ordinary preparation methods such as soaking, sprouting and long, slow cooking. High phytate diets have caused growth problems in children.

-Trypsin inhibitors in soy interfere with protein digestion and may cause pancreatic disorders. In test animals soy containing trypsin inhibitors caused stunted growth.
Soy phytoestrogens disrupt endocrine function and have the potential to cause infertility and to promote breast cancer in adult women.

-Soy phytoestrogens are potent antithyroid agents that cause hypothyroidism and may cause thyroid cancer. In infants, consumption of soy formula has been linked to autoimmune thyroid disease.

-Vitamin B12 analogs in soy are not absorbed and actually increase the body's requirement for B12.

-Soy foods increase the body's requirement for vitamin D.

-Fragile proteins are denatured during high temperature processing to make soy protein isolate and textured vegetable protein.

-Processing of soy protein results in the formation of toxic lysinoalanine and highly carcinogenic nitrosamines.

-Free glutamic acid or MSG, a potent neurotoxin, is formed during soy food processing and additional amounts are added to many soy foods.

-Soy foods contain high levels of aluminum which is toxic to the nervous system and the kidneys."

Je tente une traduction de cette liste:

-Les niveaux élevés d'acide phytique dans le soja réduisent l'assimilation du calcium, du magnésium, du cuivre, du fer et du zinc. L'acide phytique dans le soja n'est pas neutralisé par les méthodes ordinaires de préparation telles que le trempage, la germination et la cuisson longue et lente. Les régimes élevés de phytate ont posé des problèmes de croissance chez les enfants.

-Les inhibiteurs de trypsine (NDT: l'enzyme du pancréas) contenus dans le soja interfèrent dans la digestion des protéines et peuvent causer des problèmes pancréatiques. Chez les animaux de laboratoire le soja contenant des inhibiteurs de trypsine a provoqué des retards de croissance.

-Les phytoestrogènes du soja interrompent la fonction endocrinienne et peuvent causer la stérilité et provoquer le cancer du sein chez les femmes.

-Les phytoestrogènes du soja sont de puissants agents antithyroïdiques qui causent l'hypothyroïdie et peuvent provoquer le cancer de la thyroïde. Chez les nourrissons, la consommation de formule de soja a été liée au problème de thyroïdie auto-immune.

-Les analogues de la vitamine B12 dans le soja ne sont pas absorbés et augmentent les besoins du corps en B12.

-Les produits alimentaires au soja augmentent le besoin du corps en vitamine D.

-Les protéines fragiles sont dénaturées pendant le traitement à hautes températures pour isoler la protéine de soja et la protéine végétale fibreuse.

-Le traitement de la protéine de soja produit la formation de lysinoalanine toxique et de nitrosamines hautement cancérigènes.

-L'acide glutamique libre ou MSG, une neurotoxine puissante, est formée pendant la transformation alimentaire du soja et on en ajoute à beaucoup de produits alimentaires à base de soja.

-Les produits alimentaires à base de soja contiennent des niveaux élevés d'aluminium, toxique pour le système nerveux et les reins.

Je pense que, à la lecture de cette liste, les végétariens devraient oublier les produits au soja non fermenté et préférer les combinaisons alimentaires pour équilibrer leur alimentation, même si ce n'est pas simple.

Voici un nouvel exemple qui devrait nous convaincre qu'il faut se méfier définitivement de l'industrie alimentaire, grosse utilisatrice de protéines de soja. De même devrions-nous nous méfier de tous les produits miracles claironnés à grand renfort de publicité. Un lobby se cache dernière avec des intérêts financiers à côté desquels la santé publique n'a aucune importance.

N'oublions pas de rappeler, pour finir, que la culture industrielle du soja provoque de graves problèmes environnementaux: la déforestation et les cultures OGM. Ce n'est bon ni pour nous ni pour l'environnement.

et si ...


... les conséquences pouvaient être aussi directes.

vendredi 5 décembre 2008

Hu Jia Prix Sakharov



Le 17 décembre aura lieu à Strasbourg au Parlement européen la remise du prix Sakharov 2008 pour la liberté de l'esprit.

Il sera remis au chinois Hu Jia qui milite pour la cause des droits de l'homme et des problèmes environnementaux en Chine et au Tibet.

Le lendemain de la visite du Dalaï Lama au Parlement européen de Bruxelles, la nouvelle réjouit les esprits favorables à l'extension des libertés dans cette partie du monde. Rappelons que Hu Jia a choisi de pratiquer le bouddhisme tibétain. Son épouse Zeng Jinyan a rencontré le chef spirituel tibétain en 2006. Ses liens avec le Tibet ne sont pas nouveaux puisqu'il a commencé sa carrière de militant comme membre de la Brigade du Yack sauvage pour défendre les antilopes tibétaines en voie de disparition du fait de braconnages intensifs.La laine de cet animal, considérée comme l'une des plus chaudes du monde, ne peut être obtenue qu'en le tuant. Son commerce, bien qu'interdit officiellement, est pourtant très lucratif.




Hu Jia a également été très actif dans l'aide aux malades du Sida en Chine, dans l'aide aux familles expropriées et aux ouvriers licenciés. Sur tous les fronts de l'injustice, il est clair que le militant de "Avocats aux pieds nus" dérange le gouvernement chinois.

Hu Jia a été plusieurs fois arrêté et assigné à résidence. La dernière arrestation en date remonte au 27 décembre 2007. Il a été condamné le 21 avril dernier à 3 ans et demi de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat". Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Nations Unies ont condamné son arrestation.

Malgré les grognements de Pékin, les euro-députés vont donner à Hu Jia la reconnaissance officielle qui lui a été refusée par le Nobel de la Paix 2008 pour lequel il avait été pressenti.


Quelques réactions à l'attribution du prix Sakharov à Hu Jia.


Le film Kekexili Mountain Patrol montre le combat de quelques tibétains contre le braconnage des antilopes:


jeudi 4 décembre 2008

Orka


Gros plan sur un groupe de musiciens inventifs des îles Féroé! Les instruments qu'ils utilisent sont tous fabriqués à partir d'ustensiles récupérés à droite et à gauche (c'est tout l'intérêt) dans la ferme familiale de Jens L. Thomsen, le fondateur du groupe: tendeur de filin de bateau, pieu de barrière, lampe à néon, poubelles, meuleuse, bouteilles, vieux fût rouillé... Tout ça devient, après quelques menus bricolages, des instruments de musiques très spéciaux.

C'est là aussi que leur premier album, prévu pour janvier, a été enregistré. Il faut dire que dans les îles Féroé, les habitants sont à peu près tous pêcheurs ou agriculteurs et tous chanteurs. Le groupe Orka produit de la techno-folk, de la musique industrielle tout droit venue du monde rural. Est-ce vraiment un paradoxe par les temps qui courent?

L'album s'intitule "Livandi Oyða" (désert vivant).

Je vous donne le titre des pistes de l'album pour l'aspect poétique de la chose. Entre nous: je ne comprends pas encore le féringien… :-)

1. Volmar
2. Fjøllini standa úti
3. Livandi oyða
4. Heilabruni
5. Myrkursins muður
6. Inni
7. Volmar letur eygað aftur - feat. The Third Eye Foundation & Com-Data
8. Fepur - feat. Com-Data
9. Í mínum æðrum - feat. Deadverse
10. Grøðing - feat. Bookworms & Com-Data
11. Triðja dagin - feat. The Third Eye Foundation



mercredi 3 décembre 2008

Mélamine et alimentation


Les deux n'ont par nature aucune raison de se rencontrer. Le formaldéhyde de mélamine (formica) est une substance chimique couramment utilisée dans la fabrication de résines, de plastiques et de colles. En Europe et en Amérique du Nord, l'utilisation de la mélamine est autorisée dans la fabrication de matériaux et d’objets en matière plastique, mais l’ajout de mélamine dans les denrées alimentaires et dans les aliments pour animaux est interdit.

Un peu d'histoire…

Mars 2007: scandale dans l'industrie agro-alimentaire pour chiens et chats. Des produits fabriquées en Chine et vendues sous plusieurs marques différentes aux États-Unis, au Canada et au Mexique contiennent de la mélamine. De la mélamine a été détectée à l'autopsie de chiens et de chats morts suite à la consommation de la nourriture industrielle contaminée. La fonction rénale de ces animaux a été bloquée. Lorsque la mélamine arrive dans les reins, elle produit des calculs qui endommagent irréversiblement ces organes vitaux. Chez les animaux, la dose a été très forte. L'action de blocage rénal peut s'avérer plus lente avec des doses plus faibles mais répétées.

Mai, juillet et septembre 2008: des bébés chinois sont tombés malades et certains sont morts après avoir avalé du lait pour nourrisson contaminé à la mélamine. L'adjonction de mélamine dans le lait permet d'augmenter le taux de protéines. C'est pourquoi cette substance est abondamment utilisée par les fraudeurs qui visent la plus-value sur les matières premières.

Octobre 2008: de la mélamine a été détectée dans des friandises (bonbons "White Rabbit" et biscuits "Koala") en provenance de Chine et vendues dans des magasins asiatiques belges et français.

Octobre 2008: l'agence sud-coréenne pour la sécurité alimentaire (KFDA) a découvert des traces de mélamine dans des friandises produites par Mars et Nestlé en Chine (M&M's, Kit Kat, Snickers…).

Octobre 2008: les autorités de Hong-Kong ont découvert de la mélamine dans des œufs en provenance de Chine, probablement une conséquence de l'alimentation contaminée des poules pondeuses.

Novembre 2008: en France (région Pays de Loire), de la mélamine a été détectée dans des tourteaux de soja en provenance de Chine destinés à l'alimentation de poulets bio. Le destinataire de ces 300 tonnes d'alimentation: la société Bio nutrition animale, filiale de Terrena. Les spécialistes de l'AFSSA jugent qu'il n'y a aucun risque pour la santé humaine, la mélamine ne passant pas dans la viande des animaux.

Et ensuite?

Attention aux produits industriels transformés! Aucun contrôle ne peut être exercé par le consommateur sur la totalité des ingrédients… bio ou pas.

Et n'oubliez pas de varier vos poisons...

lundi 1 décembre 2008

N'achetez rien ou si peu...



Nous y sommes. Enfin, c'est tout comme.
L'une des plus grandes fêtes commerciales de l'année prépare ses vitrines.
Comment s'en sortir sans sombrer dans des orgies de dépenses pour des trucs trop souvent inutiles?

Deux options pour résister au virus consumériste de cette période:

1/Vous pouvez choisir des cadeaux de type "bonne action". Un exemple parmi d'autres:
http://www.urgenceclimat.org/

2/Ou vous pouvez choisir de ne pas acheter de cadeaux pour Noël. Ce qui ne signifie pas ne pas en faire: http://www.buynothingchristmas.org/alternatives/index.html

mercredi 26 novembre 2008

Mon jardin pour la planète


Terra Natura a lancé il y a quelques semaines un nouveau projet : mon jardin pour la planète.

Après s’être orienté dans un premier temps vers les entreprises, les collectivités et les structures touristiques, Terra Natura choisit cette fois de renforcer la mobilisation auprès des particuliers.

« Mon jardin pour la planète est une action citoyenne et une démarche militante. La nature, nous le savons, à besoin d’être protégée. Nous souhaitons apporter notre contribution en regroupant toutes les personnes désireuses d’agir », explique Vincent Doucet, fondateur de Terra Natura.

Ce projet devrait permettre de comptabiliser les bonnes volontés et de diffuser des conseils de « bonnes pratiques » pour l’aménagement et l’entretien d'un jardin.

Nous l’avons vu lors d’un précédent post, les jardiniers amateurs (même si les choses évoluent heureusement) sont encore dans l’ensemble de grands consommateurs de produits chimiques.

En inscrivant son balcon, sa terrasse, son jardin, sa prairie on s’engage à travers 4 axes forts :
-> Aucun pesticide, pas de produit chimique et de traitement nocif.
-> Mise en place d’abris refuges pour les animaux, des mangeoires, des nichoirs pour les oiseaux, des refuges pour les papillons, les insectes, les chauves-souris, les hérissons, les crapauds…).
-> Utilisation de compost naturel compatible agriculture biologique, compostage de ses déchets organiques et utilisation de paillages naturels.
-> Rechercher en permanence la qualité environnementale, la gestion de l’eau et de l’énergie.

A ce jour, le projet enregistre une surface de « nature protégée » de 1 962 418 m².

Je viens d’inscrire les 6500 m² de notre jardin. J’attends donc de voir quel accompagnement est proposé et je ne manquerai pas de publier prochainement pour vous donner des nouvelles.

Si vous souhaitez tenter l’expérience, c’est par
ici.

mardi 25 novembre 2008

Le papillon, reflet de la perte de la biodiversité



Voici le texte (long mais capital) d'un spécialiste des papillons, Michel Tarrier, auteur du livre "Les Papillons de jour du Maroc" aux éditions Biotope et chroniqueur pour Panda Magazine. Il rappelle l'importance souvent ignorée "des plus petits". Il rappelle que, parmi les insectes, les papillons sont de profonds bio-indicateurs. Il indique qu'il est urgent de restaurer les sites de butinage et rappelle que "des milliers de modestes terrains réhabilités constitueront un gigantesque écosystème en mosaïque."


"Le papillon, reflet de la perte de biodiversité

Dans les années 50, les papillons peuplaient et agrémentaient nos campagnes, nos montagnes et nos jardins. Dès les années 60, le remembrement sonna le glas d'une certaine naturalité des champs, par l'arasement systématique et irréfléchi de millions de kilomètres de haies et de bocages, mégalomanie anthropocentriste d'une agriculture intensive désireuse d'accroître les surfaces cultivées et de faciliter
le passage de la machinerie lourde. Les conséquences de ce saccage furent celui d'un écocide dont on se repent encore. C'est par milliards de milliards que chaque année les biocides de l'agriculture productiviste anéantissent les papillons, que nos jardins de plus en plus traités et plantés de végétaux allochtones achetés de façon irréfléchie dans de stupides centres jardiniers leurs sont infréquentables, que la circulation automobile les massacre, que nos éclairages publiques excessifs les piègent, qu'on les éradique en faisant table rase des écosystèmes, notamment forestiers, et qu'en pays de terres sèches le surpâturage les décime en scalpant le sol de la moindre plantule.

L'importance des plus petits est bien mal perçue. Ils sont cependant partie intégrante de la biodiversité : les trois-quarts des espèces animales sont des insectes. Et personne ne se préoccupe, au moins, de ces joyaux ailés que sont les papillons qui, au temps de notre enfance, enchantaient campagnes et montagnes dès le regain du printemps, tournoyaient nombreux les soirs d'été autour de la lampe du jardin. Dans nos pitoyables paysages dénaturés, le charme est rompu, l'harmonie séculaire qui mariait l'homme à la Nature est révolue, il n'y a plus de place pour la beauté, les papillons se meurent et nos rêves s'en sont allés, à tire d'aile. Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de cet inestimable capital naturel que nous avions reçu en legs, d'être devenus écoconscients d'un monde que nous dérobons à nos enfants, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus. On ne reconstruit pas la Nature.
C'est ainsi que, faute de sites de butinage ou assassinées par la toxicité de nos méthodes, les abeilles, malades de l'homme, nous quittent pareillement. Principale agricultrice avant la lettre, voilà 60 à 80 millions d'années que l'abeille mellifère est sur Terre et elle accompagne l'aventure humaine depuis ses premiers temps. Mais soudain, sous l'effet nocif des intrants chimiques que nous déversons inconsciemment ou pour l'appât du gain agricole, toujours en toute impunité et défiant le moindre principe de précaution, c'est plus de la moitié du cheptel des abeilles qui a déjà disparu de certaines contrées. Les Gaucho, Régent TS, Cruiser et autres abominables poisons enrobant les semences sont sur le banc des accusés. Les médias, tout de même, s'en sont fait l'écho. Un pareil recul accablant est constaté chez les autres hyménoptères, les diptères, les lépidoptères et d'autres pollinisateurs. Mais ça ne fait que commencer et, à n'en point douter, les cultures OGM que l'on veut nous imposer par dictat sonneront le glas de ce qui reste de Vivant originel. Que deviendrons-nous sans ces auxiliaires responsables de la pollinisation d'innombrables plantes à fleurs avec lesquelles elles témoignent d'une longue histoire coévolutive, sans l'abeille, maillon essentiel dans le maintien de la biodiversité génétique et dans la production des trois-quarts des nos cultures vivrières ? Le recul des abeilles n'annonce pas que la chute irrémédiable de la production apicole, elle bio-indique le début de la fin d'un monde tel que nous le connaissions.

Papillons, abeilles, hannetons, rainettes. souvenirs à l'eau de rose ?

L'être humain survivra-t-il dans un monde abiotique et de béton ? Peut-être mais, aux prises avec une vie invivable, il n'y sera jamais heureux.

Les papillons de jour comme outil de bio-indication

Pourquoi le choix des papillons de jour comme indicateurs des
paysages ?
Agents essentiels des cycles biologiques, très sensibles au moindre effet nocif (notamment au niveau des plantes-hôtes dont ils sont tributaires), par un recul ou une extinction, les papillons sont les véritables révélateurs pour le diagnostic d'une telle situation. Solidaires de chaque écosystème, ils s'en avèrent être les meilleurs marqueurs synécologiques. Leur influence sur les écosystèmes se manifeste autant par leur présence que par leur absence. En ce sens, les plus signifiants ne sont pas à considérer spécifiquement mais en tenant compte de leur redondance, un peu sur le mode d'une guilde. L'utilisation de ces données entomologiques pour une gestion à long terme exige évidemment un suivi dans un concept scientifique.
Les papillons de jours sont de plus en plus choisis comme outils d'évaluation des écosystèmes traduisant encore une relative naturalité. Lorsqu'ils prennent la tangente des paysages, c'est que toute naturalité a disparu sous les effets anthropogènes.
D'autres insectes peuvent aussi remplir le rôle de bio-indicateurs. Il s'agit, par exemple, d'autres pollinisateurs tels certains hyménoptères, coléoptères Carabidae éminemment réfractaires à une perte du substrat (mais d'une indication rendue aléatoire tant par leur trop grande dépendance des conditions climatiques que par leur vie occulte), coléoptères coprophages (actuellement en déclin car victimes de l'impact des produits vétérinaires), odonates et hydrocanthares quand il s'agit de la qualité des eaux mortes ou courantes.
Le grand intérêt des lépidoptères diurnes (rhopalocères et hétérocères Zygaeninae) réside dans les faits qu'ils sont aisément repérables, qu'ils fréquentent une grande diversité de paysages, qu'ils sont liés aux plantes nourricières de leurs larves ou nectarifères des adultes, pour la plupart d'une valeur tout autant estimable. Enfin, comme il s'agit d'un groupe d'insectes ayant dépassé le stade alpha de nos connaissances, l'entomologiste expert est apte à en déceler la présence par l'hyper connaissance qu'il en a. Espèces sentinelles veillant à l'intégrité ou à un usage parcimonieux des lieux, espèces clés-de-voute ou ombrelles déclinant la présence de tout un cortège, les papillons offrent aussi l'avantage de réagir ipso facto à la moindre altération de leurs conditions de vie. A nous de savoir en décrypter le moindre recul et d'interpréter alors l'alerte qu'ils nous fournissent.
Utilisant ainsi les papillons comme grille de lecture des paysages, l'écologue se retrouve souvent au chevet d'écosystèmes malades. Le papillon est le reflet de ce qu'il y a dessous. Et dessous, il n'y a plus grand-chose.

Comme un effet papillon...

En Europe, il y a quelques temps que l'on utilise - enfin, que l'on essaie d'utiliser... - la filière papillons pour espionner la santé des écosystèmes, en vue de tabler sur leur durabilité et les ressources qu'ils nous dispensent. Et puis surprise, un jour les papillons eux-mêmes disparaissent, comme peuvent s'esquiver des témoins gênants ! C'est ce qui vient de se passer au Japon, et plus près de nous en Grande-Bretagne où le déclin des espèces est pourtant suivi au peigne fin, dans un pays où l'importance des sciences et de la citoyenneté sont inversement proportionnelles au reliquat de vie sauvage. Environ 70 % de la totalité des espèces de papillons ont ainsi disparu en vingt ans au niveau régional ou national de ce pays très à cheval sur son biopatrimoine en peau de chagrin. Il vient donc de se passer exactement l'inverse de ce que croyaient les experts il y a vingt ans, à savoir que ces insectes seraient beaucoup plus résistants parce qu'ils pouvaient voler et se déplacer. Curieux experts que ceux qui ne sont pas au fait des notions de niche écologique, d'habitat, d'espace de vol et de plantes-hôtes, ou qui ignorent que la grande majorité des papillons sont sténoèces, c'est-à- dire d'une plasticité écologique restreinte, à l'opposé de l'ample valence qu'on pourrait prêter à des animaux ailés. Et tout un chacun de conclure : « Cela renforce les arguments de ceux qui se battent pour établir des politiques au niveau national et mondial destinées à
limiter l'incidence de l'homme sur l'environnement . »

Pourquoi veiller à la protection d'un papillon ?

La question ne se fait pas attendre : quel est le sens de telles interventions dirigées pour conserver les espèces les plus menacées de notre faune ou de notre flore ? Plus prosaïquement, à quoi bon déployer de tels efforts pour un modeste invertébré que la plupart des gens ne connaît pas et ne rencontra même jamais ? La première réponse pourrait être d'ordre purement éthique et se résumer à cette déclaration de la Charte sur les invertébrés : « Aucune espèce animale ou végétale ne doit disparaître à cause des activités de l'homme » ; ou rappeler le fameux précepte précisant que l'homme a besoin de la Nature, mais que la Nature n'a pas besoin de l'homme. La seconde réponse, plus pratique, consiste à souligner le fait que ces actions orientées vers une espèce donnée profitent bien souvent à tout un ensemble d'espèces animales et végétales qui sont soit liées directement à l'espèce visée, soit présentent grosso modo les mêmes exigences écologiques. C'est ce concept connu de l'espèce-ombrelle, sentinelle ou signal, formule désignant une espèce essentielle qui en induit, qui en abrite une série d'autres.

Qu'est-ce que la bio-surveillance, qu'est-ce qu'un bio-indicateur ?

La plupart des papillons sont monophages ou oligophages, et étroitement inféodés à des plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il s'agit donc d'une panoplie d'éminents indicateurs biologiques qui réagissent aux modifications nocives par un recul, puis par la disparition. Les insectes-outils sont censément moins maniables mais sans nul doute plus précis que les vertébrés ou les plantes, tant pour la gestion et la sélection des sites à protéger, que pour l'évaluation de l'incidence biologique en baisse des surfaces menacées.
L'utilisation de données entomologiques pour une gestion à long terme en exige une validation très précise. Les espèces d'insectes, dans leur grande majorité, ne sont identifiables que sous la loupe binoculaire, tandis que leur récolte sur le terrain nécessite des méthodes de prospection et d'échantillonnage adaptées. Chaque donnée unitaire implique donc : suivi de visites, capture, montage, étiquetage, identification, archivage et conservation-collection du spécimen dans un concept scientifique.

Application : une expérience personnelle

Durant une dizaine d'années, j'ai consacré la majorité de mon temps à parcourir le Maroc pour dresser un inventaire exhaustif et cartographier les sites biologiques d'intérêt patrimonial objectivement identifiés par la présence d'un cortège de faunule génétiquement remarquable, à base surtout de lépidoptères. Ce programme a été particulièrement insistant auprès des écosystèmes actuellement précaires car compromis par les activités humaines et comportant des présences emblématiques ou endémiques. Utilisant donc les papillons comme un fil d'Ariane et une grille de lecture des paysages, de régions en régions, de stations en stations, il faut dire que je me suis trop souvent retrouvé en présence d'écosystèmes malades... La pandémie dont ils sont les victimes et toutes leurs biocénoses associées est parfaitement identifiée et se nomme surpâturage. Plus de 20 millions d'ovins, de caprins et de camelins déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts irréversibles sont hallucinants, entraînant la mort du sol.
L'anachronisme le plus saillant est censément celui du parcours en forêt. Un exemple édifiant : 900 000 moutons paissent au sein des cédraies des 53 000 hectares du Parc national d'Ifrane, au cour de l'ancien paradis du Moyen Atlas, soit un troupeau presque dix fois supérieur à ce qu'il devrait être. Il est des figures de conservation dont la géométrie variable est indécente. Une législation jamais pratiquée est en charge d'établir la capacité de charge des parcours forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut soutenir la forêt. En 1980, il y avait moins de 10 millions de moutons et de chèvres au Maroc. Seule la mainmise d'un pastoralisme de rente, véritable filière ovine de propriétaires absents ayant pris en otage les bergers locaux et leurs droits séculiers d'usage, peut vraiment expliquer cette croissance exponentielle. Les populations commencent à payer cher cette gestion strictement lucrative, sans le moindre discernement écologique. Les conséquences sont cuisantes : déconstruction des écosystèmes, anéantissement de la biodiversité, érosion, désertification, lessivages, inondations meurtrières, disette des ressources en eau, ruine de l'agriculture vivrière, exode des populations locales. C'est ainsi qu'en transformant une contrée en fabrique de moutons pour le seul enrichissement à court terme de quelques nantis, on fabrique simultanément des réfugiés de l'environnement qui iront grossir les bidonvilles de Casablanca ou s'expatrieront douloureusement et. illégalement. On tente d'introduire le parcours extensif dans les sous-bois de l'autre rive méditerranéenne (comme dans le Massif des Maures) pour lutter contre l'envahissement de la végétation herbacée et ligneuse que l'on estime responsable de l'extension des incendies. Le pastoralisme raisonné peut avoir un effet régulateur (cas de la vaine pâture) en certaines régions de l'Europe plus ou moins humide. À l'inverse, les excès d'un mode surnuméraire, qui plus est sédentaire, sur le dos des écosystèmes maghrébins semi-arides, fragiles et
fragilisés, aboutit évidemment au saccage, au déclin puis à l'anéantissement de la biodiversité et du substrat.
Voilà l'observation très socio-économique à laquelle peuvent conduire de simples papillons dits indicateurs. Notre « lépidoptéromètre », au rouge dans la plupart des habitats, nous enseigne qu'un pays comme le Maroc est malade d'un surpâturage chronique. Selon les Nations Unies, la désertification en majeure partie engendrée par cet abus d'usage concerne, à divers degrés, 93 % de la superficie du pays. L'alerte n'est pas nouvelle pour le Maroc et tout le Maghreb, bien des spécialistes dénonçaient cette dérive dès le début du siècle passé. Si l'on ne met pas tout en oeuvre pour inverser au plus rapidement les tendances et sauver les restes, ces pays sont sans grand futur viable.

L'un de nos devoirs les plus urgents : la restauration des sites de butinage.
Vous êtes soucieux d'un avenir vivable, sensible aux vraies valeurs du
Vivant et à la beauté de notre planète ?
Vous souhaitez contribuer au retour des abeilles et des papillons, sachant que des milliers et des milliers de modestes terrains réhabilités constitueront un gigantesque écosystème en mosaïque ?
Alors, vous répondrez présent à mon appel à la restauration des sites de butinage, partout où c'est possible, notamment où tout un chacun peut intervenir : dans nos jardins et nos prairies."

lundi 24 novembre 2008

lumière sur l'ampoule fluo-compacte



L'environnement devient un enjeu central sur l'échiquier politique et économique. C'est l'évidence. Chacun y va de sa vitrine verte, de ses discours verts, de ses engagements verts. Les entreprises pratiquent avec ardeur le greenwashing. Bref, les cartes sont brouillées.
Lorsque le monde politique et l'industrie s'intéressent à l'écologie, il faut souvent lire "profit" derrière les belles paroles et le "progrès" supposé. Méfiance donc. Le dernier James Bond, "Quantum of Solace", le met bien en scène. Rien de négatif en soi à vouloir faire du profit pour la bonne cause. Mais est-ce la bonne cause?

Un exemple: le concensus autour de la suppression des ampoules à incandescence que l'on remplace allègrement le plus souvent par des ampoules fluocompactes dites "basse consommation". Le système de recyclage de ces nouvelles ampoules est-il efficace? Il faudrait qu'il le soit parce que ces ampoules contiennent du mercure et des poudres fluorescentes ! Une de ces ampoules négligemment envoyée à la poubelle, et c'est du mercure déversé dans l'environnement. Le journal gratuit Métro utilise l'expression "se motiver" pour le recyclage des ampoules. C'est très éloquent:

"S’il existe aujourd’hui 5 500 points de collecte en France (l’objectif est d’en atteindre 7000 en 2008), il n’y en a pas forcément un au coin de chaque rue. Pour se motiver, voici quatre bonnes raisons pour recycler ses lampes usagées : 1. Les lampes, faites de verre, de métaux et de mercure, sont recyclables à 93%. 2. Le verre recyclé sert à fabriquer de nouvelles lampes : produire les tubes fluorescents à partir de verre recyclé nécessite par ailleurs de moins d’énergie. 3. Même si le mercure contenu dans les lampes ne représente que 0,005% du poids de la lampe et ne provoque pas de danger en cas de casse, il devient potentiellement dangereux pour l’environnement à l’échelle des dizaines de millions de lampes arrivant à leur fin de vie chaque année. Le mercure récupéré est réutilisé. 4. Lorsqu’on achète une lampe neuve, on verse une éco-contribution de 0,30 euros pour financer son élimination en fin de vie."

Dans un article paru en mai 2008, Le Figaro pointe le fait que "Les Français sont encore peu au fait du recyclage des ampoules. L'année dernières seuls 36% des lampes censées être recyclées l'ont été." Oui, il est obligatoire de recycler les ampoules fluo. Cette obligation n'est cependant pas contraignante (heureusement pour ce qui reste de liberté individuelle soit dit en passant) et ce sont les consommateurs convaincus qui passent à l'acte du recyclage.

En résumé, en 2010 les ampoules à incandescence, qui ne contiennent pas de polluants, seront interdites (Grenelle oblige, la vitrine verte du gouvernement français). Les ampoules fluocompactes, qui nécessitent absolument un recyclage parce qu'elles contiennent des produits toxiques (poudres florescentes et mercure) sont, quant à elles, vivement encouragées. Leur recyclage ne peut être garanti puisqu'il dépend d'un acte de civisme.
Ajoutons que les lampes recyclables ne peuvent l'être que si le verre est intact.
Que les poudres fluorescentes qu'elles contiennent (3%) ne sont pas recyclées mais enfouies dans des décharges de classe 1.
Que les plastiques (4%) ne sont pas recyclés parce qu'aucun profit ne peut être fait à partir de leur recyclage. Source EDF.

On voit qu'un produit vendu avec l'étiquette "amélioration de l'environnement" peut ne faire que déplacer le problème. Le vrai message doit être: les ampoules fluocompactes sont respectueuses de l'environnement à l'usage mais deviennent polluantes en fin de cycle.

Le recyclage de ces ampoules n'est d'ailleurs qu'un aspect de la question. Il faut ajouter que les ampoules basse consommation fluo-compactes (LBC) sont dangereuses pour la santé à cause des puissants champs électromagnétiques qu'elles génèrent. "Les scientifiques du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et de l'Arca Ibérica (Espagne) ont réalisé des essais qui prouvent la dangerosité des LBC. L'expérimentation, menée près de Valencia, en Espagne, et réalisée en chambre anéchoïque (chambre dont les murs et le plafond absorbent totalement les ondes sonores ou électromagnétiques) avec différentes lampes (marques et puissances variées) montre que "les ampoules LBC, dès l'allumage, sont à l'origine d'importants rayonnements radioélectriques... alors que les ampoules à incandescence n'en émettent pas!"
Ces champs électromagnétiques résultent des ballasts électroniques présents dans le culot des ampoules. Ces circuits électroniques régulent la tension électrique entrant dans l'ampoule ce qui permet d'économiser de l'énergie. Mais ils sont chargés également, "pour éviter un effet de scintillement, d'augmenter la fréquence du courant traversant l'ampoule, transformant ainsi les émissions basse fréquence des ampoules en des fréquences bien plus élevées, à l'origine des rayonnements radioélectriques élevés." Selon le Criirem, "contrairement aux ampoules classiques, les champs détectés autour des LBC allumées atteignent, à 20 cm, entre 180 volt par mètre (V/m) et 4 V/m pour des puissances allant de 20 à 11 Watts. Avec des puissances de 7 ou 5 Watts, les champs électriques radiofréquences mesurées vont de 34 à 2 V/m à moins de 20 centimètres. Il faut attendre 1 mètre pour retrouver une valeur de 0,2 V/m, correspondant au bruit de fond radiofréquences ambiant."
En conclusion, le Criirem préconise de ne pas utiliser ces ampoules "en tant que lampes de chevet ou de bureau et demande aux fabricants de remédier à cette électropollution". Le Criirem souligne qu'aucun "blindage électromagnétique n'a été constaté dans le culot des ampoules testées. Ce dernier pourrait réduire les émissions électromagnétiques."

La pollution életromagnétique est certes invisible mais réelle. Qui en parle à propos des ampoules basse consommation? Les associations de protection de l'environnement (Greenpeace, WWF...) qui foncent tête baissée dans la duplication du discours officiel?

Il semble préférable d'utiliser les lampes à LED.

Au final, on revient toujours à la même chose: la motivation personnelle. Celle qui fait que l'on recycle un produit potentiellement dangereux et que l'on s'informe pour l'utiliser correctement. Celle qui fait que l'on laisse ou pas les lampes allumées. Le bon sens vaut mieux que les beaux discours officiels et publicitaires.

C'est une vigilance de chaque instant qui est nécessaire à l'individu qui veut tenter de percevoir les véritables impacts écologiques et sociaux derrière les décisions politiques et les vitrines publicitaires.

vendredi 21 novembre 2008

autonomie

Clin d'oeil à un groupe d'ingénieux belges plein d'humour.
Leur idée de "voiture-jardin" a fait fureur pendant la journée sans voitures de Bruxelles en 2007. On s'en souvient encore dans la capitale du plat pays!

Les photos parlent d'elles-mêmes.


mardi 18 novembre 2008

Ashes and Snow


Connaissez-vous Grégory Colbert?

C'est un chercheur de paradis perdu. C'est aussi un cinéaste et photographe. Il cherche par son travail à retrouver le lien primordial entre l'homme et les animaux. C'est ce qu'exprime sa dernière installation, Ashes and Snow, qui voyage à travers le monde avec le Nomadic Museum. La prochaine étape, en 2009, sera brésilienne. Les images sont extraordinaires de poésie et de douceur. Tous les films et photos sont réalisés sans trucages et les animaux sont approchés dans leurs milieux naturels. Comme le dit Grégory Colbert: "Aucun de ces animaux n’est dressé.Lorsqu’on enlève les barrières artificielles,la nature collabore avec nous." L'aspect "sepia" des images provient du support (un papier japonais fait main) associé à un rendu particulier.

Pour découvrir ce travail: http://www.ashesandsnow.org/







Grégory Colbert est donc un artiste. Il est aussi un philanthrope. L'exposition Ashes and Snow finance en grande partie la fondation Flying Elephants qui aide, partout dans le monde, les individus qui travaillent à l'amélioration de l'environnement à travers les arts et les sciences.

Il est aussi à l'origine de l'Animal Copyright Foundation qu'il définit ainsi:

"Nous devons renégocier notre contrat avec la nature. Chaque année des compagnies dépensent des milliards de dollars en publicité pour promouvoir leurs produits en utilisant l’image des animaux et de la nature. Le logo du Animal Copyright Foundation signera l’engagement des entreprises responsables impliquées pour la défense de la diversité animale et végétale de la planète.”
Il a lancé l'idée lors d'une conférence TED (Technology Entertainment Design), importante manifestation annuelle en Californie où se réunissent des propagateurs d'idées. Les meilleures conférences sont gratuitement mises à la disposition des internautes.



Grégory Colbert est un idéaliste qui mérite notre admiration.
Lire aussi: "Mémoire d'éléphants", L'Express du 30/05/2005.

lundi 17 novembre 2008

European Antibiotic Awareness Day

Demain, c'est la journée européenne du bon usage des antibiotiques. La prise d'antibiotiques favorise la résistance des bactéries. A la longue, quand on en a réellement besoin, les antibiotiques ne fonctionnent plus. Non à l'abus d'antibiotiques, donc.

Plus d'infos sur le site de l'événement.

Et la banderolle d'infos bien visible sur un axe bien fréquenté de Bruxelles:



Radiohead et MTV Exit

"All I need": Radiohead s'engage contre le travail des enfants dans la campagne produite par MTV EXIT End Exploitation and Trafficking.

Le clip est éloquent.



J'aime bien aussi celui-ci mais pour d'autres raisons... On ne se refait pas!



Les paroles:

"I'm the next act waiting in the wings
I'm an animal
Trapped in your parked car
I am holidays that you choose to ignore
You are all I need
You are all I need
I'm in the middle of your picture
Lying in the leaves
I am a moth who just wants to share your light
I'm just an insect trying to get out of the night
I only stick with you because there are no others
You are all I need
You are all I need
I'm in the middle of your picture
Lying in the leaves
It's all wrong
It's all right
It's all wrong"

jeudi 13 novembre 2008

Stevia: la grande récupération

On ne présente plus la stevia, cette petite plante aux propriétés sucrantes.

Jusque là, son usage était confidentiel. La cultiver était un acte militant.


Les choses sont en passe de changer.


Commençons par un peu d'histoire:

Jusqu'en 1994: la Stevia est interdite à l'importation sur le territoire des Etats-Unis. C'est évidemment une stratégie des lobbies du sucre qui font pression sur la Food and Drug Administration.

En 1994: toujours aux Etats-Unis, autorisation des feuilles de stevia en tant que complément alimentaire. Comprenez "tisanes".
La stevioside, extrait de la plante, reste un additif interdit dans les produits de consommation. Les édulcorants de synthèse triomphent.

En 2008: la stevia et la stevioside sont toujours interdits dans l'Union européenne. Les lobbies continuent de bien travailler!

MAIS le doute pèse sur les effets de l'aspartame et les consommateurs commencent à s'inquiéter. Certains vont même jusqu'à ne plus en acheter. Comme le consommateur est la seule force qui compte sur le marché (surtout ne pas l'oublier), les grands groupes commencent à être préoccupés. Du coup, ils cherchent des solutions alternatives. C'est le cas de Coca-cola Company que l'on ne présente plus et de Cargill Incorporated (cher à Jean Ziegler et à Greenpeace ) qui produit des édulcorants. Ils jettent ensemble leur dévolu sur la stevia. Leurs équipes de recherche concentrent leurs efforts et la stevia devient un précieux objet de laboratoire. Ils réussissent à isoler un composant organique "sucrant" de la plante : la rebaudioside alias rebiana.
Food and Chemical Toxicology publie un papier établissant l'innocuité de la rebiana dans les boissons et aliments.

Cargill sort de son chapeau Truvia©.
Coca-Cola en aura l'usage exclusif.

La FDA n'a pas encore rendu son rapport.

Progrès ou récupération?
Combien de kilomètres carré de forêt amazonienne seront sacrifiés pour que Cargill obtienne sa matière première?

mardi 11 novembre 2008

Un Monde sans eau

Le réalisateur autrichien Udo Maurer vient de sortir un reportage sur un des grands problèmes écologiques du présent et de l'avenir: le manque d'eau potable.

L'eau qui coule du robinet est une illusion technologique. Ce n'est pas forcément une réalité à long terme et ce n'est de toute façon pas la réalité de toute l'humanité comme en témoigne le film d'Udo Maurer au titre sans ambiguïté: Un Monde sans eau.

Le film est composé de trois parties. Dans la première, nous assistons aux difficultés des paysans du delta du fleuve Brahmaputre au Bangladesh qui doivent s'exiler pendant la mousson quand les eaux du fleuve montent. Dans la seconde partie, nous sommes au Kazakhstan, au bord de la mer d'Aral qui a perdu 60% de sa superficie à la suite de la politique soviétique d'assèchement. Les pêcheurs doivent se déplacer pour continuer leur activité. Dans la troisième partie, nous sommes en Afrique, à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. L'eau est ici une valeur marchande inestimable et les habitants font de nombreux kilomètres pour s'approvisionner. Ces trois exemples se rejoignent sur la nécessité du déplacement conditionnant la survie.
A méditer à plus grande échelle.




Autre reportage sur les problèmes de l'eau au Bangladesh:



Autre reportage sur l'assèchement de la mer d'Aral:

mardi 4 novembre 2008

Encadrer la chasse

Dimanche 23 octobre, à Lagorce en Ardèche, un promeneur en VTT est décédé suite à un accident de chasse.

Les informations disponibles ne permettent pas, pour l’instant, de savoir s’il y a eu manquement aux règles de sécurité fondamentales. Quoi qu’il en soit, cet homme de 25 ans a perdu la vie sur un sentier, un dimanche, en forêt.

Partant du constat que 34% des accidents de chasse se produisent le dimanche, que 12% d’entre eux impliquent des non-chasseurs, et que la France est le seul pays européen qui autorise la chasse tous les jours de la semaine, l’ASPAS (association de protection des animaux sauvages) demande depuis de nombreuses années l’interdiction de la chasse le dimanche (pétition à télécharger ici).

Sans vouloir mettre tous les chasseurs dans la même gibecière, mais contrairement aux communications émanant des sociétés de chasse, les dangers sont bien réels et les mesures de sécurité sans doute sous estimées.

Les chasseurs représentent moins de 2% de la population, la nature ne leur appartient pas, les animaux qu’ils chassent non plus !



Semences paysannes:deux élus hors-la-loi

"Le 28 octobre, une délégation du collectif « Semons la biodiversité » a remis sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris des sachets de semences fermières (semences sélectionnées par l’industrie semencière mais multipliées à la ferme) et paysannes (semences sélectionnées et reproduites à la ferme) à Denis Baupin, maire adjoint de Paris chargé du Développement Durable, de l’Environnement et du Plan-climat, et Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris en charge des espaces verts."

Pour en savoir plus:
http://semonslabiodiversite.org/

Voir aussi les vidéos de La Télévision paysanne



Les élus receleurs
envoyé par latelevisionpaysanne




Les noctambules du néon

Certains noctambules masqués profitent de leurs promenades du soir pour agir pacifiquement contre la pollution lumineuse et publicitaire des néons urbains. Avec de l'humour c'est encore mieux comme le prouvent ces activistes stéphanois...


Clan du Néon 3ème expédition
envoyé par clanduneon42


http://clanduneon.over-blog.com/

lundi 3 novembre 2008

Vienna Vegetable Orchestra

Ils sont musiciens, jeunes, autrichiens et proposent une bonne vingtaine de concerts par an. Qu'ont-ils de particulier? Leurs instruments, extrêmement originaux, compostables et éphémères. Citons le Gurkophone (carotte-concombre-poivron), le Paprikatrote (poivron-carotte), le Lauchgeige (violon-poireau), le Melanzaniklappe (castagnettes-aubergine)… Oui, c'est parfois sur le marché que commence la musique!



http://www.gemueseorchester.org/

jeudi 30 octobre 2008

Vous prendrez bien un peu de viande ?

Et si nous comptions nos points avant de passer à table ?

Non, il ne s’agit pas, bien entendu, de la méthode weight watchers et de ces calories, mais plus sérieusement de réfléchir aux impacts (émission de CO2 et leurs conséquences) du choix de tel ou tel menu, et au delà de tel ou tel régime alimentaire.

Le carnivore européen moyen aura mangé dans sa vie, 760 poulets, 20 porcs, 29 moutons et 5 bœufs ! En 40 ans, la consommation est passée de 56 à 89 kilos par personne et par an en Europe, et de 89 à 124 kilos aux Etats-Unis, et plus spectaculaire de 4 à 54 kilos en Chine !

Pour faire face à la demande croissante de viande, la filière s’est complètement restructurée, les petites exploitations ont disparues au profit d’élevages intensifs, la production s’est industrialisée engendreant des impacts environnementaux désastreux.

De nombreuses données sont disponibles sur le sujet et toutes sont éloquentes :

> La production d'un kilo de viande de veau équivaut à un trajet automobile de 220 kilomètres. A titre de comparaison, la production d’un kilo de blé ou de pommes de terre équivaut tout juste à un créneau en voiture.

> 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kg de viande de bœuf et seulement 900 litres pour 1 kg de blé.

> Pour nourrir une personne pendant un an, avec des protéines animales, il faut 2 ha de terre contre seulement 0,16 ha, avec des protéines végétales.

Etc. etc.

Je vous laisse donc à vos calculs via le site Eat Low Carbon.

vendredi 24 octobre 2008

Inventer une nouvelle voie pour l'humanité

A méditer:



- Nous sommes des mammifères et un quart des mammifères est en danger.
- Les pesticides augmentent la stérilité masculine.
- D'un côté de la planète c'est profit, science sans conscience, consommation, malnutrition, destruction, pollution...
- De l'autre, c'est guerre, faim, exploitation, déforestation, destruction, pollution...
- Le nombre de cancers est en augmentation.
- Généralement, il y a quand même surpopulation ce qui pose un problème pour la consommation des ressources naturelles et énergétiques de notre jardin terrestre. Par ailleurs, l'anthropisation excessive concurrence la vie des autres espèces et conduit à une réduction importante de la biodiversité.
- ...

Yves Paccalet, fataliste en ce qui concerne l'humanité, fait une certitude de notre extinction dans son livre "L'Humanité disparaîtra, bon débarras!" (2006). Coyotte paresseux pourrait en parler mieux que moi.

J'ai quant à moi rencontré de magnifiques specimens humains et je refuse cette idée et cette issue. Bien sûr que l'être humain, déconnecté du vivant, gonflé d'orgueil, a fait et continue à faire d'énormes erreurs parfois irrémédiables. Ce n'est pas pour cela que l'humanité doit disparaître. Pourquoi fonctionner selon le modèle d'une justice judéo-chrétienne? Gardons les utopies: elles sont le moteur du monde. Il est nécessaire de continuer à croire en une amélioration de la situation et de commencer par s'informer pour, au moins, ne pas commettre d'erreurs par ignorance. Pour les hommes de bonne volonté d'aujourd'hui et de demain, il faut inventer une nouvelle voie pour l'humanité. Il faut rendre les choses possibles. Si vous avez des idées, partagez-les! Il ne faut pas oublier que la conscience collective est la somme des consciences individuelles.














lundi 20 octobre 2008

Fruits et légumes: attention pesticides!

Voici un communiqué de presse de Pesticide Action Network Europe et de la Fédération Inter-environnement Wallonie en date du 15 octobre 2008:

"Niveau record de pesticides dans les fruits et légumes européens.

Un rapport officiel de la Commission européenne à paraître prochainement révèle une présence de pesticides jamais atteinte dans les fuits, légumes et céréales vendus au sein de l’Union.

Selon un rapport officiel de la Commission européenne à paraître avant fin octobre et dont PAN (Pesticides Action Network) a eu connaissance en avant-première, près de la moitié des fruits, légumes et céréales vendus actuellement au sein de l’Union européenne sont contaminés par les pesticides. Ce rapport atteste d’une augmentation conséquente du pourcentage de produits touchés mais aussi des niveaux de contamination par rapport aux niveaux observés il y a 5 ans.
La Belgique n’échappe pas à cette évolution d’autant plus inquiétante que cinq des pesticides le plus souvent détectés sont classés comme cancérigènes, mutagènes ou perturbateurs du système hormonal.
D'après le draft du rapport que PAN Europe a pu consulter:
- 49 % des fruits, légumes et céréales vendu au sein de l’Union (52% en Belgique) contiennent des pesticides. C’est le plus haut niveau de contamination enregistré au niveau européen et représente une augmentation de près de 20% sur les 5 dernières années ;
- 4,7% des fruits, légumes et céréales (8,6% en Belgique) contiennent des concentrations en pesticides au-delà des limites maximales légales ;
- 354 pesticides différents - le plus haut total jamais enregistré - ont été détectés ;
- 23 de ces substances ont été relevées à des niveaux suffisamment hauts pour représenter un risque aigu pour la santé publique selon les calculs de risque européens ;
- près de 10% des échantillons contiennent 4 résidus de pesticides différents ou plus ;
- 5 des pesticides les plus fréquemment trouvés sont classifiés comme cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou perturbateurs du système hormonal ;
- pour la première fois, l'imidaclopride - banni en France du fait des risques qu'il représente pour les abeilles - a été listé parmi les pesticides les plus communément détectés ;
- les produits les plus affectés sont les raisins (71% contaminés), les bananes (56% contaminés)et les poivres (46% contaminés).
Hasard du calendrier, la publication officielle de ce rapport aura lieu quelques jours avant les débats prévus au Parlement européen (les 3 et 4 novembre) sur le nouveau paquet législatif relatif aux pesticides.
Malgré les évidences d'une contamination généralisée, les efforts pour réduire l'exposition aux pesticides dangereux via l’alimentation sont fortement contestés par l'industrie phytosanitaire.
PAN Europe et la Fédération Inter-Environnement Wallonie appellent donc les parlementaires européens à résister aux pressions des lobbies et à approuver la proposition visant à interdire les substances les plus dangereuses et assurer ainsi leur disparition de la chaîne alimentaire.

Contacts :
Pierre Titeux, Attaché de presse : +32 /(0)81.255.284 – +32 (0)479.497.656
Valérie Xhonneux, Chargée de mission « Pesticides » : +32 (0)81.255.292 – +32 (0)474.923.617"

vendredi 17 octobre 2008

Tryo

Manu, Mali, Guizmo et Danielito, ils sont quatre, s’appellent toujours Tryo, et forment un groupe à la fois discret et engagé.

Orientés reggae, ils parviennent avantageusement à mélanger les genres.

On pourrait penser que leurs chansons sont légères, naïves même, c’est sans doute dû à la mélodie ou à leur côté fêtard, pourtant elles portent un engagement fort.
Appliqueraient-ils les conseils de Claire De Brabander (
cf. post de Louve Argentée) ?

Petit tour d’horizon :

L’hymne de nos campagnes (1998) qui a permis de mettre en lumière le groupe, doucement mais surement.



L'hymne de nos campagnes
envoyé par Tryo

De nombreuses chansons engagées également dans l’album Grain de sable (2003). Je vous propose ici Sortez-les, et attire votre attention aussi sur G8 et Pomp’Afric.


Et puis bien entendu, le dernier album : Ce que l’on sème (2008) dont vous avez sans doute déjà entendu le single Toi et Moi.
Pleins de bonnes choses à découvrir une nouvelle fois, sur des univers très variés. Je vous propose une petite sélection : Tombé mal (sur la déforestation) et Mrs Roy (Arundhati Roy, illustration d'un engagement à la fois fort et pacifique).







A noter que la pochette et le livret du cd sont réalisé en papier certifié et qu’il contient un coupon de soutient à l’association Greenpeace.

Au-delà de leur musique, le groupe tient un blog, un ‘blog-citoyen’ comme ils l’appellent, que vous pouvez retrouver à cette adresse.


Requin: le seigneur des mers

Les requins souffrent de leur image de grands prédateurs marins, de féroces mangeurs d'homme popularisé par certains navets hollywoodiens. Ils n'ont pas bonne presse et n'attirent pas la sympathie des foules. La peur qui subsiste dans l'inconscient collectif interdit à une certaine partie de l'humanité de s'émouvoir de la surpêche de ces animaux et du sort qui leur est réservé par les pêcheurs.

L'homme, qui n'est pas en voie de disparition, faut-il le rappeler, mange absolument tout. Y compris les requins dont il ne prélève la plupart du temps que les ailerons. Dans certains pays, la soupe d'ailerons de requin est une délicatesse qui justifie les pires massacres. Rappelons que les ailerons sont découpés sur des animaux vivants et que l'animal est ensuite le plus souvent rejeté à la mer.




On pêche entre 100 et 200 millions de requins par an. A ce rythme, les populations ne peuvent pas se renouveler. Que les grands trouillards des mers se rassurent donc: il ne restera bientôt plus aucun risque de voir apparaître un aileron au large des plages bondées!

Les trouillards et les gourmands oublient que les requins sont de grands régulateurs des océans dont ils garantissent la bonne santé et l'équilibre des espèces. La disparition des requins auraient des conséquences irrémédiables sur l'équilibre des éco-systèmes marins. Et sur l'humanité, bien entendu, puisqu'il faut toujours servir cet argument pour être entendu.

Sylvie Cardona, Co-fondatrice d'AVES France, rappelle quelques chiffres et données alarmants:

"Saviez-vous que sur les 300 espèces de requins dans le monde, certaines sont déjà en danger d’extinction ?

Selon L’American Association for the Advancement of Science (AAAS), les populations de requins tigre, requins marteau halicorne, requins bouledogue et requins obscurs ont diminué de 95 % depuis le début des années 1970. La faute à l’homme comme toujours. La surpêche (demande en hausse pour les ailerons - le fining est une méthode barbare qui consiste à couper les ailerons du requin vivant et à rejeter celui-ci à la mer - et la viande, ainsi que l’huile de foie de requin utilisée pour les cosmétiques entre autres) mais aussi la pêche sportive sont les causes de ce déclin. Les pêches accidentelles sont également nombreuses, notamment dans le cadre des captures de thons.

Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune réglementation de la pêche aux requins dans les eaux internationales. L’Europe n’a pas de leçon à donner en ce domaine. Malgré l’avis des scientifiques, qui ont déjà tiré la sonnette d’alarme quant à l’état des populations de requins, aucune mesure communautaire ne réglemente cette pêche. Ainsi, chaque année, ce sont plus de 100 000 tonnes de ces animaux qui sont pêchés.

En décembre 2007, le conseil « Pêche » de l’Union Européenne, s’est refusé de suivre les avis scientifiques et d’interdire totalement la pêche de certaines espèces, ni même d’instaurer des quotas plus sévères. Cette décision, prise en contradiction avec la proposition de la Commission Européenne d’un plan d’action européen pour la préservation et la gestion des requins.

Le Conseil de la Pêche a en revanche établi des Totaux Admissibles de Captures pour le requin taupe, entre autres, alors que les scientifiques recommandaient un quota zéro. Résultat, le nouveau quota de 581 tonnes fixé pour le requin taupe risque fort de peser lourdement sur le futur de l’espèce. Cet animal a un taux de reproduction faible et très lent.

Pourtant, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a révélé que 42% des populations de requins et de raies de la mer Méditerranée sont menacées d’extinction... Par ailleurs, lors d’un colloque qui s’est tenu fin 2007 à Paris, les spécialistes ont estimé que 42% des espèces (30) sont menacées d’extinction, dont 18% sont en "Danger Critique d’Extinction", 11% sont en "Danger" et 13 % sont "Vulnérables". 13 autres espèces (18%) ont été classées "Quasi Menacées" et 18 espèces (26%) sont classées en "Données Insuffisantes". Seules 14% (10 espèces) sont considérées en "Préoccupation mineure"."

Le biologiste et photographe, Rob Stewart, passionné par les requins, est un activiste acquis à la cause de ces animaux fascinants. Son film, Les Seigneurs de la mer (Sharkwater), est un cri d'alarme et un cri d'amour. Sorti en avril 2008, il n'a malheureusement pas eu le retentissement des Dents de la mer. A voir avec courage pour que change l'inconscient collectif! Il n'est pas encore trop tard.




Images CHOCS, Documentaire, Les seigneurs de la mer (SHARKWA
envoyé par tuttifruttirobot5




SHARK - PECHE
envoyé par MOS-ONE