lundi 31 mars 2008

Prix Nobel alternatif

Connaissez-vous le Right Livelihood Award, plus connu en français sous le nom de "Prix Nobel Alternatif"?

C'est une fondation qui se propose d'"honorer des projets et des actions remarquables en faveur de la planète et des peuples". C'est souvent en dehors des chemins battus que les lauréats relèvent les grands défis contemporains (protection de l'environnement, droits de l'homme, paix, santé, etc.) et proposent, pour le bien commun, des solutions aux grands problèmes du monde actuel.

La fondation, dont le siège est à Stockholm, a été créée en 1980. Elle récompense chaque année des "porteurs d'espoir" grâce à des dons exclusivement privés. 4 lauréats viennent chaque année à Stockholm se partager le prix de 220 000 euros récompensant une action réussie en cours de développement. Ce soutien financier se double d'une visibilité médiatique.

L'argent versé aux lauréats provient exclusivement de mécènes privés.


http://www.rightlivelihood.org/


Les lauréats de 2007

Christopher Weeramantry, (Sri Lanka), juge à la cour internationale de justice
http://www.rightlivelihood.org/weeramantry.html


Dekha Ibrahim Abdi (Kenya), médiatrice dans les conflits armés communautaires au Kenya et en Afrique.
http://www.rightlivelihood.org/abdi.html


Percy Schmeiser et Louise Schmeiser (Canada), agriculteurs canadiens de la province de la Saskatchewan. Percy Schmeiser a été surnommé la "bête noire de Monsanto" (Hervé Kempf, « Percy Schmeiser, un rebelle contre les OGM », Le Monde, 17 octobre 2002).
http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article98
http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/2926/104/
http://www.rightlivelihood.org/schmeiser.html


Grameen Shakti (Bangladesh), une ONG qui mène une action pour promouvoir, développer et populariser les énergies renouvelables au Bangladesh.
http://www.grameen-info.org/grameen/gshakti/
http://www.un.org/french/pubs/chronique/2007/numero1/0107p22.htm
http://www.rightlivelihood.org/grameen_shakti.html


Les lauréats de 2006

Chico Whitaker (Brésil), l'un des fondateurs du Forum social mondial à Porto Alegre au slogan évocateur: "un autre monde est possible".
http://www.rightlivelihood.org/chico-whitaker.html


Daniel Ellsberg (Etats-Unis), un fonctionnaire du Pentagone qui a divulgué à ses propres risques certains mensonges du gouvernement étatsunien au sujet de la guerre au Vietnam.
http://www.rightlivelihood.org/daniel-ellsberg.html


Ruth Manorama (Inde), pour son action en faveur des femmes Dalit (Intouchables).
http://www.rightlivelihood.org/ruth-manorama.html


Le Festival international de poésie de Medellín (Colombie) qui prouve que la créativité et la beauté peuvent exister dans des environnements violents et dangereux et que la poésie peut être un facteur de paix même dans des conditions très défavorables.
http://www.rightlivelihood.org/festival.html
http://www.festivaldepoesiademedellin.org/


Les autres lauréats

http://www.rightlivelihood.org/laureates.html?&no_cache=1

vendredi 28 mars 2008

Tibet : 0 - Chine : 1

Qui sera le vainqueur de ce duel, et bien je pense que la Chine perdra....... Les dirigeants communistes n'ont d'autres choix que de faire le gros dos face aux Tibétains. C'est facile, face à des moines pacifiques. Mais les dirigeants communistes ont d'ors et déjà perdus la partie. Vous me trouvez fou, irréaliste ?? Vous verrez que tôt ou tard ils devront négocier avec le DalaÏ Lama. Alors, nous passerons à un partout, puis ils devront lâcher du lest - deux pour le Tibet, un pour la Chine.

jeudi 27 mars 2008

Sushis, soucis

Je rebondis aujourd'hui sur le conso-guide des produits de la mer publié par Leeloo. J'aurais pu rebondir sur ses remarques concernant les infamies de Monsanto, mais je dois encore digérer le reportage que j'ai vu hier soir.

Il y a urgence dans certains cas. Une espèce est en voie d'extinction: le thon rouge. Je cite l'article du WWF

"Le WWF analyse la surcapacité des navires de pêche"
publié vendredi 21 mars 2008

"Les monstres des mers menacent les derniers thons rouges de Méditerranée.
Un nouveau rapport publié aujourd’hui par le WWF nous apprend que la capacité de prise de la flotte internationale qui pêche le thon rouge dans la Méditerranée s’élève à 55 000 tonnes : plus du double que ce que les quotas de pêche autorisent pour 2008, à savoir 28500 tonnes. Les prises potentielles de la flotte actuelle représente 175% des limites de pêche conseillées les scientifiques. Pour rentrer dans leurs frais, les navires doivent pêcher 42000 tonnes de thon rouge. Et avec ça, ils n’ont encore rien gagné. Le WWF appelle à une réduction drastique de la flotte pour espérer mettre un terme à la pêche illégale.

Le rapport ‘Race for the last bluefin’ analyse pour la première fois la capacité totale de la flotte de pêche du thon sur base de recensements et de photos.
Cette dernière est composée en grande partie de navires turcs, italiens, croates, libyens, français et espagnols, soit 617 au total. Pour être en ligne avec les quotas de pêche établis, 229 navires doivent être retirés ; 283 pour satisfaire aux recommandations scientifiques.
L’énorme surexploitation du thon rouge en Méditerranée est due à l’élargissement des élevages de thons dans la région. Les jeunes thons sont capturés pour être engraissés dans des bassins de mer. La plupart d’entre eux sont envoyés vers le Japon pour être transformés en sushi.
« Des centaines de bateaux high-tech font la course pour pouvoir pêcher une poignée de poissons », explique Johan van de Gronden directeur général du WWF-Pays-Bas. « C’est une situation absurde qui doit cesser le plus rapidement possible. En Méditerranée, des monstres des mers menacent les derniers thons rouges. » Le WWF demande à l’ICCAT, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, d’exiger la réduction de la flotte. En effet, l’ICCAT est également responsable de la gestion de la Méditerranée et détermine les quotas de pêche.
Depuis l’an dernier, le WWF demande un arrêt immédiat de la pêche au thon rouge en Méditerranée, jusqu’à ce que les stocks se soient régénérés."


Une sonnette d'alarme que le consommateur peut appuyer comme il le peut. Oui, la cuisine japonaise est à la mode. Je suis la première à en apprécier le raffinement mais j'ai renoncé au thon rouge (maguro) et je ne me laisse tenter que rarement maintenant par les sushis au poisson. Oui, un sushi n'est pas obligatoirement du poisson cru et du riz. C'est plus exactement une bouchée de riz vinaigré accompagné d'une garniture qui peut tout à fait être végétarienne. Le poisson peut être remplacé au restaurant par l'omelette (tamago), par l'avocat, par le radis jaune (takuan) ou le concombre (kyuri). A la maison, la créativité peut s'exprimer en toute liberté: pourquoi pas également des sushis à la pomme, à la carotte?
Au moment de commander vos sushis, c'est agir à votre mesure que de refuser le (délicieux, par malheur) maguro.

Il y a malheureusement d'autres scandales écoeurants dans l'ombre de la cuisine japonaise. Je pense à la consommation d'ailerons de requins. Lorsque les ailerons sont découpés, les animaux sont vivants. Ils sont ensuite tout simplement rejetés à l'eau et, ne pouvant plus nager, coulent et meurent lentement. Une soupe d'ailerons de requin atteint une centaine d'euros sur le marché asiatique. Toujours cette sacro-sainte loi de l'argent. La méthode est horrible et écologiquement hérétique: les requins sont de grands prédateurs qui assurent un équilibre naturel. Je n'ai pas encore trouvé de pétition à signer pour tenter de faire quelque chose. Beaucoup ont déjà circulé mais sont obsolètes. Surtout ne pas s'arrêter de chercher! Il faudrait profiter de la prochaine sortie du film de Rob Stewart, Sharkwater.
Et faut-il encore évoquer le massacre des dauphins et celui des baleines?

Le site dauphinlibre.be appelle à boycotter les produits japonais. Peut-on TOUT boycotter? J'essaye avec les produits chinois et c'est déjà pas facile.

Je suis extrêmement triste et écoeurée en écrivant ces mots. Il est parfois difficile de voir la face lumineuse des civilisations humaines… Pour le Japon, je m'y emploie. Et, c'est décidé: je ne mange plus que des sushis végétariens. Je reviendrai d'ailleurs plus tard sur le végétarisme parce que la culture occidentale sème aussi son lot de souffrance animale inutile.

mercredi 26 mars 2008

Le pouvoir de l'entrainement ...

Je voudrais revenir donc sur deux éléments récents (s’ajoutant à tous les autres évidemment) qui m’ont amené à m’investir activement pour ‘changer le rêve’.

> Le réalisme des salauds, article de Serge Latouche, publié le 28 février dernier dans le très bon hebdomadaire Politis.

Le réalisme des salauds « c’est se satisfaire d’une situation désastreuse et s’y résigner sous prétexte que les forces dominantes ne dessinent pas d’autre futur […] ».
« Nous refusons de nous soumettre […] à la tyrannie du ‘tina’ (there is no alternative) […] »

Cet article en parfaite résonnance avec mes interrogations a retenu toute mon attention. Du fameux ‘tina’ qui nous est servi copieusement, aux discussions (de comptoirs) qui concluent trop facilement et trop souvent à la politique de l’autruche … « le réalisme des salauds » est bien installé !
Alors que justement, « c’est […] cet abandon à la logique suicidaire de la société de croissance […] qui est l’utopie au sens négatif du terme. »

> Le Monde selon Monsanto, livre et documentaire de Marie-Monique Robin

Outre l’énormité des informations fournies dans ce documentaire (et plus encore dans le livre apparemment) au sujet donc, des pratiques de Monsanto, de la complaisance des autorités, et du musèlement des personnes qui sont en mesure d’émettre des doutes ; ce qui m’a interpellé dans ce documentaire, c’est la façon dont il est construit, en s’appuyant sur des informations disponibles sur internet. Marie-Monique Robin insiste sur ce point lors de ses interviews* et rappelle que chacun porte sa part de responsabilité face à ces groupes et à ces pratiques.

Voilà donc pour ces deux éléments récents que je suis capable de tracer clairement et qui me place désormais dans l’action … chaque jour une action (même une petite) c’est la « bonne résolution » que j’ai prise récemment.

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* à écouter : Terre à terre du 15 mars, de Ruth Stégassy avec Marie-Monique Robin, France Culture

Le vison, le scarabée et l'autoroute

Je livre à votre réflexion une sélection de réactions des lecteurs du Monde à l'article "Le vison retarde le projet d'autoroute Pau-Langon" . Un problème régional aux dimensions universelles:

Patrick B.21.03.08 23h18La vision passéiste et ronchonne de nos aimables éologistes végétariens en sandales m'ecœure profondément. Pour ma part je m'en tiens "à l'ardente obligation du plan" (C.de Gaulle). Au risque de choquer, je veux encore plus d'autoroutes!

Pierre C.21.03.08 19h51J'habite Pau je ne vais jamais à Bordeaux ma capitale régionale car je ne veux pas me tuer sur cette nationale ultra dangereuse surtout l'hiver doubler un poids lourd par temps de pluie équivaut à jouer à la roulette russe les automobilistes venant en face roulant tous feux éteints mes enfants sont en fac à Toulouse je continuerai à aller à Toulouse tant pis pour l'économie de ma région.

Michel B.21.03.08 19h29Ah ! Les commentateurs de l'article préfèrent les autoroutes à la bio-diversité et ils ne regrettent rien. Comme quoi, ce n'est pa seulement une affaire de lobbies automobiles, pétroliers, BTP, nucléaire, militaro-industriel, aménagement du territoire… etc. L e bon peuple adhère au projet économico-libéral ?

Nini Peau de Chien.21.03.08 18h16D'accord,on ne crée plus d'autoroutes et on transforme celles qui existent en pistes cyclables et chemins de randonnées,ce qui permettra aux lapins de gambader .On pourrait aussi transformer les pistes d'aéroport en pistes de patinage à roulettes,terrains de volley,de pétanque...Plus de bouchons de Pâques,Youpiiiii !

valpo21.03.08 21h24heureusement pour nous que nos ainés n'avaient pas comme hobbie de torpiller les projets d'infrastructure pour un oui ou pour un non. Sinon, on en serait encore sans doute au "je suis heureux nationale 7" !


jean-louis F.23.03.08 11h24Je suis béarnais et je ne vais jamais à Bordeaux, mais je vais souvent à Toulouse.Question de routes. L'autoroute est moins dangereuse et risquer ma vie pour un vison?????? Je me demande si l' on ne marche pas sur la tête.

BB22.03.08 18h15J'ai testé la nationale Pau-Langon, elle est vraiment dangereuse, mais visiblement certains préfèrent sauver des visons que des vies humaines. Le train ? Je prends le RER tous les jours, mais sur Paris-Pau vous avez vu le prix du train, pour une famille de 4 ou 5 personnes ?

CHAMPENOIS22.03.08 10h29On constate qu'on trouve des Amish pro-XVIIIème siècle même en dehors de l'Utah ! Avec l'éclatement des familles, les jobs loin de la maison, les gens ont BESOIN de leurs voitures, deux ou trois par foyer c'est courant. Pour circuler rapidement et sans danger, les voitures ont BESOIN des autoroutes. Même si on déplore qu'elles soient payantes dans les pays du sud de l'Europe et gratuites dès la Belgique (et éclairées de surcroît). Circulez donc à cheval si ça vous convient. Liberté !


Preuve que le gugus commun, qui n'est par malheur pas en voie de disparition, lui, n'en a absolument rien à faire de la bio-diversité. J'admets me sentir souvent plus proche du vison d'Europe ou du scarabée pique-prune qui avait un temps, quant à lui, freiné l'expansion de l'autoroute A28. D'ailleurs, qu'est-elle devenue, cette petite bête qui avait pu défier le Goliath BTP?

"Le 12 Décembre 2005, le dernier tronçon de l'A28 a été officiellement inauguré et ouvert à la circulation. Bien entendu, et vous l'aurez compris, il s'agit de celui traversant la forêt de Bercé où la découverte du "Pique-prune" avait "gelé" tous les travaux en.... 1999 !
A en juger par le reportage, les arbres creux contenant des larves ont été coupés au niveau du sol, puis totalement ébranchés, et les fûts résiduels ont été replantés (si l'on peut dire) en forêt, voire dans de minuscules enclaves boisées épargnées par les bulldozers.
De fait, dans le cadre d'un aménagement paysager spécifique, des sortes de "reposoirs", ou de "gîtes d'étapes", ont été prévus pour faciliter la tâche des bestioles aventureuses, et par exemple désireuses d'aller voir de l'autre côté du bitume si les arbres sont plus accueillants, et le terreau plus moelleux !
Pour autant le sort de ces "Pique-prune" ne me paraît pas très enviable, car par-delà un vandalisme (à l'occasion vengeur) toujours possible, il faut compter avec des "pilleurs de troncs" d'un nouveau genre, lesquels n' auront pas grand mal à repérer les troncs en question, et à s'y servir, d'autant qu'une belle pancarte "arbre préservé" leur évitera toute erreur et perte de temps !"

(source: insectes-net)

Mais comme toute chose, les autoroutes ont peut-être aussi leur face lumineuse même si celle-ci peut être comprise comme une opération de communication hypocrite. Signalons que ASF (Autoroute du Sud de la France) est partenaire de la fondation Nicolat Hulot et s'engage en faveur de la préservation des rapaces nocturnes. Elle collabore avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Auparavant, l'engagement de l'entreprise autoroutière portait sur le sauvetage de la tortue d'Hermann.
Du côté de APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), c'est moins probant. Dans la charte des engagements en matière d'environnement, les trois points suivants sont déclarés:

"- Contribuer à mieux connaître les impacts de l'activité autoroutière sur l'environnement et la santé publique.
- Agir pour préserver l'environnement et le cadre de vie dès la conception-construction des ouvrages et tout au long de leur exploitation, en concertation avec les parties prenantes.
- Promouvoir une tarification prenant en compte la contribution des véhicules aux émissions atmosphériques résultant de l'utilisation du réseau"


En l'empruntant pour traverser les mornes plaines de l'industrie agro-alimentaire de Champagne, je remercie toujours cette compagnie autoroutière de planter des arbres en bordure d'autoroute. C'est déjà une bonne initiative qui offre un abri à quelques oiseaux, les bienheureux qui ont développé une intelligence suffisante pour échapper aux poids-lourds. Finalement, l'autoroute contribue peut-être sans que nous le sachions au développement cérébral des espèces animales. Ceux qui survivent peuvent espérer un brillant avenir. C'est apparemment inversement proportionnel chez l'être humain.

Chez AREA (les autoroutes Rhône-Alpes) et ADELAC (A41) je n'ai rien trouvé. On ne parle que gros sous, gros chiffres, défis techniques, exploitation etc. On parle aussi sécurité bien sûr... c'est un mot qui "communique" bien.

Chez Cofiroute, un autre mot bien à la mode en communication est utilisé: "développement durable", précieusement défini sur le site:

"Un rapport de la commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU définit le développement durable ainsi : « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Trois objectifs sont associés à ce concept :
- efficacité économique
- équité sociale
- préservation de l’environnement."

Oui... mais encore? Qu'entend l'équipe de communication de Cofiroute par "préservation de l'environnement"? Mystère.

Il faudrait faire un tour exhaustif à l'occasion.

mardi 25 mars 2008

Changer le rêve?

Pourquoi le titre de ce blog: changer le rêve?

Au centre de la culture des aborigènes du continent australien se trouve Tjukurpa, mot anangu qui peut être traduit par "le temps du rêve". Nous sommes au cœur de la cosmogonie des aborigènes. Le temps du rêve est celui qui précède le temps de la Terre. C'est une époque qui n'a pas complètement disparu selon eux.
Avant d'aller plus loin, j'ouvre une parenthèse:

Dans l'émission "nonobstant" d'hier 24 mars sur France Inter, Yves Calvi recevait l'astrophysicien André Brahic qui vient de publier "Lumières d'étoiles" avec sa compagne Isabelle Grenier. En rappelant le contenu de son précédent ouvrage "Enfants du soleil: histoire de nos origines", André Brahic a eu une réflexion claire et fascinante à propos de l'origine de ce qui nous constitue. Je l'ai retrouvée dans un document diffusé en ligne :

" Sommes-nous les enfants du Soleil? Non, l’étoile Soleil est notre grande soeur. Nous sommes plutôt les enfants des étoiles et du temps. À l’exception de l’hydrogène et de l’hélium de notre corps qui datent du début de l’Univers, les atomes, dont notre corps est fait, ont été fabriqués par plusieurs générations d’étoiles au cours des 10 milliards d’années qui ont précédé la naissance du Soleil."

Le lien entre la cosmogonie aborigène et la théorie astrophysicienne est-elle un raccourci? Je ne suis pas spécialiste d'ethnologie ni d'astrophysique,
mais il me semble que le temps du rêve précédant l'existence du temps terrestre et le temps des étoiles, enfantant le système solaire et ce qui constitue les êtres qui y vivent (et y ont vécu) ont quelque chose en commun.

Que retenir de ces deux brèches culturelles et qu'ont-elles à voir avec le titre de ce blog et sa raison d'être?

Cela tient en un mot: interconnexion.

Chaque geste, chaque décision, chaque situation a un impact sur l'ensemble. Autrement dit, agir personnellement, localement, a ou aura un impact plus largement. C'est ce que tente par exemple une association d'étudiants grenoblois au nom évocateur: "Effet papillon". Un exemple à suivre.

Les aborigènes sont persuadés que toutes les formes de vie (végétale, animale, minérale) font partie d'un réseau complexe remontant à l'origine des temps, au temps du rêve. Pour eux, toutes les formes de vie sont reliées, sont les parties d'un même tout, ce qui explique que l'homme ne peut pas être le propriétaire de quoi que ce soit: ni de la terre, ni des animaux. Pour eux, la pensée a créé la matière. Ce serait donc assez dire le pouvoir d'une pensée, même surgie d'un petit cerveau inconnu!
Concernant la pensée réticulaire des aborigènes, les signes des liens cosmiques entre l'homme et le reste de l'univers (art rupestre ou peintures sur les corps par exemple), je vous renvoie au travail de l'anthropologue et ethnologue Barbara Glowczewski (Rêves en colère - alliances aborigènes dans le Nord-Ouest australien, Paris, Plon, 2004).

Aujourd'hui, les peuples premiers sont plus que jamais soucieux de faire partager l'urgence de changer le rêve. Souvenons-nous de cette prophétie amérindienne:

"Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, seulement après que la dernière rivière aura été empoisonnée, seulement après que le dernier poisson aura été pêché ; alors nous comprendrons que l’argent ne peut pas être mangé."

Changer le rêve, c'est peut-être en premier lieu avoir la pleine conscience de l'extraordinaire nocivité d'un état d'esprit économico-centré.

"The Pachamama Alliance" est une ONG basée aux Etats-Unis, née de la rencontre entre des individus du monde occidental et des chefs de tribus indigènes d'Amérique latine. La parole est donnée aux anciens et aux chamanes des tribus qui sont fortement concernés par l'abattage massif des arbres de la forêt amazonienne et par la disparition de nombreuses formes de vie. Stopper la dégradation environnementale est pour eux et leur peuple une question de vie ou de mort. Ils sont aux premières loges pour constater les conséquences de nos actions. Là encore, il y a interconnexion: ce que font les uns, très loin, ce sont les autres, qui en subissent les conséquences. "The Pachamama Alliance" essaye de changer le rêve:

- "To preserve the Earth's tropical rainforests by empowering the indigenous people who are its natural custodians." (Pour préserver les forêts tropicales humides de la Terre en renforçant le pouvoir des peuples indigènes qui en sont les gardiens naturels.)

-"To contribute to the creation of a new global vision of equity and sustainability for all." (Pour contribuer à la création d'une nouvelle vision globale prenant en compte l'équité et la durabilité pour tous.)

Pour nous, les hommes installés dans les sociétés de consommation, changer le rêve c'est, de toute urgence, une modification radicale de notre comportement. C'est en premier lieu accepter de réduire notre impact personnel et nos besoins consuméristes. C'est aussi changer notre état d'esprit en éclairant nos pensées c'est-à-dire en trouvant de petites solutions, en apportant des petits changements, en relevant les petits pas du monde dans la bonne direction et pas seulement en vitupérant dans le vide virtuel ou en laissant aller sa rage contre des faits politiques véhiculés sans innocence par les medias. J'espère que ce blog pourra à sa mesure être un instrument d'échange et de transmission dans ce sens.

mardi 18 mars 2008

Consommateur responsable

Pour continuer dans la catégorie "guides pour consommateur RESPONSABLE", le cadeau du jour sera ce lien vers le conso-guide édité par le WWF pour ce qui concerne les produits de la mer.

Il a beaucoup à dire sur cette notion de "consommateur responsable", c'est un peu comme le "développement durable" ... je vais réfléchir à cela pour un prochain post.

lundi 17 mars 2008

Guide produits OGM

Puisque le documentaire de Marie-Monique Robin, le Monde selon Monsanto m'aura finalement décidé à passer à l'action, je commence tout "naturellement" par soutenir la lutte contre les OGM.

Je vous propose simplement une remise en forme du guide des produits avec ou sans OGM publié par Greenpeace. Ce document est destiné à être imprimé 2 pages par feuille et en recto/verso, ainsi vous obtiendrez un petit livret à glisser dans votre sac avant d'aller faire quelques courses.

A partager, à utiliser sans modération.

C'est tout pour aujourd'hui ...
___________________________________
Blog de Greenpeace sur les OGM
Le Guide en version originale
Blog de Marie-Monique Robin

vendredi 14 mars 2008

En marche

C’était latent, c’est maintenant décidé, nous entrons activement en résistance.

Acte I : la mise en place de ce blog collectif.

J’aurais l’occasion de revenir plus en détails sur les raisons qui m’ont conduite ici ultérieurement. Pour l’heure, même si un blog, naissant qui plus est, est bien peu de chose devant nos idéaux, je considère que c’est un bon début.
D’abord parce que pour écrire un post, il faut prendre le temps de se poser, de chercher, de comprendre éventuellement … bref, c’est sans doute un temps pour nous avant d’être une offrande aux lecteurs de passage ; et puis et surtout parce que c’est un blog collectif, les posts que nous y publieront seront donc (à priori) au moins lus par les autres participants, nous pourrons donc profiter collectivement de nos réflexions (et pour moi qui suis la petite dernière, c’est du « pain bénit »).