jeudi 29 mai 2008

La PAC, soignons-là

Dans mon précédent post (La PAC !? – 19 mai), je suggérais de se montrer vigilant face au chantier de « modernisation » de la PAC (politique agricole commune).

Et ce n’est pas peu dire, à la lecture des propositions que la Commission européenne a présenté en vu de leur adoption par un conseil européen des ministres de l’agriculture, du 21 au 23 septembre à Annecy.


Il semble que sous le couvert d’un contexte mondial difficile notamment, on s’oriente vers du « toujours plus », rien de très moderne là dedans, toujours plus de production (je vous laisse imaginer dans quelles conditions …) et donc toujours plus de pollution !

Le mot d’ordre : « donner aux agriculteurs la possibilité de maximaliser leur potentiel de production » ; « de mieux répondre aux signaux du marché » !

Et pourtant, les dérives de la PAC sont bien connues ; bon nombre d’agriculteurs produisent à perte et sont artificiellement maintenus dans le système par le jeu des subventions ; à titre d’exemple cet agriculture qui déclare que 45000 euros de subventions annuelles lui sont nécessaires pour se dégager un revenu de 20 à 25000 euros (voire la vidéo ‘paroles de paysans’) !!!

Le constat est simple : ce système (même « modernisé ») n’est pas viable, ni économiquement, ni écologiquement, ni même socialement, ni encore sanitairement !

Attac France, les Amis de la Terre, le CRID, le CCFD, le CFSI, la Confédération paysanne, la Fédération Artisans du Monde, et Peuples solidaires ont donc lancé une campagne : « l’agriculture est malade, soignons la PAC » pour « promouvoir une agriculture durable et solidaire au Nord comme au Sud ».

« Partout dans le monde, la libéralisation des échanges agricoles, la recherche des coûts de production les plus bas et l’absence de bonne régulation des marchés, dominés par une poignée de firmes agroalimentaires et de distribution, ont entrainé l’ensemble des dégâts suivants : alimentation standardisée, disparition de millions d’agriculteurs, répartition inégale des subventions, eaux et terres polluées, concurrence déloyale vis-à-vis des pays du sud où la faim continue à progresser, etc.Les réformes successives de la PAC participent à ce mouvement. »

« Nous demandons au ministre de l’agriculture d’intervenir pour que le principe de souveraineté alimentaire soit formellement reconnu comme un objectif prioritaire de la PAC et qu’il soit mis au service d’une agriculture durable et solidaire. »

Une pétition et divers documents sont en ligne.

A bon entendeur.

mercredi 28 mai 2008

Benzoate de sodium alias E211

Cet additif alimentaire, conservateur célèbre pour entrer dans la composition du Coca-Cola et d'autres boissons du même style, a l'avantage de ratisser large: il est halal, casher et végétarien! Il est utilisé comme antibactérien et antifongique dans l'industrie agro-alimentaire. Sachez que, derrière cette image sympathique se cache un redoutable ennemi de la santé: il est accessoirement suspecté de favoriser des cirrhoses du foie, des maladies de dégénérescence, l'hyperactivité des enfants, et j'en passe (cancérigène?). Une récente étude du Professeur Peter Piper, chercheur en biologie moléculaire et biotechnologie à l'université de Sheffield, montre que l'additif endommage également l'information de l'ADN. C'est ce qu'a récemment révélé The Independent. Le E211 est toutefois approuvé par l'Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire (European Food Safety Authority, EFSA) . Coca-cola a annoncé le retrait de l'additif de certaines de ses boissons gazeuses mais n'a pas trouvé d'alternative pour la conservation des boissons a plus forte teneur en fruits comme Fanta, Sprite, Dr Pepper et Oasis. La firme Coca-Cola n'est évidemment pas la seule concernée! Méfiez-vous des boissons gazeuses des autres marques , des sauces, des margarines, des cornichons, des jus de fruits, des olives, des gâteaux aux fruits, du caviar, des crevettes, des plats préparés exotiques, etc.
Bon appétit!

De l'huile de moteur dans la mayo!

Voici l'article paru dans Le Canard enchaîné du 21 mai 2008:

"Achetées en Ukraine, 40 000 tonnes d'huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur distribuées en Europe. Et les produits concernés n'ont pas tous disparu des rayons français… DEPUIS le 5 mai, de la mayonnaise, des plats cuisinés, de la vinaigrette industrielle, des conserves à l'huile, etc., préparés avec de l'huile de moteur sont en vente dans les grandes surfaces. Et ce avec la bénédiction des pouvoirs publics et de la Commission européenne. Bien sûr, le consommateur n'a pas été informé... Officiellement, tout commence le 21 avril dernier, quand le groupe Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et accessoirement propriétaire de Lesieur, prévient la Répression des fraudes que dans son usine de Sète, où est raffinée de l'huile de tournesol brute, il y a un sérieux pépin. Une grosse rasade d'huile achetée en Ukraine est farcie à l'« huile de moteur », huile minérale dérivée d'hydrocarbures. Et pas qu'un peu : d'après nos informations, sur 2 800 tonnes d'huile apparemment irréprochable livrées en France, 19 tonnes auraient mieux fait d'aller graisser des rouages et des pistons que des gosiers. Deux jours plus tard, la France informe officiellement ses voisins européens : cette cargaison d'huile frelatée fait partie d'un énorme lot, 40 000 tonnes, qui a atterri non seulement en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et c'est tout le lot qui a été trafiqué ! De quoi, pour les escrocs, se faire du beurre : sachant que la tonne d'huile de tournesol brute est vendue dans les 1 800 dollars et que. d'après les confidences d'un fonctionnaire de la Commission européenne, ce sont en tout pas moins de 280 tonnes d'huile de moteur qu'ils ont introduites en douce dans les containers, les margoulins d'Ukraine ont empoché un bénéfice de 504 000 dollars (moins ce qu'ils ont déboursé pour l'huile bidon, certes, mais celle-ci coûte des clopinettes). A partir du 26 avril, la Commission européenne et la Répression des fraudes rendent publique l'alerte. Officiellement, l'huile de tournesol frelatée mise en bouteilles et les plats préparés à partir de cette mixture ont tous été retirés des rayons et « n'ont pas atteint le consommateur ». Fort bien, mais, au fait, combien de lots ont été retirés en tout ? Questionnée par « Le Canard », la DGCCRF, autrement dit la Répression des fraudes, explique que, « compte tenu du nombre d'entreprises concernées, il est impossible d'en connaître le nombre exact ». Chez Carrefour Promodès, enseigne qui possède la moitié des grandes surfaces alimentaires en France, on admet du bout des lèvres avoir retiré pas moins de... 200 produits concernés ! Bref, tout baigne. Sauf qu'il reste un léger problème : Saipol, la maison mère de Lesieur (laquelle marque a fait répondre au « Canard » par son agence de com' qu'elle n'était « en rien concernée »), a reçu sa cargaison d'huile frelatée fin février. Et n'y a vu que du feu. Jusqu'à ce qu'un mois plus tard un industriel du nord de l'Europe, destinataire du même lot, l'informe après analyse que quelque chose clochait dans l'huile de tournesol ukrainienne. Et ce n'est qu'un mois plus tard que Lesieur a enfin sonné l'alerte auprès de la Répression des fraudes. La question qui se pose est cruciale : combien de produits assaisonnés à l'huile frelatée ont été conditionnés et commercialisés ? Mais il y a plus sérieux : contrairement à ce qu'ont d'abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publics français, tous les produits additionnés d'huile contaminée n'ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s'est fendue en catimini d'une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10 % d'huile de tournesol frelatée. Une décision bienvenue, on l'imagine, pour les industriels de l'agroalimentaire et de la grande distribution, qui ont sur les bras des montagnes de mayo, vinaigrettes, conserves et autres plats cuisinés avec la mixture ukrainienne. Comme l'admet la DGCCRF dans une note écrite adressée au « Canard » le 7 mai, « en l'absence de toxicité aiguë », tant pis pour les mayonnaises et autres petits plats déjà vendus. « Aucun rappel » n'a été effectué. Les consommateurs qui ont mangé de la mayo ou des conserves à l'huile de moteur auront-ils droit à une vidange gratuite ? Raison invoquée en chœur, donc, par la Commission européenne, les pouvoirs publics français, le groupe Saipol, l'industrie agroalimentaire et la grande distribution : ladite huile ne présente pas un risque de « toxicité aiguë ». Certes, il s'agit bien, dixit la Commission européenne le 7 mai dans un courrier au « Canard », d'une « huile minérale de haute viscosité qu'on utilise habituellement comme lubrifiant pour moteur après ajout des additifs ». Mais, coup de chance, elle n'avait pas encore reçu ses additifs les plus toxiques. Dès lors, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments, qui s'est prononcée sur le sujet, un homme de 60 kilos peut en avaler chaque jour jusque 1,2 gramme les yeux fermés. Régalez-vous, braves gens ! . Admirable décision, non ? Allons plus loin : puisque l'huile de moteur est sans risque, pourquoi ne pas en profiter ? On sait que le pouvoir d'achat n'est pas très vaillant, en ce moment. Pour faire baisser les prix des denrées alimentaires, ne pourrait-on généraliser l'ajout d'huile de moteur ? A condition de bien respecter la recette, évidemment : ajoutez 7 grammes environ de ce breuvage exotique par kilo d'huile de tournesol brute, raffinez le tout, versez dans vos plats la mixture ainsi obtenue, en veillant à ce qu'elle ne dépasse jamais 10 % du total des ingrédients. Et bon appétit tout le monde, ça va carburer sec ! "

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Greenpeace vous propose de voter pour la publicité des constructeurs de voitures que vous trouvez la plus mensongère. Go!

Intérêts divergents


mercredi 21 mai 2008

Marina Silva s'en va

Le 13 mai dernier, Marina Silva a démissionné de son poste de ministre de l'environnement du Brésil. Marina Silva a, par ce geste, exprimé le fait qu'il lui était impossible de se battre pour l'Amazonie au sein du gouvernement de Lula. Elle faisait pourtant son possible pour freiner les travaux de grande envergure sur le territoire amazonien. Elle s'est vainement opposée à l'introduction de la culture des OGM au Brésil. Elle s'est battue contre le développement de l'élevage en Amazonie. Elle a permis de réduire de 60% les déboisements de la forêt amazonienne sans malheureusement pouvoir empêcher les coupes illégales. Marina Silva était la part éthique du gouvernement brésilien. Rappelons que cette ancienne récolteuse de latex originaire de l'état amazonien de l' Acre, était la compagne de lutte de Chico Mendes, mort assassiné en 1988 par les tueurs à gage d'un éleveur. C'est lui qui, très tôt, a préconisé la création de réserves forestières gérées par les communautés indigènes et ce bien avant la création de l'Union des nations indiennes au début des années 1980.

L'AFP rapporte les propos de Rui Prado, président de la Fédération d'agriculture et d'élevage du Mato Grosso qui juge que Mme Silva a été "une catastrophe pour le développement du Brésil". C'est dire à quel point l'avenir risque d'être sombre pour la forêt et tous ses habitants ainsi que pour la Terre plus généralement qui voit s'atrophier dangereusement son poumon vert. Rui Prado a également déclaré, reprochant à l'ancienne ministre sa radicalité: "Elle a oublié que le principal de l'écologie c'est l'être humain.". Eternelle chanson anthropocentriste et philosophie à perspective réduite qui justifie tous les comportements économiques déviants.

Les multinationales de l'agro-industrie sont toutes puissantes et bien souvent soutenues par le gouvernement de Lula qui parie sur la montée des agrocarburants pour doper l'économie du Brésil. Le Parti des Travailleurs brésilien gère le Brésil comme le Parti Communiste gère la Chine: en ayant en ligne de mire les dollars produits par une politique à court terme. Les pressions des hauts fonctionnaires sont fortes et chacun cherche son propre intérêt économique. Ainsi en est-il de Blairo Maggi, gouverneur de l'état du Mato Grosso, attiré par les capitaux étrangers qui considèrent avec envie les vastes étendues brésiliennes. Outre sa casquette politique, il est l'un des plus grands producteurs de soja au monde, à la tête du groupe "André Maggi Group" qui, comme de nombreuses multinationales, avancent quelques aides sociales pour faire passer la pillule. Peut-on s'étonner, sachant cela, que le Mato Grosso soit l'un des états brésiliens où les incendies de forêt sont les plus nombreux, prétextes à des déboisements massifs? La corruption règne au Brésil. Le fait n'est pas récent. Et les politiques trouvent des alliés dans certains individus assoiffés de profit qui tentent l'aventure de la frontière verte, sortes de cow-boys d'un far-west brésilien. Citons par exemple Paulo César Quartiero, un producteur de riz de l'état de Roraima qui a passé deux semaines en prison pour avoir laissé ses gardes armés tirer sur 10 des indiens qui s'installaient près de sa ferme. Il faut préciser que la propriété de Quartiero est implantée dans la Réserve indienne Raposa Terra do Sol! L'homme fait figure de héros parmi les populations blanches. Il n'est malheureusement pas le seul exemple. Les tueurs à gage à la solde des colons qui s'implantent en Amazonie sont particulièrement violents face aux indiens qu'ils considèrent comme des freins à l'expansion de l'agriculture et de l'élevage. Pour autant, les indiens ne cessent pas la lutte pour préserver le couvert végétal. L'humanité toute entière leur doit beaucoup. Espérons qu'ils trouvent dans le successeur de Marina Silva, l'écologiste et ex-guerillero Carlos Minc, un interlocuteur favorable.

Nous pouvons contribuer modestement à préserver la forêt amazonienne dès aujourd'hui:
- en signant le moratoire sur les agro-carburants.
- en soutenant l'association Survival qui aide les peuples indigènes dans leur lutte politique et juridique.
- en soutenant et diffusant l'action du programme ARPA: Amazon Region Protected Areas, partenaire du WWF.
- en n'achetant pas des espèces animales exotiques pour egayer votre salon (poissons ou oiseaux par exemple).
- en achetant du bois certifié FSC.
- en préférant l'écotourisme si vous souhaitez visiter l'Amazonie.

lundi 19 mai 2008

La PAC !?

Encore une information qui noue l’estomac du petit matin, toujours cette fichue radio !
Michel Barnier (ministre de l’agriculture) se rend donc à Strasbourg aujourd’hui pour évoquer la réforme de la PAC avec ses homologues.
On nous informe déjà que les évolutions envisagées (sans dire lesquelles) ont été pensées avant les fortes augmentations des denrées alimentaires de ces derniers mois et que donc la position de la France via son ministre serait de défendre « un système qui a fait ses preuves ».

Je n’en crois pas mes oreilles, et pourtant si, je suis réveillée !

Un système qui a fait ses preuves ? Mais de quelles preuves s’agit-il ? Certes ils ont montrés qu’il était possible de produire en grande quantité … et éventuellement à faibles coûts ; encore faudrait-il s’interroger sur ce qui est comptabilisé dans ces coûts !

Mais produire quoi et comment ? Les problèmes liés aux modes de production entretenus par la PAC sont nombreux, désastreux et désormais bien connus : problèmes sanitaires, pollution des sols, pollution des eaux, destruction de la biodiversité, etc.

Vous trouverez ici l’interview d’un ingénieur agronome qui ne veut pas suivre le troupeau !



Alerte à Babylone, le film de Jean Druon
envoyé par tinou1225


Soyons vigilant quant aux décisions qui devront être prise en vue de réformer la PAC, et mangeons bio.

jeudi 15 mai 2008

Pour prolonger la réflexion sur la vivisection...

Je souhaiterais revenir, après un long temps de recherche et de réflexion, sur le message précédemment posté prenant position contre l'expérimentation animale. Evidemment, le terrain est d'autant plus glissant que la charge émotionnelle est importante. Il est difficile de garder la tête froide. J'en conviens. Si la minute de silence pour les êtres sacrifiés sur l'autel de la science paraît ridicule ou infondée à certain(e)s, elle a le mérite de faire sortir de l'oubli et de l'indifférence des animaux à qui nous devons beaucoup si l'on en croit les scientifiques persuadés de l'importance de ce type de tests. Essayons de garder la tête froide, donc, pour approfondir la réflexion à ce sujet.

Je prends le parti de commencer par le post d'un certain Docteur Romain-Daniel Gosselin lu au hasard d'un forum . Cette personne a le mérite de bien argumenter sa position et de travailler au cœur du problème. Je le cite, même si c'est long, pour la commodité de lecture et j'insiste en gras sur les idées principales sur lesquelles je reviendrai ensuite:

"L'image que vous avez en règle générale de l'expérimentation animale est horrible, la vie de tous les jours dans un labo de recherche n'est pas aussi manichéenne.

Pour m'introduire et mettre les pieds dans le plat: je suis biologiste, docteur en biologie, chercheur, actuellement à l'étranger. Je travaille sur des animaux depuis quelques années en France. J'ai travaillé en France et je suis maintenant en Irlande.

Je pourrais écrire des dizaines de pages sur la question, je vais essayer de faire court en abordant quelques points seulement.

1-les méthodes alternatives. J'ai lu ici que "certains laboratoires ont deja opté pour des methodes alternatives à l'experimentation alors que d'autres continuent"... il faut bien comprendre que ces différents labo ne travaillent pas sur la même chose. En premier lieu, il faut savoir qu'aucune méthode expérimentale ne peut, à ce jour, remplacer la recherche en physiologie sur un animal entier. Je ne dis pas qu'il ne faut pas perséverer dans ce sens, mais c'est aujourd'hui impossible. Le fonctionnement d'un animal dans l'entièrete de son fonctionnement et de son métabolisme n'est pas substituable, la fameuse toxicogénomique par exemple...utilisant des tissus humains et cellules humaines isolées et cultivées puis analysant les effets des traitements sur l'expression des gênes de ces échantillons...ce serait long de rentrer dans les détails, mais techniquement les résultats sont pour l'instant discutables car la culture in vitro induit une dérive, des modifications des cellules et tissus, et les méthodes d'analyse utilisées sont très couteuses et leurs résultats variables.

Mais je suis d'accord qu'il faut poursuivre dans ce sens.

2-il faut éviter les amalgames...ne confondons pas la cosmétologie, la recherche sur l'animal, l'étude de l'effet de médicaments...vous ne pouvez pas de manière décente condamner de la même maniere l'étude de l'effet d'un rouge a lèvres, la recherche des cause d'une pathologie et la vérification de l'inocuité d'un médicament avant de le mettre sur le marché.

3-sadisme. Nous, expérimentateurs ne sommes pas des monstres qui nous amusons à torturer des bêtes...nos actes sont réglementés, nos animaux contrôlés, comptés, anesthésiés...il faut savoir que, à moins de travailler sur la douleur, que l'équipe de recherche a OBLIGATION légale de faire en sorte que l'animal souffre le moins possible. De toutes manière, la douleur est cause d'inflammation locale (dite "neurogénique" pour ceux que ca intérresse) et induit une variabilité de résultats préjudiciable à la recherche!!!! Si il y a négligence, nous sommes passibles d'arrestation pour maltraitance à animaux. Dans ce cas condamnez l'individu et non le principe.

4-différences entre animaux et humains. Beaucoup disent qu'on ne peut pas transposer les résultats obtenus sur animal à l'homme...que ce soit en recherche fondamentale pour mieux connaître une pathologie, ou en entreprise pour tester des médicaments, les résultats obtenus le sont sur plusieurs espèces ayant des physiologies différentes pour mieux cibler ce que l'on regarde. Les résultats sont toujours émis avec prudence avant vérification chez l'homme.
Mais la physiologie des animaux de labo est connue et les conclusions fiables.
Bien sur un rat n'est pas un homme, mais celui qui attaque la transposition des résultats de manière systématique ne connait pas la biologie. Vous pouvez bien sur me citer des échecs de molécules actives sur l'animal qui ont échoué en recherche clinique humaine...mais tous les autres médicaments que vous utilisez et utiliserez eux...qu'en pensez vous.
Concernant la recherche fondamentale, il n'y a aucun problème à étudier des processus physiologiques et à les transposer à l'homme. Il y a des différences mais minimes par rapport aux points communs.

5-relativisez, regardons nous. Plusieurs milliers d'animaux sont utilisés par an dans les labos de recherche, dont 90% sont des rongeurs. Répertories, anesthésies, la plupart des tissus sont utilisés...en comparaison des millions d'animaux tués dans des conditions douteuses pour nos estomacs, vêtements... n'utilisons pas l'argument du besoin car combien finiront à la poubelle sans jamais avoir été mangés ou sont utilisés sans réel besoin, juste par envie. Combien de plats de luxe sont mangés dans les restaurants, de hamburgers jetés car froids au fast food...combien deviennent des chaussures ou des blousons alors que des matieres synthétiques existent. Il faut relativiser les choses.

-6-il y a des grands noms de la science contre l'expérimentation comme il y eut des grands nom de la médecine contre l'avortement ou l'anesthésie à leur époque. N'oublions pas que même les plus grands font aussi parfois passer leurs sentiments avant l'objectivité.

-7-Mais, je suis d'accord sur la nécessite de poursuivre la recherche sur les méthodes alternatives en espérant qu'un jour la science et technologie nous permettent de ne plus utiliser d'animaux...

...pour l'instant, c'est impossible.

En esperant avoir été lu.

Merci.

Dr Romain-Daniel Gosselin"

Le Docteur Gosselin donne un grand nombre d'informations utiles et parfois quelques évidences. Tout d'abord, il est vrai qu'il ne faut pas confondre cosmétologie, recherche fondamentale sur les animaux et pharmacologie. Que ce soit dit une fois pour toute: les tests sur les animaux en cosmétologie relèvent de la pure cruauté. Il existe des méthodes substitutives fiables pour les tests cosmétiques et des produits non testés sur les animaux . Comment justifier, à part servir un argument économique déguisé, que des produits de luxe et de confort nécessitent la souffrance d'autres êtres vivants? La chose est tout aussi inacceptable dans l'enseignement et dans l'armement, domaines pour lesquels aucune législation n’existe en la matière. Seule une autorisation qui donne le droit d'expérimenter est nécessaire. Une fois obtenue, l'expérimentateur n'a dans ces domaines de comptes à rendre qu'à lui-même!

La recherche sur les animaux a des applications vétérinaires. Elle trouve des justifications dans la mise sur le marché de produits de santé destinés aux autres animaux.

Les tests de l'industrie pharmaceutique sont rendus obligatoires par les instances politiques nationales et internationales. Pour être commercialisé, un médicament industriel doit faire l'objet d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) qui n'est accordée qu'en fournissant aux organismes officiels des preuves d'inocuité du produit. En France, il s'agit de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé – AFSSAPS et aux USA de la Food and Drug Administration dont on connaît l'impartialité depuis le reportage sur Monsanto! Au niveau européen, c'est l'Agence Européenne pour l'Évaluation des Médicaments – EMEA.

En savoir plus sur la procédure de mise sur le marché d'un médicament.

Impossible de contourner la loi. Reste, comme le dit le docteur Gosselin, à poursuivre les recherches en méthodologie pour mettre à jour des méthodes substitutives fiables et moins onéreuses. Dans ce domaine, il est important de soutenir les contre-pouvoirs que représentent les associations qui exercent une pression politique et une surveillance éthique. C'est grâce à ces contre-pouvoirs que la situation s'est améliorée dans les laboratoires par la mise en place de bonnes pratiques dans l'exercice des tests. La réglementation existe. Des comités d'éthique sont chargés d'approuver les expérimentations et exercent un contrôle que l'on peut espérer sérieux. La notion de bien être de l'animal qui sera sacrifié existe actuellement dans nos pays industrialisés. C'est déjà un progrès à signaler. Il faut continuer et surtout garder à l'esprit qu'un laboratoire poursuit des buts économiques bien avant de s'engager pour la santé humaine.

Parmi ces contre-pouvoirs indispensables, citons:

- l'Association de scientifiques refusant l'expérimentation animale: PRO ANIMA. Je la cite pour mieux la présenter: "A partir de considérations scientifiques et logiques exclusivement, Pro Anima a identifié de longue date le recours aux modèles animaux, pour l'évaluation de la toxicité chez l'homme ou pour la recherche biomédicale, comme la cause de loin prépondérante de l'augmentation des morbidités et mortalités des maladies graves, et de l'absence de progrès thérapeutiques significatifs. Pro Anima apporte la preuve rigoureuse qu'aucune espèce ne peut être prise comme modèle biologique fiable pour une autre. De ce fait, le recours au modèle animal est non seulement inutile, il est dangereux et provoque annuellement la mort prématurée de centaines de milliers de citoyens de l'Union européenne (rien qu'en France, 20 000 décès, victimes d'effets secondaires de médicaments - Bernard Kouchner, Le Monde, 13 novembre 1997)"

- la Coalition européenne pour mettre fin à l'expérimentation animale

- One Voice

A signaler, pour les personnes anthropocentristes qui trouveraient, occultant les arguments des scientifiques de PRO ANIMA, qu'il est préférable de tester sur les animaux plutôt que sur les humains: l'un n'empêche pas l'autre! La question des cobayes humains, volontaires ou non, est une question indépendante de la question des tests sur les animaux. Ceux-ci interviennent en premier lieu dans des tests dits précliniques considérés par les autorités comme des prérequis indispensables dans le dossier d'autorisation de mise sur le marché du produit. La phase suivante, les études cliniques, sont lancés si les tests précliniques sont favorables. Dans ce cadre, les tests se font sur l'homme volontaire, malade ou sain pour la vérification des tests précliniques et la détection d'éventuels effets indésirables. En savoir plus sur le détail des tests cliniques.

En France, les tests sur les sujets humains sont soumis à la loi HURIET relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales. Mais la recherche médicale souffre d'une pénurie de volontaires dans les pays occidentaux. Nous ne parlerons pas ici de la dérive qui en découle à savoir la question des tests abusivement faits sur des populations naïves mise en scène par John Le Carré dans La Constance du jardinier. Le terrorisme médico-pharmaceutique trouve ici son expression littéraire mais la réalité égale la fiction. Il s'agit ici d'une vaste question politique qui entraînerait une réflexion sur l'indépendance des états face au pouvoir colossal des multinationales de l'agro-alimentaire, de la pétrochimie et de la pharmacie.

Enfin, pour étendre la réflexion comme le fait le docteur Gosselin, il n'est pas inutile de rappeler l'étendue des problèmes liés à la condition animale lorsqu'elle rencontre les intérêts économiques humains. On pourrait ajouter à la liste certaines pratiques d'élevage et d'abattage, certains trafics d'animaux sauvages pour la peau ou les marchés parallèles (le commerce de l'ivoire ou certains organes d'animaux utilisés par la médecine chinoise par exemple), la surconsommation de viande, la surpêche, etc. Pour notre confort, notre santé, notre loisir, notre nourriture, la souffrance animale est infinie. Au regard de cette sujétion à l'espèce dominante que nous sommes, une minute de silence, ce n'est vraiment pas grand-chose.