vendredi 27 juin 2008

La parole est d'argent mais...

Qui se souvient, à l'heure de la télé qui lave les cerveaux plus blanc que blanc, du Petit train rébus de Maurice Brunot?
C'était l'ORTF.
C'était l'aube de la télé.
C'était des instants où l'on sollicitait l'intelligence du spectateur.

Séquence nostalgie d'une télévision qui savait se taire…

jeudi 26 juin 2008

la vieillesse

La philosophe Véronique Le Ru, professeur à l'Université de Reims, a récemment publié chez Larousse un ouvrage de réflexion d'une brûlante actualité sociale et d'une éternelle réalité personnelle: La vieillesse : De quoi avons-nous peur ?

Voici qu'intervient dans les débats un état de la vie que l'on a tendance à nier, à craindre, à dévaloriser. L'image de la vieillesse est la figure de l'inéluctable qui ne se vend bien qu'en politique.

Je voudrais mettre en regard deux entretiens.

Le premier est celui de Simone de Beauvoir, auteure de l'essai La Vieillesse publié en 1970 chez Gallimard. Les questions de la maltraitance, du manque de moyens économiques, de la solitude, du mépris social, du tabou qui entoure cet âge de la vie sont au coeur du discours de la philosophe.



Le second entretien est celui de Véronique Le Ru qui précise la problématique développée dans l'ouvrage qu'elle vient de sortir et l'urgence de son questionnement.

Je vous laisse remarquer le changement de perspective opéré en 40 ans!

Véronique Le Ru était une des invités de l'émission diffusée sur France Culture le vendredi 13 juin, "La force de l'âge".

mercredi

Le troisième épisode de la série pose la question: "Quels enfants on va laisser à ce monde?"


Mercredi
envoyé par charlydupuis

mercredi 25 juin 2008

déchets nucléaires: partialité de l'information

Le réseau Sortir du nucléaire a rendu publique la carte de France des zones menacées par le dernier projet d'enfouissement des déchets nucléaires.

















Le nom des 3115 communes contactées par l'ANDRA pour l'accueil d'une poubelle nucléaire est tenu secret par les autorités françaises (à savoir le Ministère de l'écologie, l'Agence nationale des déchets radioactifs - ANDRA, l'Autorité de sûreté nucléaire - ASN) et ce malgré la communication faite autour de la transparence de l'information dans le domaine (loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire). Ces communes, réparties dans vingt départements français (Ardennes, Aube, Aveyron, Cher, Eure, Indre, Lot, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Mo­selle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Bas-Rhin, Seine-Maritime, Somme, Tarn-et-Garonne, Vosges), ont un sous-sol susceptible de pouvoir accueillir les déchets nucléaires: sous-sol "géo­logiquement stable sur une période au moins égale à 10 000 ans" à une profondeur "comprise entre 100 et 200 mètres". Les maires doivent donner leur réponse avant le 31 octobre 2008.

Le problème du stockage des déchets nucléaires est un état de fait, conséquence d'une pratique que la plupart d'entre nous cautionne en prenant un abonnement. Le problème paraît insoluble. Le tout électrique semble évidemment une solution économique à la flambée des prix de pétrole et à la nécessité de respecter les engagements de Kyoto. D'un point de vue géopolitique, c'est une façon d'éviter des dépendances inquiétantes (l'hégémonie de la Russie de Poutine par exemple avec la question du gaz russe - dossier Gazprom). L'énergie verte, éolienne en particulier, est considérée, à l'échelle des états, comme une énergie d'appoint. Les particuliers peuvent bien entendu privilégier l'énergie renouvelable en souscrivant un abonnement auprès d'un fournisseur déclaré "vert" à condition de bien vérifier la provenance de l'énergie vendue - voir pour la Belgique - voir pour la France).

Le problème ici est surtout d'ordre éthique: les institutions françaises avancent dans leur communication au public une promesse de transparence qui ne se retrouve pas dans les faits. Pour être responsable de ses actes, chaque citoyen doit disposer de toute l'information nécessaire:

http://www.cyberacteurs.org/actions/petitions.php

samedi 21 juin 2008

Harmonie Navajo


La Nation Navajo (la plus importante des Etats Unis avec 200 000 personnes) ne conçoit la possibilité de l'existence que si cette dernière est en pleine harmonie avec la globalité du cosmos. Le Dineh (le peuple, les Navajos, le nom qu'ils se donnent) nomme cette état hozho qui signifie beauté, harmonie de l'homme avec le monde qui l'entoure.

La rupture de l'harmonie créé le déséquilibre, la maladie et la mort. Il existe donc des 'chanteurs' (hatalii en Navajo) que l'on appelle dans ce cas. Ces derniers sont les dépositaires de rites guérisseurs destinés à libérer le malade. ces rites consistent en des prières, des chants et des peintures dans le sable. Chaque chanteur ne connaît que quelques chants tant ils sont complexes. Et bien sûr comme partout sur la planète nos ancestrales connaissances s'éteignent peu à peu, la mort d'un chanteur entrainant la disparition définitives de rites guérisseurs. Mais attention, un chanteur n'est pas un shaman, la guérison est collective, elle profite certes au patient puis par extension à l'univers tout entier qui retrouve l'harmonie. Il ne s'agit pas d'une guérison au sens médical du terme mais plus d'un retour à une certaine sérénité morale du patient au sein de son environnement.

Une telle conception de la globalité conduit bien évidemment les Navajos à envisager la vie, leur relation avec l'univers, avec les animaux, les plantes et le temps d'une manière radicalement différente de la notre. Ainsi chaque être vivant et même chaque caillou, chaque paysage est vu comme faisant partie intégrante du cosmos et surtout comme devant y jouer un rôle.

Alors la prochaine fois que vous soulèverez une pierre et que vous constaterez que vous venez de déranger une colonie de fourmis, replacez la pierre et laissez les vivre en paix. Elles font partie du même univers que vous, en les dérangeant inutilement vous rompez l'harmonie du monde, car vous allez les empêcher de jouer le rôle qui leur est dévolu, vous allez donc rompre l'harmonie et vous en serez la première victime. Prenez plutôt le temps de les admirer un court instant, puis replacez délicatement la pierre. Si une vipère s'installe dans votre jardin, ne la tuée pas, abandonné lui quelques mètres carrés d'une terre qui n'est pas à vous, en plus elle vous rendra service en remplissant son rôle de mangeur de souris, et vous évitera de devenir tueur de souris ce qui n'est assurément pas votre rôle sur cette terre.

Il existe peu, très peu de chanteur en ce monde et leur nombre diminue, nous aurons bientôt perdu les rites qui rétablissent l'harmonie et la beauté. A nous d'agir pour préserver jour après jour un peu de l'harmonie du monde et de son incroyable beauté, car demain il sera trop tard pour nous guérir et guérir la planète.



jeudi 19 juin 2008

lundi, mardi...

lundi


Lundi
envoyé par charlydupuis

mardi


Mardi
envoyé par charlydupuis

http://www.chalydupuis.com/

Ours polaire: triste prélude

Le Monde du 18/06/2008 (source AFP) annonce qu'un ours polaire a été abattu par la police islandaise. C'est le second en moins de deux semaines. Le premier a lui aussi été tué. La télévision islandaise MBL avait alors diffusé les images de l'exécution (voir ci-dessous). C'était un mâle adulte de 250 kg qui avait probablement dû nager pendant 300 kilomètres depuis le Groenland jusqu'au Skagafjordur en Islande où l'a rejoint son sinistre comité d'accueil. Il était prévu initialement d'endormir l'animal et de le reconduire au Groenland mais la police, avec l'accord du ministère de l'environnement, a décidé qu'il était plus sûr d'abattre l'animal tout de suite. La raison officielle donnée était que le sédatif correct était indisponible sur le territoire islandais et qu'il n'arriverait par avion que le lendemain. Toutefois, un vétérinaire présent sur place a déclaré qu'il avait de quoi endormir l'ours dans le coffre de sa voiture… La sécurité a-t-elle été un prétexte pour éviter les frais de rapatriement? La police, si soucieuse de la sécurité publique, n'avait pas pris la peine de fermer la route de montagne qui conduisait au site et de nombreux curieux attirés par la nouvelle s'y étaient regroupés. Le porte-parole de la police, Petur Bjornsson, a pour finir déclaré que le brouillard se levait et que l'ours pouvait disparaître...
Rappelons que l'ours polaire a été récemment ajouté à la liste des espèces menacées. Les scientifiques américains prévoient que deux tiers des 25000 ours polaires survivants pourrait disparaître d'ici 2050.
Les deux ours abattus par les islandais font partie des premiers "réfugiés climatiques". Il y a matière à réflexion. C'est le début d'une tragédie écologique qui montre que l'humanité n'a aucun recours acceptable face à ce type de situation qui, ici, touche des animaux et qui touche déjà ailleurs des populations humaines. Les migrations ont commencé pour les réfugiés de l'environnement: la moitié de l'île de Bhola au Bangladesh a été engloutie en 2005. Ses habitants se retrouvent dans les bidonvilles de Dhâkâ. Les scientifiques prévoient que 20 millions de personnes vivant dans cet état du sous-continent indien deviendront des réfugiés climatiques d'ici 2030. Ce n'est qu'un exemple.
Le sort des ours polaires est un triste prélude.


Le diable s'habille en Prada!

Vous préférez ça?























ou ça?




































Si vous voulez savoir ce qui se cache derrière le commerce de la fourrure:

http://www.petafrance.com/

Pourquoi ne pas imprimer et distribuer des tracts à tous les pauvres gens qui n'ont pas encore compris? Il suffit d'en garder quelques uns dans votre sac pour le cas où vous croisez un/une de ces "Cruella".

mercredi 18 juin 2008

Redford, le cinéma et l'engagement

Même s'il a accepté certains rôles commerciaux et s'il a incarné l'archétype du jeune premier souriant, Robert Redford a su s'appuyer sur son aura et sur sa célébrité pour élever le ton du cinéma américain. Redford fait partie de ces réalisateurs/producteurs/acteurs américains qui luttent pour l'indépendance des cinéastes. Il est à l'origine du Sundance institut, créé en 1981, qui organise chaque année le Sundance Film Festival pour soutenir en particulier les réalisateurs et les scénaristes indépendants. L'institut aide également les réalisateurs de films documentaires (Documentary Film Program), favorise la participation des amérindiens dans les projets cinématographiques (Native American Initiative) et conserve également les archives du cinéma indépendant (Sundance Collection at UCLA).

Robert Redford est un homme d'idées, déclinées tout au long de sa carrière autour de trois axes:

- l'apologie de la nature et la critique de certains comportements humains contre-nature: Jeremiah Johnson (1972), très proche de l'esprit du Sean Penn de Into the wild; Et au milieu coule une rivière (1985) qui révéla Brad Pitt, ode à la simplicité naturelle au sein du Montana; L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (1998) avec Kristin Scott Thomas dans le rôle d'une rédactrice en chef fagocitée par son travail qui vient se retrouver auprès du sauvage "whisperer" Tom Booker.

- l'engagement politique: Redford a produit Les hommes du président (1976) retraçant l'affaire du Watergate où il joue le rôle du journaliste Bob Woodward du Washington Post à l'origine de la révélation du scandale politique avec son collègue Carl Bernstein (Dustin Hoffman).

- l'engagement social: il joue dans Brubaker de Stuart Rosenberg (1980) le rôle d'un directeur de prison révolté par le traitement infligé aux prisonniers; dans Quiz show (1994) il montre à quel point la culture du divertissement télévisuel peut contaminer l'information, endormir le public et le tromper.

On retrouve l'engagement de Redford dans Lions et Agneaux (2007), son dernier film, où il soulève intelligemment des questions cruciales comme l'indépendance de la presse et son esprit critique, l'endormissement des téléspectateurs et plus particulièrement des jeunes, désenchantés dans un monde superficiel, l'engagement dans l'armée des jeunes issus de millieux défavorisés. Il critique avec subtilité la guerre aveugle des Etats-Unis contre le terrorisme au Moyen-Orient.

On annonce un prochain film qui renouera avec sa veine naturaliste: Aloft. Le film mettra en scène le naturaliste américain Alan Tennant, spécialiste du faucon pèlerin et auteur de On the wing. To the edge of the Earth with the peregrine falcon.

Le cinéma américain ne se réduit pas aux blockbusters. Il montre souvent l'exemple d'un cinéma engagé au présent dans l'histoire et dans la société. Le film français Entre les murs de Laurent Cantet a été encensé par Sean Penn, le président du jury du festival de Cannes 2008 qui avait promis une palme d'or politique. C'est l'histoire ordinaire d'une classe dans une ZEP. C'est un sujet politique et social. La fiction rejoint les problèmes évoqués dans les journaux: certains jeunes acteurs primés à Cannes sont sans-papiers.
Pour toucher les spectateurs en nombre, le cinéma engagé doit réussir le pari d'allier divertissement, émotion et problèmes d'actualité. Le public doit avoir envie de voir le film et doit en sortir "questionné". Je ne sais pas si Entre les murs réussit cette alchimie. Je n'ai pas vu le film: sa sortie est prévue pour le 24 septembre. Quoi qu'il en soit, certains américains parmi lesquels Leonardo Di Caprio (La 11° heure, Blood Diamond), Sean Penn (Dead man walking, Into the wild) et Robert Redford accordent parfaitement leur personnalité à de grands combats portés avec succès au cinéma.

mardi 17 juin 2008

Monachus tropicalis: requiescat in pacem

Avis de disparition.


La National Oceanic and Atmospheric Administration vient de déclarer que, après 5 années de recherches vaines, le phoque moine des Caraïbes, Monachus tropicalis, a rejoint le rang des espèces animales disparues (source: Le Monde du 16/06/2008). Ses cousins Monachus monachus, les phoques moines méditerranéens et Monachus schauinslandi, les phoques moines hawaïens, sont eux aussi en grand danger puisqu'ils partagent leur espace vital avec l'espèce humaine qui, comme on sait, ne souffre aucune concurrence. Espérons que les réserves marines destinées à les protéger pourront les sauver du sort du phoque moine des Caraïbes.

Liste rouge 2007 des espèces en danger de l'IUCN The World Conservation Union.


vendredi 13 juin 2008

jeudi 12 juin 2008

Lutte contre la corrida

Il faut signaler l'existence d'une association européenne de lutte contre la corrida qui fédère les associations nationales (dont le Comité Radicalement Anti Corrida, CRAC, et la Fédération des Luttes anti Corrida, FLAC, pour les associations françaises) et qui a mené la contre-offensive aux opérations de charme du lobby taurin à Bruxelles les 4 et 5 juin derniers. Cette association, explicitement appelée For a BullFighting-Free Europe, a trouvé l'appui du parti Vert européen.
Des associations de protection des animaux espagnoles sont partenaires du mouvement, comme Asociación Defensa Derechos Animal (adda) qui dénonce les tortures animales dans un but de spectacle, mais aussi la faada qui met en ligne une pétition pour que soit interdite l'entrée aux moins de 15 ans dans les arènes françaises (pas espagnoles? peut-être est-ce déjà le cas? c'est à vérifier). L'association propose également un argumentaire anti-corrida dont la source est la Fundación Movimiento Antitaurino de Colombia, PACMA, Lección Antitaurina de Santiago Esteras Gil. J'essaie de proposer ici une traduction française pour cette page entièrement en espagnol:

"Souvent, quand nous essayons de défendre notre cause animale, et face aux assertions stéréotypées et superficielles des amateurs du spectacle rétrograde des corridas de taureaux, nous pouvons rester bloqués sans savoir quoi dire. Il existe toutefois des arguments à tous les arguments fallacieux des pro-corridas. Nous en exposons certains ici en espérant que vous trouviez une réponse à tous ces faux arguments.

La tauromachie est culturelle

Selon le dictionnaire, la culture "est le résultat du développement des connaissances humaines au moyen de l'exercice des facultés intellectuelles de l'homme". Il est évident que torturer un animal pour le divertissement ne contribue en rien au développement des connaissances. Quelles facultés intellectuelles peut exercer la torture d'un animal? L'évolution mentale et le développement spirituel des êtres humains ne passent pas par les corridas de taureaux.

La tauromachie est un art

Si on comprend par art l'habileté à faire une chose, toréer peut être un art mais dans ce cas est un art également la construction d'un mur de briques , l'escroquerie, etc.
Le fait que certains artistes se soient inspirés des corridas de taureaux ne fait pas de cette coutume barbare un art. D'autres se sont inspirés de la guerre, du martyr des saints, etc… et cela n'a pas fait de chacune de ces activités un art.

L'art est création, pas destruction.

La tauromachie est une tradition

Les combats à mort des gladiateurs esclaves de l'époque romaine étaient aussi des traditions. De même que l'ablation du clitoris dans certains pays. Le fait qu'une pratique soit traditionnelle n'implique pas qu'elle doit être conservée puisqu'il peut s'agir de pratiques monstrueuses.

De nombreuses traditions sont mortes grace à l'évolution et au dépassement de l'humanité et les corridas de taureaux doivent les suivre. Comme le disait Manuel Machado: "Conservateurs, oui; mais de la santé, non de la maladie."

Les taureaux sont faits pour combattre

Le taureau est un animal ruminant, herbivore et d'une nature peu agressive; il a mauvaise vue et une capacité limitée à focaliser sa vue.

L'apparence excitée et agressive des taureaux entrant dans l'arène est due au fait qu'ils ont passé 24 heures dans une cage en bois dans l'obscurité et qu'ils ont été molestés de multiples manières (cornes limées, sacs de sable sur les épaules, etc.). Deuxièmement, on leur a cloué un lacet de couleur attaché à un crochet métallique qui leur cause une douleur considérable dans l'échine.

Par conséquent, l'animal sort aveuglé par le soleil, affecté par la douleur du lien et la bravoure apparente qu'il montre en courant d'un côté à un autre est simplement la recherche désespérée d'une issue; les occasions pendant lesquelles le taureau se jette contre des personnes sont comptés; la plupart du temps il cherche une sortie et regarde autour de lui dans un état de confusion.

Dans son milieu naturel et s'il ne craint pas son troupeau, les taureau s'aventure à manger pacifiquement dans la main des inconnus. Il existe des photographies de familles d'éleveurs faisant un pique-nique dominical dans un pré de taureaux de combat.

Sans les corridas, les taureaux de combats disparaîtraient

Si ne pouvaient exister que les espèces dont nous tirons un profit économique, pourquoi conserverions-nous le lynx ibérique?

Les taurins utilisent ce nouvel argument en profitant du fait que des termes comme "extinction des espèces" et "conservation" sont tellement à la mode pour les récupérer pour le contexte des corridas de taureaux, ce qui impliquent qu'ils sont écologistes!

De plus, le taureau de combat est le résultat d'une sélection et d'une manipulation génétique pour obtenir des caractéristiques physiques qui varient de l'espèce originale Bos Taurus. Par conséquent, s'il s'éteignait effectivement, cela n'aurait aucun impact négatif sur l'écosystème.

Il vit luxueusement avant de mourir dans l'arène

Bien que quelques taureaux vivent dans les pâturages, l'élevage de taureaux de combat s'intensifie peu à peu, les conduisant à subir des conditions similaires à celles des animaux destinés à la consommation humaine.

Et même s'ils vivent confortablement dans les pâturages, de quel droit cela justifie-t-il qu'ils meurent d'une longue agonie de 20 minutes, leurs muscles déchirés et noyés dans leur propre sang? Quelle personne souhaiterait vivre luxueusement pendant des années pour mourir ainsi?

La tauromachie crèe beaucoup d'emplois

De nombreuses personnes vivent aussi du trafic de drogue et de la pornographie et ces activités ne sont pas acceptables pour autant.

C'est une lutte noble où le torero joue sa vie

Pendant une corrida, le taureau n'a aucune chance de sauver sa vie. Il s'agit d'un combat injuste dont le taureau ne sortira pas vivant tandis que sont limitées les occasions où les toreros ont été blessés. Il meurt des milliers de taureaux chaque année dans les corridas, et combien de toreros? Selon la revue "El Ruedo" plus de toreros meurent dans les accidents de la circulation que dans les arènes.

Pour le cas infime où le taureau se jetterait contre le torero, arrivent dans l'arène une dizaines de personnages pour distraire l'attention de l'animal; s'ils se sentent acculés, ils peuvent disparaître derrière le "burladero" où l'animal ne peut pas aller.

Parmi les quelques taureaux qui sont graciés, 80% meurent dans les jours suivants des suites des blessures reçues durant la corrida et d'infections. S'ils survivent, ils deviennent solitaires, déprimés et apeurés par les hommes.

Le taureau ne sent rien

Le taureau possède un système nerveux central et autonome ou viscéral. Comment une lance de 15 centimètres fichée dans son épaule ne peut-elle pas provoquer la douleur si sa sensibilité est telle qu'il chasse avec son cou une mouche qui le gêne?

Il existe de nombreux rapports scientifiques qui démontrent la sensibilité de ces animaux. De plus, les taureaux ont une conscience et peuvent montrer des sentiments, reconnaître des personnes et des lieux.

Et les animaux d'élevage dont à la fin on consomme la viande?

Bien que trop souvent les animaux ne soient pas tués de la manière la plus rapide et la plus éthique possible dans les abattoirs, leur épreuve est moins grande et plus rapide que celle des taureaux torturés dans les arènes puisqu'il existe des lois obligeant leur étourdissement avant la mort. Si la cruauté et l'insanité avec lesquels on mène à bien la torture dans les arènes pendant 20 à 30 minutes avaient lieu dans un abattoir, les responsables seraient pénalisés et interdits d'exercer leur travail.

Si les taurins sont préoccupés par le sort des animaux d'élevage, ils devraient bien plus être préoccupés par les taureaux torturés sans aucun motif. Combien d'entre eux sont végétariens? Comme dit le dicton populaire "lo malo en casa ajena no presta virtud a lo malo en casa propia".

Il y a d'autres sujets dont il faut se préoccuper avant

Il existe en effet de nombreuses formes de violence envers les hommes et les autres animaux, mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas nous préoccuper de la souffrance de ces êtres. La solidarité est sans limite. On peut se préoccuper des enfants quii ont faim et des réfugiés de guerre comme du bien être des animaux. Ceux qui utilisent cet argument ne collaborent généralement à aucune ONG humanitaire.

Les corridas de taureaux impliquent une violence gratuite, une préocupante forme de divertissement. De nombreuses études scientifiques mettent en rapport la violence envers les animaux avec la violence envers les personnes. C'est un fait documenté qu'un haut pourcentage de criminels parmi les plus dangereux ont maltraité des animaux dans leur jeunesse. Un grand nombre d'hommes violents avec les femmes ont causé des dommages aux animaux avant de répercuter leur agressivité dans leur foyer et ils maltraitaient les animaux étant enfants. Eviter la cruauté envers les animaux est un moyen d'endiguer la chaîne de violence de notre société.
Le Mahatma Gandhi, penseur politique disait "Le progrès moral et le développement d'une nation peut être mesuré à la façon dont elle traite ses animaux." Un pays comme l'Espagne ne peut permettre la légalité de cette barbarie.

La boxe, c'est pire

Les boxeurs montent sur le ring volontairement et leur combat est "juste", si l'on peut dire, puisqu'ils sont d'égale condition. Dès qu'un des joueurs n'est plus en condition de suivre, il peut jeter l'éponge et déclarer forfait."

Ce sont des arguments bien utiles, nous l'espérons.

Certains espagnols sont très actifs dans la lutte anti-corrida et ne souhaitent pas que ce symbole sanglant soit associé à leur pays. Les choses semblent avancer vers plus d'éthique. Les villes antitaurines se multiplient à l'exemple de Barcelona en Catalogne. Espérons que cela aide les régions françaises touchées par cette affreuse tradition à s'en détacher complètement.

mercredi 11 juin 2008

Un chat sur les genoux ...


Le contrat

mardi 10 juin 2008

Brevet sur le vivant: Monsanto et la FAO

Suite du beau numéro de pseudo-démocratie à Rome. La crise alimentaire mondiale donne aux multinationales qui nous gouvernent tous le prétexte recherché pour faire avaler les OGM.
Voici un article de Hervé Kempf paru dans Le Monde du 10/06/2008. Je me permets de souligner certains passages éloquents.

"Les grands semenciers brevètent les gènes d'adaptation au changement climatique."

"Monsanto, premier producteur mondial de semences transgéniques, a publié le 4 juin, à Saint-Louis (Etats-Unis), un "engagement en trois points" : la firme s'engage à "doubler la productivité du maïs, du soja et du coton en 2030 par rapport à 2000", à "développer des semences qui réduiront d'un tiers les ressources requises" d'eau et d'engrais, et à aider "à améliorer la vie des paysans, dont cinq millions des plus pauvres, en 2020". Intervenant alors que se tenait à Rome la conférence de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) sur la crise alimentaire, la démarche vise à convaincre que les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont un atout pour faire face à ce problème et au changement climatique.
Mais pour les chercheurs indépendants d'ETC Group (Action Group on Erosion, Technology and Concentration), basés à Ottawa (Canada), la démarche des grandes firmes semencières vise d'abord à s'assurer des positions commerciales profitables. Dans un rapport publié en mai (
www.etcgroup.org), ETC Group révèle que Monsanto, Bayer, BASF, Syngenta et d'autres firmes ont déposé 532 brevets sur des séquences génétiques favorisant l'adaptation au changement climatique. A elles deux, Monsanto et BASF détiennent 49 % des groupes de brevets concernés. Ces deux entreprises avaient annoncé, en mars 2007, un partenariat de 1,5 milliard de dollars pour développer des plantes résistantes à des conditions climatiques néfastes - "probablement le plus grand accord privé de recherche jamais enregistré", dit ETC Group.
Ce dernier détaille les projets des principales firmes qui proposeront dès 2010 des plantes supposées adaptées à la sécheresse. Les compagnies cherchent à impliquer les grands organismes de recherche publique dans leur démarche, tels le Cimmyt (Centre international d'amélioration du maïs et du blé) ou le CGIAR (Groupe consultatif international de recherche agricole). Un programme pour développer des OGM en Afrique a ainsi été lancé par le Cimmyt avec un soutien de 47 millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates.
Pourquoi ces dépôts de brevets par les multinationales des semences sont-ils critiqués par ETC Group ? D'une part parce qu'ils risquent de distraire des ressources nécessaires à une recherche agronomique plus proche des besoins des petits paysans. Selon ETC Group, la recherche biotechnologique prolonge le modèle agro-industriel alors que la communauté des agronomes affirme que la priorité pour faire face aux crises est le soutien à l'agriculture vivrière et aux petits paysans. Cela a été clairement exprimé dans un rapport de l'ONU élaboré par la communauté scientifique et publié en avril. ETC Group cite aussi plusieurs exemples où la recherche agronomique classique parvient à élaborer des riz adaptés à des conditions très sèches.
D'autre part, le dépôt de brevets sur les gènes de familles de plantes pourrait rendre difficile aux organismes publics de recherche et aux groupes de petits paysans l'accès aux banques de semences : "Si les compagnies multinationales contrôlent les gènes-clés de la résistance à la sécheresse dans des cultures transgéniques (...), les chercheurs publics pourraient être accusés de violer les règles de propriété des gènes brevetés", s'inquiète le rapport.
Enfin, les experts soulignent que la création de plantes OGM résistantes à la sécheresse soulève de nombreux problèmes scientifiques qui sont loin d'avoir été résolus. Ainsi, selon un phénomène biologique appelé pléiotropie, le gène introduit pourrait commander d'autres caractéristiques de la plante que sa seule capacité à résister au manque d'eau.
La pression pour imposer les solutions transgéniques a été observée sur un autre front, lors de la Conférence sur la biodiversité qui s'est achevée à Bonn le 30 mai. Face à l'opposition des Etats-Unis et du Brésil, les pays africains n'ont pu obtenir le moratoire temporaire qu'ils souhaitaient sur la diffusion des arbres transgéniques, le temps d'analyser l'effet qu'ils pouvaient avoir sur les écosystèmes. Les arbres OGM pourraient produire... des agrocarburants à base de cellulose."


C.Q.F.D.

Biologie synthétique: connaissez-vous Synthia?

Le groupe de recherche et de surveillance etcgroupe propose des informations et des réflexions sur les questions socioéconomiques et écologiques dans le domaine des nouvelles technologies. Les chercheurs qui composent cette ONG mettent à la disposition du public des documents sur ces sujets. Dans cette mine d'informations précieuses, j'ai découvert trois bandes dessinées (en français) qui vulgarisent la question de la biologie synthétique. On y découvre Synthia, première espèce vivante créée par l'être humain. Le Docteur Frankenstein doit se retourner de joie dans son tombeau littéraire. En l'occurrence, Frankenstein se nomme Craig Venter, biologiste et homme d'affaires américain, obsédé par la recréation d'un organisme vivant entièrement synthétique in vitro. Le généticien a annoncé en octobre 2007 la réussite de son projet et la naissance de Mycoplasma laboratorium à partir de la bactérie Mycoplasma genitalium. Il ne reste plus qu'à l'insérer dans une cellule vivante! (voir The Guardian du 06/10/2006; Le Monde du 26/01/2008). Voici en trois planches tout ce que vous avez toujours eu peur de savoir sur la biologie synthétique.

Les protagonistes:















La petite histoire de Synthia:
















Les "barons de la biologie synthétique":
















Connaissiez-vous Synthia?

Cet exemple s'inscrit dans un paysage scientifique qui semble avancer à grande allure sans qu'aucune réflexion éthique ne vienne en freiner le progrès. C'est évidemment un domaine difficile d'accès et le philosophe est par tradition plus lent que le scientifique. Dans le numéro de ce moins de juin 2008, Le Monde Diplomatique propose un dossier sur la question. L'article du chercheur généticien Franz Manni "Derrière la science, un filon commercial. A qui appartient votre ADN?" mérite en particulier votre attention.
Les choses semblent déjà avoir échappé au contrôle des citoyens qui, soit ignorent l'ampleur des possibles dérives, soit préfèrent courir le risque de perdre leur espace de liberté contre des promesses d'avancées médicales ou contre des données sécuritaires, soit sont tout simplement impuissants. Souvenons-nous, pour illustrer ce dernier cas, de Benjamin Deceuninck, faucheur volontaire d'OGM condamné par la justice pour avoir refusé le prélèvement d'ADN. En France, se soustraire au prélèvement d'ADN par la police est en effet un délit passible de 15000 euros d'amende et d'un an de prison ferme (loi Sarkozy de mars 2003). Benjamin Deceuninck est un pionnier à l'origine du collectif Refus ADN qui pointe les dangers du totalitarisme silencieux. Nous le voyons, les faucheurs volontaires se battent sur plusieurs fronts!

vendredi 6 juin 2008

Crise alimentaire mondiale - 2

Le sommet de l'ONU pour l'alimentation qui se termine aujourd'hui montre pleinement l'hypocrisie de ces trois jours de "négociations". Une déclaration en est sortie. Bilan?

- La question des agro-carburants a été traitée très évasivement. Les Etats-Unis et le Brésil, qui en sont les premiers consommateurs (voir schéma AFP ci-dessous), les ont défendus avec ardeur. "Les pays se contentent d'appeler à des "études approfondies" sur les bioénergies, afin qu'elles soient conformes aux principes régissant le "développement durable" sans évoquer la création d'instance de contrôle ou d'évaluation." (source AFP)














AFP/Infographie ¦ Pays principaux consommateurs et producteurs d'éthanol dans le monde

- La libéralisation des échanges agricoles "en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l'origine de distortions des marchés" a été encouragée.

- Par ailleurs, aucun moyen concret viable pour résoudre la crise des paysans des pays les plus pauvres.

Mais, réjouissons-nous:

- Les onusiens se sont rendus compte qu'il y avait un problème!:

"Pas d'accord c'est toujours mieux qu'un mauvais accord. Les différentes nations sont, à défaut d'autre chose, parvenues à reconnaître qu'il y avait un problème à court terme qui est celui de la crise alimentaire." (Ed Schafer, secrétaire américain de l'agriculture).
Cynisme?

- Jacques Diouf, directeur général de la FAO, est content si l'on en croit sa déclaration:

"On ne s'est pas contentés de paroles mais on a décidé de mobiliser des ressources pour mettre en oeuvre des actions à court, moyen et long terme".

Ah bon? Peut-être parle-t-il des 6,5 milliards de dollars de promesses de dons. Oui, mais quelle solution à moyen et à long terme?

- Et Ban Ki Moon, le secrétaire général de l'ONU, est satisfait également: "Cette conférence a été le succès que l'on attendait. Il y a eu une détermination, un sens du partage des responsabilités et un engagement politique des Etats Membres pour prendre les bonnes décisions et investir en faveur de la productivité agricole dans les années à venir, surtout pour les petits exploitants".
Que demande le peuple?

Jean Ziegler, jusqu'à récemment rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme à l'ONU, l'auteur de L'Empire de la honte qui a inspiré le film documentaire We feed the world, parle d'un "échec total". Il est interrogé par Laura Marzouk du journal Le Monde (entretien dans l'édition du 06/06/08):

"Le sommet de la FAO, à Rome, sur la crise alimentaire mondiale s'est clôturé, jeudi 5 juin. Que faut-il retenir de ce congrès ?

Jean Ziegler : C'est un échec total, c'est extraordinairement décevant, et très inquiétant pour l'avenir des Nations unies. Le sommet est assez unique dans l'histoire de cette organisation : plus de 50 chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis pour discuter de solutions concrètes à apporter à l'effroyable massacre quotidien de la faim, qui s'aggrave encore avec l'explosion des prix mondiaux des matières premières agricoles depuis cinq ou six mois. Mais le résultat de cette conférence est totalement scandaleux : l'intérêt privé s'est imposé, au lieu de l'intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre.

Quels engagements des membres de la FAO auriez-vous souhaité ?

Je souhaitais trois décisions. Tout d'abord, l'interdiction totale de brûler de la nourriture pour en faire des biocarburants. Ensuite, retirer de la Bourse la fixation des prix des aliments de base, et instaurer un système où le pays producteur négocie directement avec le pays consommateur pour exclure le gain spéculatif. Troisièmement, que les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, donnent la priorité absolue dans les pays les plus pauvres aux investissements dans l'agriculture vivrière, familiale et de subsistance.

La déclaration finale du sommet, difficilement adoptée jeudi soir, engage les pays membres de la FAO à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d'ici à 2015. Est-ce un objectif crédible ?

Non, c'est de l'hypocrisie la plus totale. D'ailleurs, ce but est celui du millénaire. C'est en septembre 2000, au seuil du nouveau millénaire, que Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies à l'époque, avait réuni les pays membres des Nations unies à New York et avait fixé neufs buts du millénaire pour éradiquer la misère, la faim, etc. Le premier, qui a été adopté, était déjà de réduire de moitié les affamés d'ici à 2015. Mais entre 2000 et 2008, la faim n'a pas reculé, elle a massivement augmenté. Selon la FAO, il y avait l'année dernière 854 millions de personnes gravement et en permanence sous-alimentées. Sans compter les 6 millions d'enfants morts de faim. Et il pourrait y avoir 100 millions de personnes de plus à tomber dans la sous-alimentation grave et permanente à partir de maintenant à cause de l'explosion des prix.


Qui sont, selon vous, les responsables de cet "échec" du sommet de Rome ?


Il y en a trois principaux. D'une part, les Etats-Unis et leurs alliés canadiens et australiens qui ont saboté le sommet en faisant pratiquement la politique de la chaise vide. D'autre part, les grandes sociétés multinationales. Dix sociétes multinationales contrôlent actuellement 80 % du commerce mondial des aliments de base mais elles ne sont pas la Croix-Rouge et ne sont pas en charge de l'intérêt collectif. Troisième responsable, et je le dis avec beaucoup d'inquiétude, c'est le secrétaire général des Nations unies, qui est chargé de faire des propositions. Or, il ne le fait que d'une façon très insuffisante."


Ses propos sont très clairs.

Ndiogou Fall, président du Réseau des organisations paysannes de producteurs d'Afrique de l'Ouest (ROPPA) est éloquent lui aussi, interrogé par Laetitia Clavreul du journal Le Monde (entretien dans l'édition du 05/06/08):

"Vous êtes sénégalais et président du Réseau des organisations paysannes de producteurs d'Afrique de l'Ouest (Roppa). Que pensez-vous des déclarations de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, qui a plaidé, mardi 3 juin au sommet de la FAO, en faveur d'un accord sur le cycle de Doha ?

C'est une véritable hérésie. La crise est provoquée par les politiques libérales et on nous dit de les poursuivre ? On ne respecte pas les petits producteurs.
Nous, nous sommes demandeurs de protection. On entend toujours le même discours type, il faut voir avancer le cycle de Doha. Mais c'est ainsi qu'on peut aggraver la crise.


Une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont des Africains, ont fait le déplacement à Rome pour trouver des solutions à la crise alimentaire mondiale. Quelles erreurs ont été commises, selon vous ?


L'erreur principale est d'ordre commercial, avec l'ouverture abusive de nos marchés qui s'est accompagnée d'une perte d'intérêt des petits producteurs pour l'agriculture. Elle est d'ordre politique aussi, parce que nos dirigeants africains ont accepté naïvement cette ouverture et se sont détournés de l'agriculture vivrière. Ils ont mis l'accent sur les cultures d'exportation et non sur la première mission de notre métier, nourrir la population. Ces dernières décennies, le peu de moyens accordés sous forme d'intrants, de crédits, de recherche ou de subventions ont été concentrés sur les cultures de rente comme le coton.
Bien sûr les Occidentaux sont aussi responsables, puisqu'ils ont imposé cette libéralisation dans le cadre du FMI et de la Banque mondiale.


Comment les producteurs africains vivent-ils cette crise ?

Ces dernières années, nous l'avons vu venir. Dans les villages, des lots de petits agriculteurs tombaient dans la pauvreté. Leurs revenus baissaient : leurs produits approvisionnaient les marchés locaux, mais leurs prix dépassaient la capacité d'achat des ménages, et ils étaient en concurrence avec des produits subventionnés venus d'ailleurs. Aujourd'hui, nous sommes dans un cercle vicieux. Avec la hausse du prix de l'alimentation, les producteurs sont plus préoccupés par le besoin de se nourrir que par investir. Ils n'ont plus les moyens d'acheter semences et engrais pour l'année à venir.


Quelles solutions pour développer la production en Afrique ?

Le marché africain peut fonctionner, mais il doit comme ailleurs chercher l'intégration et la valorisation régionale, et non l'ouverture vers l'extérieur. Pour l'agriculture africaine, nos autorités doivent prendre toute la mesure de la situation."


Enfin, que peut donc bien penser Paul Nicholson, membre du Comité International de Via Campesina expulsé avec ses camarades par les agents de sécurité de Berlusconi alors qu'il manifestait pacifiquement? Regardez la vidéo sur le site de madmundo.

jeudi 5 juin 2008

Résistance: connaissez-vous Naomi Klein?

Voici un appel des anciens résistants à la résistance des jeunes générations contre "la dictature internationale des marchés financiers" : "Résister c'est créer, créer c'est résister":



Naomi Klein constitue un bel exemple de résistance actuelle. Vous n'avez certainement pas pu manquer le succès de librairie qu'a été No Logo: la tyrannie des marques paru en 2002 dans la collection Babel chez Actes Sud (No Logo: no space, nos choice, no jobs, Picador USA, avril 2002 pour la version originale).
Naomi Klein y fournissait une enquête sérieuse, témoignages et chiffres à l'appui, sur la puissance démentielle des grandes entreprises sur l'économie mondiale. Elle y dénonce en particulier l'invasion de l'espace public par les publicitaires et l'exploitation du Tiers-Monde par les multinationales.
Naomi Klein, canadienne anglophone, est journaliste, cinéaste et activiste altermondialiste. Ses parents sont originaires des Etats-Unis mais ont passé la frontière pour protester contre la guerre du Vietnam. On voit qu'elle a de qui tenir!

Avec son mari le journaliste Avi Lewis, elle a réalisé le film The Take au sujet des entreprises autogérées par les ouvriers en Argentine.

Elle vient de publier dans la collection Essais Sciences, chez Actes Sud, son dernier essai La Stratégie du choc:la montée d'un capitalisme du désastre (The Shock Doctrine, Penguin, 23 avril 2008 pour la version originale). Elle dénonce dans ce dernier ouvrage la politique de prise de contrôle de la planète par les partisans de l'ultra-libéralisme. Elle révèle les coulisses d'une prise de pouvoir sans merci qui explique des événements politiques capitaux observés pendant les trente dernières années. Des événements apparemment indépendants mais tristement liés à ce qu'elle appelle "le capitalisme du désastre".

Prenez le temps de regarder le film de Alfonso Cuaron et Naomi Klein, sous la direction de Jonas Cuaron qui présente ce concept. Il est éloquent! Mieux vaut savoir!



Voici la traduction française du texte. Traduction de Catherine ARNAUD cathy@ras.eu.org :

"La doctrine du Choc / La psychiatrie triomphe ! / Les années 40 ont été une décennie de découvertes et de développement en médecine et en psychiatrie. / Les scientifiques ont développé une nouvelle technologie, / pour soigner les adultes atteints de maladies mentales. / En utilisant les électrochocs, / les cerveaux des patients sont nettoyés, / leur donnant l’opportunité d’un nouveau départ. / C’est sur cette page blanche / que les physiciens impriment une nouvelle et saine personnalité.

Nous créons les gens, en les choquant jusqu’à l’obéissance. / Ceci est l’histoire d’une idée puissante. / Dans les années 50 cela a attiré l’attention de la C.I.A. / L’agence a commencé une série d’expériences / et en a tiré un manuel secret / sur comment réduire les prisonniers. / La clé était d’utiliser le choc / pour réduire des adultes à l’état mental d’enfants. /

Le récit suivant est extrait des manuels d’interrogatoires de la C.I.A. de 1963 et 1983 : / Une hypothèse fondamentale de ce manuel / est que ces techniques sont par essence des méthodes pour réduire la personnalité. / Il existe un intervalle, qui peut être très bref, / de suspension de la vivacité, / une espèce de choc psychologique ou paralysie. / Les experts en interrogatoires reconnaissent cet effet lorsqu’il se produit, / et ils savent qu’à ce moment là, la « source » est beaucoup plus ouverte à la suggestion, / beaucoup plus disposée à obéir qu’elle ne l’était avant d’expérimenter le choc. /

Mais ces techniques ne fonctionnent pas uniquement sur les individus. / Elles peuvent fonctionner sur des sociétés entières. / Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’Etat, / une catastrophe naturelle, une attaque terroriste, / nous plonge à tous en état de choc. / Résultat : / comme les prisonniers dans la salle d’interrogatoire, / nous aussi devenons comme des enfants, / et nous sommes enclins à suivre les leaders / qui clament qu’ils vont nous protéger. /

Il y a une personne qui a compris ce phénomène dès le début, / ce fut le plus grand économiste de notre époque : / Milton Friedman. / Friedman croyait à une vision radicale de la société / où le profit et le marché régiraient tous les aspects de la vie : / de l’école à la santé, / et même l’armée. / Il appela à l’abolition de toutes les protections commerciales, / à la dérégulation de tous les prix, / et à l’élimination des services gouvernementaux. / Ces idées ont toujours été extrêmement impopulaires, / ce qui est compréhensible / puisqu’elles ont provoqué des vagues de chômage, de montée des prix, / et ont précarisé la vie de millions de personnes. / Incapables de mettre en œuvre leurs réformes démocratiquement, / Friedman et ses disciples ont recouru au pouvoir du choc. /

Le sujet doit être réveillé violemment, / et être immédiatement aveuglé et menotté. / Au moment de cette arrestation, / la plupart des sujets ressentent un intense sentiment de choc, / d’insécurité et de stress psychologique. / L’idée est d’éviter que le sujet se relaxe / et se récupère du choc. / Friedman a compris que, de la même manière que les prisonniers sont radoucis par le choc de leur capture, / les désastres massifs pouvaient servir à nous radoucir pour mener à bien sa croisade radicale de « libre marché ». / Il conseilla aux politiciens / d’imposer toutes les politiques douloureuses en même temps, / juste après une crise, avant que les gens n’aient eu le temps de s’en remettre. / Il appela cette méthode « le traitement économique du choc ». / Je l’appellerai la « doctrine du choc ». / Regardez à deux fois les événements emblématiques de notre époque, / et vous verrez la logique qui opère derrière nombre de ceux-ci. / Ceci est l’histoire secrète du « libre marché ». / Il n’est pas né dans la liberté et la démocratie, / il est né du choc. /

Coups d’Etats / Chili 1973 / réduction des dépenses publiques 50% / 50 000 torturés / 80 000 personnes emprisonnées / augmentation du revenu des riches 83% / 45% de la population dans la pauvreté. / Guerres / Malouines 1982 / La popularité de Thatcher a doublé / 910 personnes sont mortes / Elle a privatisé le gaz, les compagnies aériennes, le téléphone. / Le chômage a triplé / des milliers de blessés / Elle déclare la guerre aux syndicats / 100% d’augmentation du nombre de pauvres. / Massacres / Chine 1989 / des centaines de tués / des milliers de personnes emprisonnées et torturées / La chine devient la boutique « tout à 1€ » du monde / La Chine embrasse le capitalisme de « libre marché » / salaire en usine 1$/jour. / Russie 1993 / Yeltsin attaque le Parlement, des centaines de tués / l’opposition est arrêtée. / 17 nouveaux milliardaires apparaissent / 72 millions de personnes appauvries. / Attaques terroristes / New York 2001/ L’attaque lance la « guerre à la terreur » elle est privatisée. / Les agences de renseignement US sous-traitent 70% de leur budget / Le Ministère de l’Intérieur dépense 130 milliards payés au privé / Le Pentagone augmente son budget pour payer des services privés pour 137 milliards de $/an. / Invasions / Iraq 2003 / La guerre la plus privatisée de l’histoire moderne./ Les USA décrètent que 200 entreprises iraquiennes seront privatisées./ des centaines de milliers de tués/ 4 millions de déplacés./ Catastrophes naturelles / Sri Lanka 2004 / 35 000 morts / la côte est « reprise » par les hôtels et l’industrie / près d’un million de déplacés / On interdit aux pêcheurs de reconstruire leur maison au bord de la mer / Seule une crise, /réelle ou perçue, /produit un changement véritable./ Milton Friedman./ Seule une crise, /réelle ou perçue, /produit un changement véritable./ Milton Friedman./ Crise/ changement/

L’isolement, physique et psychologique / doit être maintenu dès le moment de la détention. / La capacité de résistance est diminuée par la désorientation. / On doit maintenir les prisonniers tout le temps silencieux. / On ne doit jamais leur permettre de se parler. /

J’ai appris une autre chose de mon étude des états de choc. / Le choc use. / C’est par définition un état temporaire/ et la meilleure manière de ne pas se perdre pour résister au choc / est de savoir ce qui vous arrive / et pourquoi. /
L’information est la résistance au choc, armez-vous !/"

mercredi 4 juin 2008

Crise alimentaire mondiale

Le sommet de l'ONU sur la crise alimentaire mondiale a commencé mardi 02 juin à Rome. Les journaux français en parlent peu pour l'instant. Ainsi, les émeutes en Afrique dans les Caraïbes et en Asie ne risquent pas de trop d'inquièter le consommateur français qui voit quant à lui nettement baisser son pouvoir d'achat. Dans les pays les plus pauvres, ce n'est plus de pouvoir d'achat dont il s'agit mais simplement de nourriture. L'information semble comme toujours filtrée pour ne pas inquiéter plus que nécessaire le chaland qui devrait, pourtant, considérer sérieusement ces prémices d'une crise que le football et la télévision ne suffiront peut-être pas à faire oublier très longtemps.

Il faut aller lire plus loin. Le site de RFI propose un dossier intéressant sur le sujet.

Les journaux anglophones sont plus éloquents que leurs homologues français:
- The Independent, le 4 mai 2008: "Multinationals make billions in profit out of growing global food crisis".
- The Washington Post, le 13 mai 2008: "Firms Seek Patents on 'Climate Ready' Altered Crops".
- The International Herald Tribune, le 21 avril 2008: "In lean times, biotech grains are less taboo".

Dans son discours au sommet sur la crise alimentaire, Ban Ki-moon parle de "doubler d'ici 2030" la production alimentaire. Il demande "un plus grand degré de consensus international sur les biocarburants". De son côté, Sarkozy, dans son obsession de l'uniformisation des esprits et du tout sécuritaire a balancé l'idée du siècle: "une stratégie mondiale pour la sécurité alimentaire". Les mollahs de l'économie mondiale ont chaud aux fesses mais ce qu'ils avancent ne ressemble pas à des solutions. Cela ressemble même à une catastrophe. Les grands mots creux des brillants politiciens de la mondialisation font abstraction du problème crucial de la surpopulation humaine (7,2 milliards annoncés pour 2015). L'adjectif est important: les animaux et les plantes, quant à eux, sont décimés quand un dérèglement des populations intervient, souvent par la faute des hommes. Ils sont d'ailleurs décimés même sans ce prétexte. Les progrès scientifiques semblent protéger l'homme des lois écologique. Est-ce sans limite? La planète Terre, elle, a une limite. C'est peut-être cette limite là qui fixera la règle après tout.

L'ONU est tout doucement en train d'aider les multinationales à faire avaler aux citoyens d'un peu partout la pillule des OGM, pillule qui accroîtra la crise alimentaire plutôt qu'elle ne la résoudra.

En opposition à la doxa économique, et si, finalement, la solution c'était vraiment la décroissance alliée au développement de l'agriculture locale?

mardi 3 juin 2008

Rayonnements électromagnétiques

Une ressource à signaler: le site du Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques sur le vivant (CRIIREM).

Vous pouvez y lire avec profit les 12 bons réflexes à adopter pour limiter son exposition à la téléphonie mobile.

Je vous recommande aussi la lecture des arguments scientifiques rassemblés par Roger Santini, docteur ès-sciences et membre émérite de la Bioelectromagnetics Society (USA) pour l'application d'un principe de précaution contre la téléphonie mobile. Le document date d'acril 2006. L'association Robin des toits met à disposition le rapport Bioinitiative en date de 2007.

Un type de pollution auquel il est très difficile d'échapper, même loin des villes, même perdu dans le parc naturel de Chartreuse!

lundi 2 juin 2008

La PAC (suite)

L’UE doit-elle maintenir son objectif de faire passer à 10 % la part des biocarburants dans les transports d’ici à 2020?

C'est la question qui vous est posée sur la page Agriculture européenne: des solutions adaptées aux nouveaux enjeux.

Vendredi à 17h, les résultats étaient pour le moins 'surprenants' :

Oui 3551 (61.9%)
Non 2182 (38.1%)
Total des votes : 5733

Depuis, il y a eu un heureux renversement de situation :
Oui 4982 (12.7%)
Non 34220 (87.3%)
Total des votes : 39202


Il n'en demeure pas moins que rien n'est acquis. Ne perdons pas une occasion de nous exprimer sur ce sujet ...