mercredi 26 novembre 2008

Mon jardin pour la planète


Terra Natura a lancé il y a quelques semaines un nouveau projet : mon jardin pour la planète.

Après s’être orienté dans un premier temps vers les entreprises, les collectivités et les structures touristiques, Terra Natura choisit cette fois de renforcer la mobilisation auprès des particuliers.

« Mon jardin pour la planète est une action citoyenne et une démarche militante. La nature, nous le savons, à besoin d’être protégée. Nous souhaitons apporter notre contribution en regroupant toutes les personnes désireuses d’agir », explique Vincent Doucet, fondateur de Terra Natura.

Ce projet devrait permettre de comptabiliser les bonnes volontés et de diffuser des conseils de « bonnes pratiques » pour l’aménagement et l’entretien d'un jardin.

Nous l’avons vu lors d’un précédent post, les jardiniers amateurs (même si les choses évoluent heureusement) sont encore dans l’ensemble de grands consommateurs de produits chimiques.

En inscrivant son balcon, sa terrasse, son jardin, sa prairie on s’engage à travers 4 axes forts :
-> Aucun pesticide, pas de produit chimique et de traitement nocif.
-> Mise en place d’abris refuges pour les animaux, des mangeoires, des nichoirs pour les oiseaux, des refuges pour les papillons, les insectes, les chauves-souris, les hérissons, les crapauds…).
-> Utilisation de compost naturel compatible agriculture biologique, compostage de ses déchets organiques et utilisation de paillages naturels.
-> Rechercher en permanence la qualité environnementale, la gestion de l’eau et de l’énergie.

A ce jour, le projet enregistre une surface de « nature protégée » de 1 962 418 m².

Je viens d’inscrire les 6500 m² de notre jardin. J’attends donc de voir quel accompagnement est proposé et je ne manquerai pas de publier prochainement pour vous donner des nouvelles.

Si vous souhaitez tenter l’expérience, c’est par
ici.

mardi 25 novembre 2008

Le papillon, reflet de la perte de la biodiversité



Voici le texte (long mais capital) d'un spécialiste des papillons, Michel Tarrier, auteur du livre "Les Papillons de jour du Maroc" aux éditions Biotope et chroniqueur pour Panda Magazine. Il rappelle l'importance souvent ignorée "des plus petits". Il rappelle que, parmi les insectes, les papillons sont de profonds bio-indicateurs. Il indique qu'il est urgent de restaurer les sites de butinage et rappelle que "des milliers de modestes terrains réhabilités constitueront un gigantesque écosystème en mosaïque."


"Le papillon, reflet de la perte de biodiversité

Dans les années 50, les papillons peuplaient et agrémentaient nos campagnes, nos montagnes et nos jardins. Dès les années 60, le remembrement sonna le glas d'une certaine naturalité des champs, par l'arasement systématique et irréfléchi de millions de kilomètres de haies et de bocages, mégalomanie anthropocentriste d'une agriculture intensive désireuse d'accroître les surfaces cultivées et de faciliter
le passage de la machinerie lourde. Les conséquences de ce saccage furent celui d'un écocide dont on se repent encore. C'est par milliards de milliards que chaque année les biocides de l'agriculture productiviste anéantissent les papillons, que nos jardins de plus en plus traités et plantés de végétaux allochtones achetés de façon irréfléchie dans de stupides centres jardiniers leurs sont infréquentables, que la circulation automobile les massacre, que nos éclairages publiques excessifs les piègent, qu'on les éradique en faisant table rase des écosystèmes, notamment forestiers, et qu'en pays de terres sèches le surpâturage les décime en scalpant le sol de la moindre plantule.

L'importance des plus petits est bien mal perçue. Ils sont cependant partie intégrante de la biodiversité : les trois-quarts des espèces animales sont des insectes. Et personne ne se préoccupe, au moins, de ces joyaux ailés que sont les papillons qui, au temps de notre enfance, enchantaient campagnes et montagnes dès le regain du printemps, tournoyaient nombreux les soirs d'été autour de la lampe du jardin. Dans nos pitoyables paysages dénaturés, le charme est rompu, l'harmonie séculaire qui mariait l'homme à la Nature est révolue, il n'y a plus de place pour la beauté, les papillons se meurent et nos rêves s'en sont allés, à tire d'aile. Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de cet inestimable capital naturel que nous avions reçu en legs, d'être devenus écoconscients d'un monde que nous dérobons à nos enfants, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus. On ne reconstruit pas la Nature.
C'est ainsi que, faute de sites de butinage ou assassinées par la toxicité de nos méthodes, les abeilles, malades de l'homme, nous quittent pareillement. Principale agricultrice avant la lettre, voilà 60 à 80 millions d'années que l'abeille mellifère est sur Terre et elle accompagne l'aventure humaine depuis ses premiers temps. Mais soudain, sous l'effet nocif des intrants chimiques que nous déversons inconsciemment ou pour l'appât du gain agricole, toujours en toute impunité et défiant le moindre principe de précaution, c'est plus de la moitié du cheptel des abeilles qui a déjà disparu de certaines contrées. Les Gaucho, Régent TS, Cruiser et autres abominables poisons enrobant les semences sont sur le banc des accusés. Les médias, tout de même, s'en sont fait l'écho. Un pareil recul accablant est constaté chez les autres hyménoptères, les diptères, les lépidoptères et d'autres pollinisateurs. Mais ça ne fait que commencer et, à n'en point douter, les cultures OGM que l'on veut nous imposer par dictat sonneront le glas de ce qui reste de Vivant originel. Que deviendrons-nous sans ces auxiliaires responsables de la pollinisation d'innombrables plantes à fleurs avec lesquelles elles témoignent d'une longue histoire coévolutive, sans l'abeille, maillon essentiel dans le maintien de la biodiversité génétique et dans la production des trois-quarts des nos cultures vivrières ? Le recul des abeilles n'annonce pas que la chute irrémédiable de la production apicole, elle bio-indique le début de la fin d'un monde tel que nous le connaissions.

Papillons, abeilles, hannetons, rainettes. souvenirs à l'eau de rose ?

L'être humain survivra-t-il dans un monde abiotique et de béton ? Peut-être mais, aux prises avec une vie invivable, il n'y sera jamais heureux.

Les papillons de jour comme outil de bio-indication

Pourquoi le choix des papillons de jour comme indicateurs des
paysages ?
Agents essentiels des cycles biologiques, très sensibles au moindre effet nocif (notamment au niveau des plantes-hôtes dont ils sont tributaires), par un recul ou une extinction, les papillons sont les véritables révélateurs pour le diagnostic d'une telle situation. Solidaires de chaque écosystème, ils s'en avèrent être les meilleurs marqueurs synécologiques. Leur influence sur les écosystèmes se manifeste autant par leur présence que par leur absence. En ce sens, les plus signifiants ne sont pas à considérer spécifiquement mais en tenant compte de leur redondance, un peu sur le mode d'une guilde. L'utilisation de ces données entomologiques pour une gestion à long terme exige évidemment un suivi dans un concept scientifique.
Les papillons de jours sont de plus en plus choisis comme outils d'évaluation des écosystèmes traduisant encore une relative naturalité. Lorsqu'ils prennent la tangente des paysages, c'est que toute naturalité a disparu sous les effets anthropogènes.
D'autres insectes peuvent aussi remplir le rôle de bio-indicateurs. Il s'agit, par exemple, d'autres pollinisateurs tels certains hyménoptères, coléoptères Carabidae éminemment réfractaires à une perte du substrat (mais d'une indication rendue aléatoire tant par leur trop grande dépendance des conditions climatiques que par leur vie occulte), coléoptères coprophages (actuellement en déclin car victimes de l'impact des produits vétérinaires), odonates et hydrocanthares quand il s'agit de la qualité des eaux mortes ou courantes.
Le grand intérêt des lépidoptères diurnes (rhopalocères et hétérocères Zygaeninae) réside dans les faits qu'ils sont aisément repérables, qu'ils fréquentent une grande diversité de paysages, qu'ils sont liés aux plantes nourricières de leurs larves ou nectarifères des adultes, pour la plupart d'une valeur tout autant estimable. Enfin, comme il s'agit d'un groupe d'insectes ayant dépassé le stade alpha de nos connaissances, l'entomologiste expert est apte à en déceler la présence par l'hyper connaissance qu'il en a. Espèces sentinelles veillant à l'intégrité ou à un usage parcimonieux des lieux, espèces clés-de-voute ou ombrelles déclinant la présence de tout un cortège, les papillons offrent aussi l'avantage de réagir ipso facto à la moindre altération de leurs conditions de vie. A nous de savoir en décrypter le moindre recul et d'interpréter alors l'alerte qu'ils nous fournissent.
Utilisant ainsi les papillons comme grille de lecture des paysages, l'écologue se retrouve souvent au chevet d'écosystèmes malades. Le papillon est le reflet de ce qu'il y a dessous. Et dessous, il n'y a plus grand-chose.

Comme un effet papillon...

En Europe, il y a quelques temps que l'on utilise - enfin, que l'on essaie d'utiliser... - la filière papillons pour espionner la santé des écosystèmes, en vue de tabler sur leur durabilité et les ressources qu'ils nous dispensent. Et puis surprise, un jour les papillons eux-mêmes disparaissent, comme peuvent s'esquiver des témoins gênants ! C'est ce qui vient de se passer au Japon, et plus près de nous en Grande-Bretagne où le déclin des espèces est pourtant suivi au peigne fin, dans un pays où l'importance des sciences et de la citoyenneté sont inversement proportionnelles au reliquat de vie sauvage. Environ 70 % de la totalité des espèces de papillons ont ainsi disparu en vingt ans au niveau régional ou national de ce pays très à cheval sur son biopatrimoine en peau de chagrin. Il vient donc de se passer exactement l'inverse de ce que croyaient les experts il y a vingt ans, à savoir que ces insectes seraient beaucoup plus résistants parce qu'ils pouvaient voler et se déplacer. Curieux experts que ceux qui ne sont pas au fait des notions de niche écologique, d'habitat, d'espace de vol et de plantes-hôtes, ou qui ignorent que la grande majorité des papillons sont sténoèces, c'est-à- dire d'une plasticité écologique restreinte, à l'opposé de l'ample valence qu'on pourrait prêter à des animaux ailés. Et tout un chacun de conclure : « Cela renforce les arguments de ceux qui se battent pour établir des politiques au niveau national et mondial destinées à
limiter l'incidence de l'homme sur l'environnement . »

Pourquoi veiller à la protection d'un papillon ?

La question ne se fait pas attendre : quel est le sens de telles interventions dirigées pour conserver les espèces les plus menacées de notre faune ou de notre flore ? Plus prosaïquement, à quoi bon déployer de tels efforts pour un modeste invertébré que la plupart des gens ne connaît pas et ne rencontra même jamais ? La première réponse pourrait être d'ordre purement éthique et se résumer à cette déclaration de la Charte sur les invertébrés : « Aucune espèce animale ou végétale ne doit disparaître à cause des activités de l'homme » ; ou rappeler le fameux précepte précisant que l'homme a besoin de la Nature, mais que la Nature n'a pas besoin de l'homme. La seconde réponse, plus pratique, consiste à souligner le fait que ces actions orientées vers une espèce donnée profitent bien souvent à tout un ensemble d'espèces animales et végétales qui sont soit liées directement à l'espèce visée, soit présentent grosso modo les mêmes exigences écologiques. C'est ce concept connu de l'espèce-ombrelle, sentinelle ou signal, formule désignant une espèce essentielle qui en induit, qui en abrite une série d'autres.

Qu'est-ce que la bio-surveillance, qu'est-ce qu'un bio-indicateur ?

La plupart des papillons sont monophages ou oligophages, et étroitement inféodés à des plantes-hôtes sensibles et vulnérables. Il s'agit donc d'une panoplie d'éminents indicateurs biologiques qui réagissent aux modifications nocives par un recul, puis par la disparition. Les insectes-outils sont censément moins maniables mais sans nul doute plus précis que les vertébrés ou les plantes, tant pour la gestion et la sélection des sites à protéger, que pour l'évaluation de l'incidence biologique en baisse des surfaces menacées.
L'utilisation de données entomologiques pour une gestion à long terme en exige une validation très précise. Les espèces d'insectes, dans leur grande majorité, ne sont identifiables que sous la loupe binoculaire, tandis que leur récolte sur le terrain nécessite des méthodes de prospection et d'échantillonnage adaptées. Chaque donnée unitaire implique donc : suivi de visites, capture, montage, étiquetage, identification, archivage et conservation-collection du spécimen dans un concept scientifique.

Application : une expérience personnelle

Durant une dizaine d'années, j'ai consacré la majorité de mon temps à parcourir le Maroc pour dresser un inventaire exhaustif et cartographier les sites biologiques d'intérêt patrimonial objectivement identifiés par la présence d'un cortège de faunule génétiquement remarquable, à base surtout de lépidoptères. Ce programme a été particulièrement insistant auprès des écosystèmes actuellement précaires car compromis par les activités humaines et comportant des présences emblématiques ou endémiques. Utilisant donc les papillons comme un fil d'Ariane et une grille de lecture des paysages, de régions en régions, de stations en stations, il faut dire que je me suis trop souvent retrouvé en présence d'écosystèmes malades... La pandémie dont ils sont les victimes et toutes leurs biocénoses associées est parfaitement identifiée et se nomme surpâturage. Plus de 20 millions d'ovins, de caprins et de camelins déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts irréversibles sont hallucinants, entraînant la mort du sol.
L'anachronisme le plus saillant est censément celui du parcours en forêt. Un exemple édifiant : 900 000 moutons paissent au sein des cédraies des 53 000 hectares du Parc national d'Ifrane, au cour de l'ancien paradis du Moyen Atlas, soit un troupeau presque dix fois supérieur à ce qu'il devrait être. Il est des figures de conservation dont la géométrie variable est indécente. Une législation jamais pratiquée est en charge d'établir la capacité de charge des parcours forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut soutenir la forêt. En 1980, il y avait moins de 10 millions de moutons et de chèvres au Maroc. Seule la mainmise d'un pastoralisme de rente, véritable filière ovine de propriétaires absents ayant pris en otage les bergers locaux et leurs droits séculiers d'usage, peut vraiment expliquer cette croissance exponentielle. Les populations commencent à payer cher cette gestion strictement lucrative, sans le moindre discernement écologique. Les conséquences sont cuisantes : déconstruction des écosystèmes, anéantissement de la biodiversité, érosion, désertification, lessivages, inondations meurtrières, disette des ressources en eau, ruine de l'agriculture vivrière, exode des populations locales. C'est ainsi qu'en transformant une contrée en fabrique de moutons pour le seul enrichissement à court terme de quelques nantis, on fabrique simultanément des réfugiés de l'environnement qui iront grossir les bidonvilles de Casablanca ou s'expatrieront douloureusement et. illégalement. On tente d'introduire le parcours extensif dans les sous-bois de l'autre rive méditerranéenne (comme dans le Massif des Maures) pour lutter contre l'envahissement de la végétation herbacée et ligneuse que l'on estime responsable de l'extension des incendies. Le pastoralisme raisonné peut avoir un effet régulateur (cas de la vaine pâture) en certaines régions de l'Europe plus ou moins humide. À l'inverse, les excès d'un mode surnuméraire, qui plus est sédentaire, sur le dos des écosystèmes maghrébins semi-arides, fragiles et
fragilisés, aboutit évidemment au saccage, au déclin puis à l'anéantissement de la biodiversité et du substrat.
Voilà l'observation très socio-économique à laquelle peuvent conduire de simples papillons dits indicateurs. Notre « lépidoptéromètre », au rouge dans la plupart des habitats, nous enseigne qu'un pays comme le Maroc est malade d'un surpâturage chronique. Selon les Nations Unies, la désertification en majeure partie engendrée par cet abus d'usage concerne, à divers degrés, 93 % de la superficie du pays. L'alerte n'est pas nouvelle pour le Maroc et tout le Maghreb, bien des spécialistes dénonçaient cette dérive dès le début du siècle passé. Si l'on ne met pas tout en oeuvre pour inverser au plus rapidement les tendances et sauver les restes, ces pays sont sans grand futur viable.

L'un de nos devoirs les plus urgents : la restauration des sites de butinage.
Vous êtes soucieux d'un avenir vivable, sensible aux vraies valeurs du
Vivant et à la beauté de notre planète ?
Vous souhaitez contribuer au retour des abeilles et des papillons, sachant que des milliers et des milliers de modestes terrains réhabilités constitueront un gigantesque écosystème en mosaïque ?
Alors, vous répondrez présent à mon appel à la restauration des sites de butinage, partout où c'est possible, notamment où tout un chacun peut intervenir : dans nos jardins et nos prairies."

lundi 24 novembre 2008

lumière sur l'ampoule fluo-compacte



L'environnement devient un enjeu central sur l'échiquier politique et économique. C'est l'évidence. Chacun y va de sa vitrine verte, de ses discours verts, de ses engagements verts. Les entreprises pratiquent avec ardeur le greenwashing. Bref, les cartes sont brouillées.
Lorsque le monde politique et l'industrie s'intéressent à l'écologie, il faut souvent lire "profit" derrière les belles paroles et le "progrès" supposé. Méfiance donc. Le dernier James Bond, "Quantum of Solace", le met bien en scène. Rien de négatif en soi à vouloir faire du profit pour la bonne cause. Mais est-ce la bonne cause?

Un exemple: le concensus autour de la suppression des ampoules à incandescence que l'on remplace allègrement le plus souvent par des ampoules fluocompactes dites "basse consommation". Le système de recyclage de ces nouvelles ampoules est-il efficace? Il faudrait qu'il le soit parce que ces ampoules contiennent du mercure et des poudres fluorescentes ! Une de ces ampoules négligemment envoyée à la poubelle, et c'est du mercure déversé dans l'environnement. Le journal gratuit Métro utilise l'expression "se motiver" pour le recyclage des ampoules. C'est très éloquent:

"S’il existe aujourd’hui 5 500 points de collecte en France (l’objectif est d’en atteindre 7000 en 2008), il n’y en a pas forcément un au coin de chaque rue. Pour se motiver, voici quatre bonnes raisons pour recycler ses lampes usagées : 1. Les lampes, faites de verre, de métaux et de mercure, sont recyclables à 93%. 2. Le verre recyclé sert à fabriquer de nouvelles lampes : produire les tubes fluorescents à partir de verre recyclé nécessite par ailleurs de moins d’énergie. 3. Même si le mercure contenu dans les lampes ne représente que 0,005% du poids de la lampe et ne provoque pas de danger en cas de casse, il devient potentiellement dangereux pour l’environnement à l’échelle des dizaines de millions de lampes arrivant à leur fin de vie chaque année. Le mercure récupéré est réutilisé. 4. Lorsqu’on achète une lampe neuve, on verse une éco-contribution de 0,30 euros pour financer son élimination en fin de vie."

Dans un article paru en mai 2008, Le Figaro pointe le fait que "Les Français sont encore peu au fait du recyclage des ampoules. L'année dernières seuls 36% des lampes censées être recyclées l'ont été." Oui, il est obligatoire de recycler les ampoules fluo. Cette obligation n'est cependant pas contraignante (heureusement pour ce qui reste de liberté individuelle soit dit en passant) et ce sont les consommateurs convaincus qui passent à l'acte du recyclage.

En résumé, en 2010 les ampoules à incandescence, qui ne contiennent pas de polluants, seront interdites (Grenelle oblige, la vitrine verte du gouvernement français). Les ampoules fluocompactes, qui nécessitent absolument un recyclage parce qu'elles contiennent des produits toxiques (poudres florescentes et mercure) sont, quant à elles, vivement encouragées. Leur recyclage ne peut être garanti puisqu'il dépend d'un acte de civisme.
Ajoutons que les lampes recyclables ne peuvent l'être que si le verre est intact.
Que les poudres fluorescentes qu'elles contiennent (3%) ne sont pas recyclées mais enfouies dans des décharges de classe 1.
Que les plastiques (4%) ne sont pas recyclés parce qu'aucun profit ne peut être fait à partir de leur recyclage. Source EDF.

On voit qu'un produit vendu avec l'étiquette "amélioration de l'environnement" peut ne faire que déplacer le problème. Le vrai message doit être: les ampoules fluocompactes sont respectueuses de l'environnement à l'usage mais deviennent polluantes en fin de cycle.

Le recyclage de ces ampoules n'est d'ailleurs qu'un aspect de la question. Il faut ajouter que les ampoules basse consommation fluo-compactes (LBC) sont dangereuses pour la santé à cause des puissants champs électromagnétiques qu'elles génèrent. "Les scientifiques du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et de l'Arca Ibérica (Espagne) ont réalisé des essais qui prouvent la dangerosité des LBC. L'expérimentation, menée près de Valencia, en Espagne, et réalisée en chambre anéchoïque (chambre dont les murs et le plafond absorbent totalement les ondes sonores ou électromagnétiques) avec différentes lampes (marques et puissances variées) montre que "les ampoules LBC, dès l'allumage, sont à l'origine d'importants rayonnements radioélectriques... alors que les ampoules à incandescence n'en émettent pas!"
Ces champs électromagnétiques résultent des ballasts électroniques présents dans le culot des ampoules. Ces circuits électroniques régulent la tension électrique entrant dans l'ampoule ce qui permet d'économiser de l'énergie. Mais ils sont chargés également, "pour éviter un effet de scintillement, d'augmenter la fréquence du courant traversant l'ampoule, transformant ainsi les émissions basse fréquence des ampoules en des fréquences bien plus élevées, à l'origine des rayonnements radioélectriques élevés." Selon le Criirem, "contrairement aux ampoules classiques, les champs détectés autour des LBC allumées atteignent, à 20 cm, entre 180 volt par mètre (V/m) et 4 V/m pour des puissances allant de 20 à 11 Watts. Avec des puissances de 7 ou 5 Watts, les champs électriques radiofréquences mesurées vont de 34 à 2 V/m à moins de 20 centimètres. Il faut attendre 1 mètre pour retrouver une valeur de 0,2 V/m, correspondant au bruit de fond radiofréquences ambiant."
En conclusion, le Criirem préconise de ne pas utiliser ces ampoules "en tant que lampes de chevet ou de bureau et demande aux fabricants de remédier à cette électropollution". Le Criirem souligne qu'aucun "blindage électromagnétique n'a été constaté dans le culot des ampoules testées. Ce dernier pourrait réduire les émissions électromagnétiques."

La pollution életromagnétique est certes invisible mais réelle. Qui en parle à propos des ampoules basse consommation? Les associations de protection de l'environnement (Greenpeace, WWF...) qui foncent tête baissée dans la duplication du discours officiel?

Il semble préférable d'utiliser les lampes à LED.

Au final, on revient toujours à la même chose: la motivation personnelle. Celle qui fait que l'on recycle un produit potentiellement dangereux et que l'on s'informe pour l'utiliser correctement. Celle qui fait que l'on laisse ou pas les lampes allumées. Le bon sens vaut mieux que les beaux discours officiels et publicitaires.

C'est une vigilance de chaque instant qui est nécessaire à l'individu qui veut tenter de percevoir les véritables impacts écologiques et sociaux derrière les décisions politiques et les vitrines publicitaires.

vendredi 21 novembre 2008

autonomie

Clin d'oeil à un groupe d'ingénieux belges plein d'humour.
Leur idée de "voiture-jardin" a fait fureur pendant la journée sans voitures de Bruxelles en 2007. On s'en souvient encore dans la capitale du plat pays!

Les photos parlent d'elles-mêmes.


mardi 18 novembre 2008

Ashes and Snow


Connaissez-vous Grégory Colbert?

C'est un chercheur de paradis perdu. C'est aussi un cinéaste et photographe. Il cherche par son travail à retrouver le lien primordial entre l'homme et les animaux. C'est ce qu'exprime sa dernière installation, Ashes and Snow, qui voyage à travers le monde avec le Nomadic Museum. La prochaine étape, en 2009, sera brésilienne. Les images sont extraordinaires de poésie et de douceur. Tous les films et photos sont réalisés sans trucages et les animaux sont approchés dans leurs milieux naturels. Comme le dit Grégory Colbert: "Aucun de ces animaux n’est dressé.Lorsqu’on enlève les barrières artificielles,la nature collabore avec nous." L'aspect "sepia" des images provient du support (un papier japonais fait main) associé à un rendu particulier.

Pour découvrir ce travail: http://www.ashesandsnow.org/







Grégory Colbert est donc un artiste. Il est aussi un philanthrope. L'exposition Ashes and Snow finance en grande partie la fondation Flying Elephants qui aide, partout dans le monde, les individus qui travaillent à l'amélioration de l'environnement à travers les arts et les sciences.

Il est aussi à l'origine de l'Animal Copyright Foundation qu'il définit ainsi:

"Nous devons renégocier notre contrat avec la nature. Chaque année des compagnies dépensent des milliards de dollars en publicité pour promouvoir leurs produits en utilisant l’image des animaux et de la nature. Le logo du Animal Copyright Foundation signera l’engagement des entreprises responsables impliquées pour la défense de la diversité animale et végétale de la planète.”
Il a lancé l'idée lors d'une conférence TED (Technology Entertainment Design), importante manifestation annuelle en Californie où se réunissent des propagateurs d'idées. Les meilleures conférences sont gratuitement mises à la disposition des internautes.



Grégory Colbert est un idéaliste qui mérite notre admiration.
Lire aussi: "Mémoire d'éléphants", L'Express du 30/05/2005.

lundi 17 novembre 2008

European Antibiotic Awareness Day

Demain, c'est la journée européenne du bon usage des antibiotiques. La prise d'antibiotiques favorise la résistance des bactéries. A la longue, quand on en a réellement besoin, les antibiotiques ne fonctionnent plus. Non à l'abus d'antibiotiques, donc.

Plus d'infos sur le site de l'événement.

Et la banderolle d'infos bien visible sur un axe bien fréquenté de Bruxelles:



Radiohead et MTV Exit

"All I need": Radiohead s'engage contre le travail des enfants dans la campagne produite par MTV EXIT End Exploitation and Trafficking.

Le clip est éloquent.



J'aime bien aussi celui-ci mais pour d'autres raisons... On ne se refait pas!



Les paroles:

"I'm the next act waiting in the wings
I'm an animal
Trapped in your parked car
I am holidays that you choose to ignore
You are all I need
You are all I need
I'm in the middle of your picture
Lying in the leaves
I am a moth who just wants to share your light
I'm just an insect trying to get out of the night
I only stick with you because there are no others
You are all I need
You are all I need
I'm in the middle of your picture
Lying in the leaves
It's all wrong
It's all right
It's all wrong"

jeudi 13 novembre 2008

Stevia: la grande récupération

On ne présente plus la stevia, cette petite plante aux propriétés sucrantes.

Jusque là, son usage était confidentiel. La cultiver était un acte militant.


Les choses sont en passe de changer.


Commençons par un peu d'histoire:

Jusqu'en 1994: la Stevia est interdite à l'importation sur le territoire des Etats-Unis. C'est évidemment une stratégie des lobbies du sucre qui font pression sur la Food and Drug Administration.

En 1994: toujours aux Etats-Unis, autorisation des feuilles de stevia en tant que complément alimentaire. Comprenez "tisanes".
La stevioside, extrait de la plante, reste un additif interdit dans les produits de consommation. Les édulcorants de synthèse triomphent.

En 2008: la stevia et la stevioside sont toujours interdits dans l'Union européenne. Les lobbies continuent de bien travailler!

MAIS le doute pèse sur les effets de l'aspartame et les consommateurs commencent à s'inquiéter. Certains vont même jusqu'à ne plus en acheter. Comme le consommateur est la seule force qui compte sur le marché (surtout ne pas l'oublier), les grands groupes commencent à être préoccupés. Du coup, ils cherchent des solutions alternatives. C'est le cas de Coca-cola Company que l'on ne présente plus et de Cargill Incorporated (cher à Jean Ziegler et à Greenpeace ) qui produit des édulcorants. Ils jettent ensemble leur dévolu sur la stevia. Leurs équipes de recherche concentrent leurs efforts et la stevia devient un précieux objet de laboratoire. Ils réussissent à isoler un composant organique "sucrant" de la plante : la rebaudioside alias rebiana.
Food and Chemical Toxicology publie un papier établissant l'innocuité de la rebiana dans les boissons et aliments.

Cargill sort de son chapeau Truvia©.
Coca-Cola en aura l'usage exclusif.

La FDA n'a pas encore rendu son rapport.

Progrès ou récupération?
Combien de kilomètres carré de forêt amazonienne seront sacrifiés pour que Cargill obtienne sa matière première?

mardi 11 novembre 2008

Un Monde sans eau

Le réalisateur autrichien Udo Maurer vient de sortir un reportage sur un des grands problèmes écologiques du présent et de l'avenir: le manque d'eau potable.

L'eau qui coule du robinet est une illusion technologique. Ce n'est pas forcément une réalité à long terme et ce n'est de toute façon pas la réalité de toute l'humanité comme en témoigne le film d'Udo Maurer au titre sans ambiguïté: Un Monde sans eau.

Le film est composé de trois parties. Dans la première, nous assistons aux difficultés des paysans du delta du fleuve Brahmaputre au Bangladesh qui doivent s'exiler pendant la mousson quand les eaux du fleuve montent. Dans la seconde partie, nous sommes au Kazakhstan, au bord de la mer d'Aral qui a perdu 60% de sa superficie à la suite de la politique soviétique d'assèchement. Les pêcheurs doivent se déplacer pour continuer leur activité. Dans la troisième partie, nous sommes en Afrique, à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. L'eau est ici une valeur marchande inestimable et les habitants font de nombreux kilomètres pour s'approvisionner. Ces trois exemples se rejoignent sur la nécessité du déplacement conditionnant la survie.
A méditer à plus grande échelle.




Autre reportage sur les problèmes de l'eau au Bangladesh:



Autre reportage sur l'assèchement de la mer d'Aral:

mardi 4 novembre 2008

Encadrer la chasse

Dimanche 23 octobre, à Lagorce en Ardèche, un promeneur en VTT est décédé suite à un accident de chasse.

Les informations disponibles ne permettent pas, pour l’instant, de savoir s’il y a eu manquement aux règles de sécurité fondamentales. Quoi qu’il en soit, cet homme de 25 ans a perdu la vie sur un sentier, un dimanche, en forêt.

Partant du constat que 34% des accidents de chasse se produisent le dimanche, que 12% d’entre eux impliquent des non-chasseurs, et que la France est le seul pays européen qui autorise la chasse tous les jours de la semaine, l’ASPAS (association de protection des animaux sauvages) demande depuis de nombreuses années l’interdiction de la chasse le dimanche (pétition à télécharger ici).

Sans vouloir mettre tous les chasseurs dans la même gibecière, mais contrairement aux communications émanant des sociétés de chasse, les dangers sont bien réels et les mesures de sécurité sans doute sous estimées.

Les chasseurs représentent moins de 2% de la population, la nature ne leur appartient pas, les animaux qu’ils chassent non plus !



Semences paysannes:deux élus hors-la-loi

"Le 28 octobre, une délégation du collectif « Semons la biodiversité » a remis sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris des sachets de semences fermières (semences sélectionnées par l’industrie semencière mais multipliées à la ferme) et paysannes (semences sélectionnées et reproduites à la ferme) à Denis Baupin, maire adjoint de Paris chargé du Développement Durable, de l’Environnement et du Plan-climat, et Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris en charge des espaces verts."

Pour en savoir plus:
http://semonslabiodiversite.org/

Voir aussi les vidéos de La Télévision paysanne



Les élus receleurs
envoyé par latelevisionpaysanne




Les noctambules du néon

Certains noctambules masqués profitent de leurs promenades du soir pour agir pacifiquement contre la pollution lumineuse et publicitaire des néons urbains. Avec de l'humour c'est encore mieux comme le prouvent ces activistes stéphanois...


Clan du Néon 3ème expédition
envoyé par clanduneon42


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lundi 3 novembre 2008

Vienna Vegetable Orchestra

Ils sont musiciens, jeunes, autrichiens et proposent une bonne vingtaine de concerts par an. Qu'ont-ils de particulier? Leurs instruments, extrêmement originaux, compostables et éphémères. Citons le Gurkophone (carotte-concombre-poivron), le Paprikatrote (poivron-carotte), le Lauchgeige (violon-poireau), le Melanzaniklappe (castagnettes-aubergine)… Oui, c'est parfois sur le marché que commence la musique!



http://www.gemueseorchester.org/