lundi 21 décembre 2009

Tout va très bien, madame la marquise!


Impuissance.
Honte.
Déception.
Découragement.
Un flot d'émotions négatives et pourtant légitimes déferle face au fiasco de Copenhague.
Les citoyens ne peuvent décidément PAS compter sur le monde politique, à la botte du monde économique de la production de masse, qui condamne l'humanité et une bonne partie des espèces vivantes à l'extinction.
Continuer à jouer l'autruche? Continuer à croire les marchands et les illusionnistes au pouvoir comme si de rien n'était, en espérant être sauvé in extremis comme au cinéma? S'inscrire sur une liste d'attente pour l'exode sur une exo-planète? Rêver?
En rire?

jeudi 17 décembre 2009

Food, Inc


Food, Inc. Ce documentaire de Robert Kenner se divise en trois volets. Le premier se concentre sur l'analyse de la production industrielle de viande, le second sur la production industrielle de céléales et légumes et le troisième démontre la toute puissance économique et juridique de l'industrie agroalimentaire aux Etats-Unis. Le tout prouve que la nourriture indutrielle repose sur l'utilisation de produits sélectionnés selon des critères uniquement économiques, contaminés par les engrais et pesticides sans état d'âme. La finalité de cette industrie est la mise en place d'un système créant des habitudes alimentaires malsaines, fournissant des produits mortifères, l'ensemble étant orchestré par une propagande soigneusement organisée. La construction du film repose alternativement sur des séquences filmées en caméra cachée et sur des entretiens (en particulier ceux des deux experts, Michael Pollan, auteur de Omnivere's Dilemna et Eric Schlosser, auteur de Fast Food Nation.). Le réalisateur propose une vision bien peu bucolique de l'origine des produits dans les assiettes américaines et, par extension, dans celles de tous les pays soumis aux mêmes lois du marché.
Le dossier de presse du film vaut le détour. Quelques exemples de ce qu'on y apprend:
- les firmes Monsanto (on ne présente pas), Tyson (Nuggets de Poulet...), Perdue (volaille) et Smithfield (viande de porc) ont refusé un entretien avec le réalisateur.
- chez Smithfield, Tar Heel, le plus grand abattoir du monde, 32000 porcs sont abattus chaque jour.
- 70% de la nourriture transformée contient des OGM.
- le bio est le secteur dont l'expansion est la plus rapide (20% d'augmentation par an).
- 1 américain sur 3 né après 2000 souffrira rapidement de diabète. Chez les minorités c'est 1 sur 2.
etc.





"L'industrie ne veut pas que vous sachiez la vérité sur la nourriture que vous mangez, parce que si vous saviez, vous n'auriez plus envie de manger."

Elise Pearlstein (productrice): "il aurait été plus simple de pénétrer dans le Pentagone que d'entrer dans une compagnie qui fait des céréales de petits-déjeuners."

mercredi 16 décembre 2009

endoctrinement


"L'endoctrinement n'est nullement incompatible avec la démocratie. Il est plutôt, comme certains l'ont remarqué, son essence même. C'est que, dans un Etat militaire, ce que les gens pensent importe peu. Une matraque est là pour les contrôler. Si l'Etat perd son bâton et si la force n'opère plus et si le peuple lève la voix, alors apparaît ce problème. Les gens deviennent si arrogants qu'ils refusent l'autorité civile. Il faut alors contrôler leurs pensées. Pour ce faire, on a recours à la propagande, à la fabrication du consensus d'illusions nécessaires."

Noam Chomsky - Interview à la radio étudiante "American Focus".

mardi 8 décembre 2009

Ouvrir les yeux et changer


Voici deux titres du groupe de rock (ex-ska) Goldfinger, parce qu'on n'est pas encore arrivé à cette paix universelle, pour tous les êtres, à laquelle j'aspire et parce qu'il est bien difficile de ne pas faire d'entorses à ses principes.

Le premier en pensant aux comportements automatiques quotidiens, aux actes sans conscience mais pas sans conséquences: Open your eyes. Un peu de violence perce parfois, ce que je comprends sans adhérer.

"Open your eyes
To the millions of lies
That they tell you everyday
Open your mind
To the clever disguise
That the advertisements say

How do they know
What's good for you?

Wake up, wake up, whoa
Wake up, wake up, whoa
A shot to the head
They're better off dead
Will you wake up, wake up, whoa

Destroy all the land
And kill what you can
Just to make the profits rise
Sell you from birth
For all that you're worth
The money spreads like lies

And how do they know
What's good for you?

Wake up, wake up, whoa
Wake up, wake up, whoa
A shot to the head
They're better off dead

Will you wake up, wake up, whoa
Don't wanna hate you
Don't wanna blame it all on you
I'm out of options
If you don't look I'll force you to
If you don't look I'll force you to
If you don't look.. I'll force you to

Wake up, wake up, whoa
Wake up, wake up, whoa
A shot to the head
Just so you can be fed
Will you wake up, wake up, whoa

Open your eyes...
Open your eyes... "




Le second titre, Free me, a illustré une des campagnes de PETA. Les images du clip sont trop dures pour que le rêve en soit changé. Elles existent pour ceux qui ont besoin d'un réveil. Ce type de réveil me fait pleurer mais c'est aussi une réalité à transformer. Je ne vous donne ici que les paroles:

"I didn't ask you to take me from here
I didn't ask to be broken
I didn't ask you to stroke my hair
or treat me like a worthless token

but my skin is thick
and my mind is strong
I am built like my father was
I've done nothing wrong

so free me
I just wanna feel what life should be
I just want enough space
to turn around
and face the truth
so free me

when are you gonna realize
you're just wrong

you can't even think for yourself
you can't even make up your minds

so my mind's a jail
I hate the whole goddamn human race
what the hell do you want from me
kill me if you just don't know

or free me
I just wanna feel what life should be
I just want enough space to turn around
'cause you're all fucked
someday maybe you'll treat me like you"



"Toute injustice est à elle seule une menace pour un monde juste." - Martin Luther King

vendredi 4 décembre 2009

manipulation des masses

Par le père de Mafalda...

De l'importance de la créativité et de l'expression personnelle...

mercredi 25 novembre 2009

le progrès social

René Fallet (auteur de La Soupe aux choux), écrit en 1966 Un idiot à Paris. L'année suivante, Serge Korber en fait un film du même nom sur des dialogues de Jacques Audiard. En 2009, que reste-t-il de Léon Dessertine et de son commerce de viande en gros?

lundi 23 novembre 2009

la spirale dynamique

Matière à réflexion.


Nous devons le modèle de la spirale dynamique à la théorie du développement humain du professeur de psychologie Clare W.Graves (fin des années 50 aux Etats-Unis), théorie reprise en 1996 par Don Beck and Chris Cowan dans leur livre Spiral Dynamics: Mastering Values, Leadership and Change.



Le modèle propose une organisation hiérarchique du développement humain en utilisant un code de couleurs et un certain nombre de valeurs associées à huit étapes réparties en deux cycles. En voici l'essentiel, partant du plus bas au plus haut de la spirale:

Cycle 1: les valeurs de subsistance

Étape1 - beige - instinct et survie
Objectif: survie.
Début: il y a 100 000 ans.
Caractéristiques principales: priorités à la nourriture, l'eau, la chaleur, le sexe, la sécurité; peur du milieu naturel.
Âge de la vie: nouveau né.
Modèle social: société primitive, horde.

Etape 2 - mauve - magie et animisme
Objectif: satisfaire les esprits et maintenir la tribu en sécurité.
Début: il y a 50 000 ans.
Caractéristiques principales: structure tribale; objets sacrés; attachement à des lieux et événements; cycle saisonnier; l'individu se fond dans le collectif; monde effrayant mais respect du milieu naturel.
Âge de la vie: 1 à 3 ans.
Modèle social: tribu.

Etape 3 - rouge - impulsivité et égocentrisme
Objectif: être qui l'on est et faire ce que l'on veut.
Début:il y a 10 000 ans.
Caractéristiques principales: violence; structure féodale; valorisation de la puissance de l'individu; loi du plus fort; monde à conquérir.
Âge de la vie: 4 à 6 ans.
Modèle social: société féodale, empire, jungle urbaine.

Etape 4 - bleue - conformisme et hiérarchie
Objectif: la vie a un sens et une signification transcendantale.
Début:il y a 5000 ans.
Caractéristiques principales: ordre moral; obéissance; soumission aux organisations religieuses; impulsivité contenue; patriotisme; grandes hiérarchies patriarcales;Vérité ultime à respecter.
Âge de la vie: 7 à 10 ans.
Modèle social: gouvernement paternaliste, administration.

Etape 5 - orange - individualisme et rationalisme
Objectif: agir dans son propre intérêt en jouant le jeu social.
Début:il y a 300 ans.
Caractéristiques principales: toute puissance de la science et de la raison; modèle économique libéral; mort des dieux; efficacité et compétition valorisées; le milieu naturel est un terrain d'expérimentation et d'exploitation au service de l'homme.
Âge de la vie: 10 à 15 ans.
Modèle social: les Lumières, le libéralisme.

Etape 6 - vert - communautaire et égalitaire
Objectif: rechercher la paix et un modèle communautaire.
Début:il y a 150 ans.
Caractéristiques principales: libération des systèmes et des dogmes; place aux sentiments et à la sensibilité personnelle; répartition équitable des ressources; nouvelles spiritualités; développement personnel; militantisme.
Âge de la vie:15 à 20 ans.
Modèle social: New-age, néo-ruraux, ONG.

Cycle 2: les valeurs d'existence

Etape 7 - jaune - intégration
Objectif: vivre en pleine harmonie avec qui l'on est et apprendre à le devenir.
Début:il y a 50 ans.
Caractéristiques principales: la vie est un kaléidoscope de systèmes, de formes et de hiérarchies; l'existence ne se mesure pas aux biens matériels; flexibilité; système hiérarchique complexe en fonction des compétences; les différences ne sont pas des inconvénients mais des éléments interdépendants; le chaos et le changement sont dans l'ordre des choses.
Âge de la vie:adulte.

Etape 8 - turquoise - holistique
Objectif: expérimenter la plénitude de l'existence à travers les connaissances et la spiritualité.
Début:il y a 30 ans.
Caractéristiques: le monde est un organisme complexe doté d'une conscience collective; l'individu est à la fois une part distincte et constitutive de ce grand tout; point de vue écologique de l'interconnection de la vie; l'énergie et l'information imprègnent l'environnement global; actions coopératives; pensée holistique et intuitive; amoindrissement de l'ego.
Âge:maturité.

Etape x…..etc.
La liste n'est pas exhaustive.

Chaque étape n'annule pas la précédente mais s'y ajoute et contient le niveau antérieur. Chaque niveau de développement entretient avec les autres une certaine interdépendance parfois non reconnue. Chaque niveau correspond à une expansion de la conscience humaine, un élargissement du champ de vision et de pensée. Les étapes de ce modèle ne peuvent être jugées de manière absolue: chaque étape a du bon et du moins bon et les caractéristiques des unes et des autres peuvent se mélanger au sein d'un individu.
Je trouve ce modèle très positif, d'autant que le monde de l'entreprise commence tout doucement à s'en emparer pour échapper à son propre modèle obsolète de production (niveau orange - 5) qui conduit la société libérale mondialisée droit dans le mur. Si certains individus découvrent déjà les étapes 7 et 8, le modèle social stagne encore en 5 me semble-t-il. La spirale dynamique est simplement un outil de compréhension et de réflexion mais elle me semble assez puissante pour inspirer des changements fondamentaux à une époque où nous n'avons plus d'autre choix si l'on souhaite encore répondre à l'instinct de survie de l'espèce et à la conservation du milieu. Comme tout système, il a aussi ses limites: l'impression de hiérarchiser les comportements et les valeurs par exemple. C'est sans doute d'ailleurs une simple impression liée à la verticalité du modèle. Atteindre le second cycle de valeurs est une promesse du point de vue de la pacification du monde et du respect de l'écosystème et ne nous ferme pas aux valeurs décrites dans les étapes antérieures. Un système, oui, mais qui ouvre une fenêtre. Et l'espoir est toujours bon à prendre.

jeudi 19 novembre 2009

Ghost Forest


© Matt Callow - Flickr

Un monde sans arbres est un enfer.

Seuls les solifuges et les crotales peuvent en rêver. Un monde sans arbres est un monde sans hommes et sans un nombre infini d'autres espèces vivantes.

Angela Palmer, artiste militante, a décidé de parler à la place des arbres. Elle a installé le 16 novembre, au pied de la colonne Nelson à Traflagar Square (Londres), des arbres fantômes, des dépouilles tropicales qui auraient fait de l'ombre à la grande colonne historique s'ils étaient droits et vivants. Ils symbolisent la déforestation africaine. Celle du Ghana dont les souches proviennent. Ils symbolisent les arbres tombés pour le profit, sans état d'âme et sans réflexion.



La Ghost Forest sera du 7 au 18 décembre sur la Thorvaldsens Plads, à Copenhague, au Danemark. Ce sera la voix des arbres qui, je l'espère, saura parler aux puissants du monde des humains.


Ghost Forest Trafalgar Square, London. 16-22 November 2009
Ghost Forest Thorvaldsens Plads, Copenhagen. 7-18 December 2009

vendredi 13 novembre 2009

Réveille-toi, révolte-toi, mets-toi en mouvement!


Léo Murray est un artiste, membre du groupe activiste Plane Stupid qui lutte contre l'accroissement du traffic aérien en Grande-Bretagne. Il est l'auteur d'un petit film d'animation plein d'intéressantes métaphores visuelles pour expliquer la question pas si simple du réchauffement climatique. Dummies or not dummies, tout le monde peut apprendre quelque chose.



REVEILLE-TOI, REVOLTE-TOI — METS-TOI EN MOUVEMENT! 01 from Leo Murray on Vimeo.

mardi 10 novembre 2009

Louvain-la-Neuve



Un progrès, les parkings végétalisés! Remplacer le béton par des plantes est toujours appréciable dans les environnements urbains qui en ont bien besoin. La réflexion est valable aussi pour les murs végétalisés que l'on commence à voir apparaître.
Ici, c'est le parking du bois de Lauzelle à Louvain-la-Neuve (Brabant Wallon, Belgique). Cette ville nouvelle et universitaire, née comme un champignon des querelles linguistiques des années 60, est aujourd'hui souvent à la pointe du progrès écologique et des réflexions et modes de vie alternatifs. Quelques exemples:
- La ville est entièrement piétonne, ilôt construit sur une immense dalle de béton (circulation automobile souterraine et réseau de parkings en périphérie) articulée autour de quatre quartiers principaux, généralement assez arborés (Biéreau, Lauzelle, Hocaille et Bruyères).
- Un cinquième quartier, la Baraque, est né spontanément d'habitants refusant les plans d'urbanisme. Il dispose aujourd'hui du statut particulier de "zone d'habitat expérimental" (habitat alternatif, auto-construction, gestion collective, jardin potager collectif...).
- Même certains logements étudiants (appelés "kots" en Belgique) expérimentent des pratiques plus responsables: Kap Vert.
- Au centre de la ville, la maison du Développement Durable (Gingko Biloba), en collaboration avec l'Université Catholique de Louvain et les institutions communales, a pour vocation de promouvoir des démarches citoyennes. Nous ne discuterons pas ici le concept de "développement durable" qui mériterait bien de l'être.
Louvain-la-Neuve, toujours en expansion, semble une ville qui évolue bien.

mercredi 28 octobre 2009

L'écologie selon Lagaffe





Le mois dernier, le belge Gaston Lagaffe a été nommé mascotte des Nations Unies pour l'environnement.
A cette occasion, un album délicieux a été publié. C'est un florilège des meilleures planches en lien avec l'écologie accompagné d'un très intéressant dossier historique sur la question environnementale, distillé au fil des pages.

Sans remettre en cause mon amour véritablement immodéré pour Gaston, on peut se demander pourquoi un personnage défini par ses actes manqués devient symbole de l'environnement…
Copyright Franquin
Copyright Franquin
Il est vrai qu'il y a chez Gaston un véritable amour des animaux et une réelle conscience des problèmes écologiques mais il faut avouer que sa manière de les résoudre va plutôt dans le sens du pire que du meilleur pour le plus grand bonheur des amateurs de bons gags.


Copyright Franquin
Copyright Franquin

mardi 27 octobre 2009

L'espoir de Jane Goodall


La bien connue Jane Goodall, fondatrice de l'Institut du même nom, engagée dans la protection de la biodiversité et des populations de grands singes, très menacés en Afrique et en Asie, signe un texte magnifique en introduction du très beau numéro "100 photos de nature pour la liberté de la presse" vendu au profit de Reporters sans frontières.



Je ne résiste pas au plaisir d'en partager un extrait ici. Ce sont les 4 raisons qu'a cette femme extraordinaire d'espérer une amélioration de la situation désolante dont elle est le témoin:

" Et il n'y a pas que les animaux sauvages et la nature qui souffrent sous le joug des hommes. L'humanité souffre elle aussi. Des millions d'individus vivent dans une pauvreté intolérable, des millions d'êtres humains meurent de faim. Les épidémies font rage, les "réfugiés de l'environnement" se dispersent à travers le monde. Il serait facile de se laisser submerger par le désespoir.
En dépit de tout cela, j'ai quatre raisons d'espérer. La première est notre cerveau extraordinaire. Notre intelligence. Nous sommes une espèce qui sait résoudre les problèmes.

Ma deuxième raison d'espérer est que la nature est extraordinairement résiliente. Il y a quelques années, je me suis rendue à Nagazaki. Les scientifiques avaient prédit que rien n'y pousserait pendant trente ans. Un jeune arbre a miraculeusement survécu à la bombe atomique. Craquelé et fissuré, tout noir à l'intérieur. Mais chaque année, ses feuilles repoussent. J'en garde toujours une avec moi, comme un symbole d'espoir.



Ma troisième raison d'espérer est la nature si pleine de ressources de l'esprit humain. Partout, je rencontre des individus exceptionnels, mes véritables héros. Ils ont le courage de leurs convictions et représentent les vraies valeurs humaines, l'honnêteté, le courage et la détermination. L'immense énergie, l'enthousiasme, l'engagement d'un nombre grandissant de jeunes partout dans le monde, sont ma quatrième raison d'espérer. Ils changent les attitudes, sans armes et sans explosifs. par le respect, la connaissance, le dialogue. Le respect de toutes les formes de vie et de tous les hommes, quels que soient leur culture, leur pays ouleur religion.

N'oubliez jamais que chaque individu compte, que chacun a un rôle à jouer. Nous nous sentons impuissants devant l'immensité des problèmes de notre époque: "Je ne suis qu'un individu isolé parmi plus de six milliards!" Mais les plus infimes actions, multipliées par six milliards, font une sacrée différence.
Si chacun de ces milliards d'hommes décide d'agir, le monde peut changer en une nuit."

Un texte à méditer. Un modèle à suivre.




samedi 24 octobre 2009

notre frigo et nous

Il y a quelques années nous avons acquis un réfrigérateur, immense mais qui nous semblait indispensable, puisque nous avions décidé de nous installé à la campagne. 7 km pour la 1ère supérette et plus de 40 pour un hypermarché !
Puis nous avons entamé un cheminement vers une autre façon de se nourrir, mais sans plan, sans aprioris, juste une modification lente mais en profondeur. Aucune volonté farouche de rompre avec ce que nous propose notre société, non, non, une évolution graduelle, mais irréversible, sans à coup. En moins de 5 ans, le rituel des courses de grande ampleur au carrefour du coin, a complètement disparu ; fini les produits tout prêts, les produits surgelés, les milliers de yaourts qui embouteillent les rayons du réfrigérateur. Nous avons encore besoin de faire des achats bien sûr, mais il s'agit d'achats des produits de base, le lait, le beurre, riz, lentilles et autres féculents. Pour les légumes qui nous manquent, au petit marché du coin, nous avons un producteur bio, la viande n'a pas disparu de notre table, mais il n'y est invitée qu'une à deux fois par semaine au maximum, lorsque la famille est parmi nous. Les fruits proviennent du jardin, nous avons mangé des fraises (de mai à septembre), des pommes, des coings. L'arrivée de l'automne nous a fourni noix et châtaignes en quantité.
Notre petit potager est devenu au fil du temps l'outil majeur de cette rupture, il nous nourrit de produits qui ne connaissent ni engrais chimiques, ni pesticides, n'y poussent que ce qui peut se passer des entrants habituels de l'agriculture.




























Peu à peu notre réfrigérateur a pris des allures de relique inutile des temps passés, il trône dans notre cuisine, vestige d'un monde en voie de disparition :


Et voilà le résultat ! Il subsiste du beurre, du lait entamé, des œufs (qui peuvent se passer de froid), des confitures entamées (faites maison, avec des fraises, framboises, rhubarbes, mûre, groseilles, myrtilles, etc.) et quelques yaourts que je fais moi-même.

vendredi 23 octobre 2009

Mind Map


... pour rester centrer sur l'essentiel!

mercredi 21 octobre 2009

Amazonia grilada



"Amazonia grilada" est le titre du reportage de Jérôme Coton et de l'anthropologue Florent Kolandjian sorti en 2008. Plus explicite que ces mots brésiliens sont le sous-titre, "Histoire d'une expropriation" et la présentation officielle du film:

"Amazonie brésilienne ; aux confins de l'État du Pará, la falsification des titres de propriétés, liée au vol des terres publiques, est tellement répandue qu'elle porte un nom, grilagem, du mot portugais grilo qui signifie criquet. Ceux qui le pratiquent, les grileiros, font vieillir prématurément de prétendus titres de propriétés en les déposant dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés."

C'est l'histoire vraie d'une violence, d'un massacre humain et écologique. Les grileiros se chargent d'ouvrir des brèches dans la grande forêt amazonienne. Ils brûlent, ils coupent, ils font du commerce de leur v(i)ol avec la complicité d'autorités locales corrompues. Ces brèches permettront l'intrusion des camions, l'avancée dans la forêt et d'autres incendies volontaires un peu plus loin. A la place de la selva incendiée, les mercenaires font paître du bétail pour achever de contrôler le terrain, puis plantent du soja transgénique. Ces propriétaires terriens usurpateurs font travailler des esclaves modernes, isolés de tout, qui n'ont pas d'autre choix.

Le film Amazonia grilada est au programme du Festival des libertés qui commence demain à Bruxelles.


lundi 19 octobre 2009

Les enfants de LUCA

Savoir que la science est passée de cette représentation arborescente de l'évolution:


Ernst Haeckel

à cette représentation sphérique, m'enthousiasme vraiment:


Image issue du film Espèces d'espèces de Vincent Gaulier et Denis Van Waerebeke , 2008.

J'avoue que, personnellement, ce modèle me réconforte. L'heure est-elle à la remise en question de la suprématie humaine, sinon en pratique du moins dans le monde des idées? La revue Critique (août-septembre 2009) Libérer les animaux? titre son éditorial "Le partage du monde entre les animaux". L'avancée semble symboliquement conjointe entre la représentation scientifique du vivant et la conception philosophique de la relation de l'homme au genre animal "proche" (à ma connaissance, le philosophe s'intéresse peu à l'insecte et au zooplancton et j'ignore s'il fait grand cas d'une relation ontologique homme-végétal).

Quoi qu'il en soit, au rancart l’anthropocentrisme des "arbres d’évolution", reliques d'une illusion: la suprématie biologique de l'homme sur le reste du vivant basée seulement sur la complexité de son organisme. Résultat multiple de 3,6 milliards d’années d’évolution, chaque espèce aujourd'hui sur terre est également évoluée, qu'il s'agisse d'archées, de bactéries, d'amibes, de plantes, de champignons, d'insectes ou de vertébrés. Chaque espèce est plus ou moins cousine éloignée des autres, chacune descendant de LUCA (last universal common ancestor).

Oui, ça peut sembler étrange d'avoir une parenté même éloignée avec Yersinia pestis! Ce vertige, qui peut nous prendre en réalisant que l'espèce humaine est sur le même pied qu'une infinité d'autres qui n'ont l'air de rien, n'a d'égal que celui qui résulte de la conscience de l'infinie petitesse de la planète Terre dans l'infini de l'univers intergalactique.

En tout cas, les virus n'ont rien de commun avec nous tous, membres du buisson de l'évolution. Ils ne sont que "presque vivants", capables de se répliquer mais nécessitant une cellule hôte pour survivre. Peut-être proviennent-ils d'un organisme originel en compétition avec notre ancêtre LUCA? Bref, Influenzavirus A sous-type H1N1 n'est pas mon cousin, ce qui, au fond, n'est pas forcément rassurant.


vendredi 9 octobre 2009

Prix Nobel Placebo



J'ai envie de mettre en parallèle le prix Nobel du fantasme de la paix attribué aujourd'hui à un chef d'état en fonction qui n'a pas encore fait ses preuves et l'information diffusée par GlobalSecurity.org qui annonce que le Pentagone a officiellement demandé le 31 juillet dernier d'accéler de trois ans le déploiement du programme MOP pour équiper ses bombardiers furtifs B-2 et ses B-52.
MOP? Des bombes nommées Massive Ordnance Penetrator: non nucléaires, 6,25 m de long, 800 mm de diamètre, 13,6 tonnes, d'une charge de 2,7 tonnes d'explosif, guidage par GPS, conçues pour détruire des cibles enterrées à plus de 60 mètres.

Le gouvernement américain et son prix Nobel de la paix de président visent-t-il les installations nucléaires enfouies en Iran et/ou en Corée du Nord?

Soyons ironiques mais restons optimistes: peut-être ce prix Nobel aura-t-il un effet psychologique important? Après tout, l'heureux bénéficiaire ne l'a pas décliné: il se sent donc concerné par le sujet... Qui vivra verra.

mercredi 7 octobre 2009

Exopollutions



La pollution humaine n'est plus limitée à la planète Terre depuis belle lurette. L'exploration de l'espace (dernier étage du lanceur, capot de protection, dispositifs de séparation. explosions accidentelles en orbite…) et la vulgarisation d'emploi des satellites provoquent des dégradations de l'exo-environnement. On envoie les satellites en fin de vie sur une orbite de rebut située à environ 300 kilomètres de leur orbite d'activité pour éviter des collisions mais certains sont heurtés par des astéroïdes. Cette pollution invisible devient dangereuse: les débris technologiques qui tournent dans la poubelle spatiale au-dessus de nos têtes risquent d'entrer en collision avec des satellites en activité ce qui coûte cher et ce qui peut provoquer un retour des débris à l'envoyeur. Si le déchet est gros, il est fort probable qu'il ne puisse être disloqué en entrant dans l'atmosphère terrestre: dégâts en perspective. Des télescopes et des radars surveillent bien entendu la poubelle orbitale de très près. Certains satellites sont même équipés pour suivre les débris et les identifier pour cataloguer les gros débris, potentiellement dangereux. Bref, devant l'accumulation des détritus spatiaux, on commence à songer à nettoyer. Des tas de solutions sont envisagées mais beaucoup sont trop coûteuses ou pas encore techniquement au point. L'Inter Agency Space Debris coordination Committee (IADC) a été établie en 1993 pour établir des directives de bonne conduite à destination des agences spatiales, à commencer par la réduction des déchets envoyés en orbite mais évidemment l'engrenage de la pollution spatiale est considérée le plus souvent comme inévitable.

La pollution lunaire quant à elle est mise en avant par la NASA comme une preuve de la réalité des missions Apollo alors qu'elles sont mises en doute assez régulièrement (voir addenda en bas de page). Voici une des photos (peu explicites sans les flèches explicatives, il faut bien l'avouer) prises par le Lunar Reconnaissance Orbiter en juin dernier:

Et le processus de pollution lunaire continue. Vendredi 9 à 13h30 (heure de Paris), dans le cadre de la mission LCROSS, la NASA va bombarder la lune (je sais, je me répète mais ça me fait mal au cœur et à d'autres que moi aussi.) On présente ça comme un grand show à l'américaine. Pour retrouver une popularité perdue (?), la NASA copie les méthodes d'Hollywood.

C'est un symbole violent contre un vieux rêve inaccessible. C'est sans doute pour ça que l'on a parfois tellement envie de croire que l'homme n'a jamais réussi à aller sur la Lune autrement qu'en rêve...

Le voyage dans la Lune de Méliès (1902)




Addenda - Mission Apollo contestée:

http://www.youtube.com/watch?v=k2oPeXPjdRc
http://www.youtube.com/watch?v=MYLQXG_-FEM
http://www.youtube.com/watch?v=7QqFj3lMbfI
http://www.youtube.com/watch?v=ucF4qGrXwk4

lundi 5 octobre 2009

Changer la prophétie

Lue dans le numéro de Sciences et Vie d'avril 2009, une interview de Pierre-Henri Gouyon, professeur de génétique à l'Ecole polytechnique et au Museum d'Histoire naturelle de Paris, dont voici un extrait:

"De quoi êtes-vous sûr sans qu'il soit possible de le démontrer?"

"Je pense que l'espèce humaine n'a plus que quelques milliers d'années à vivre. Car elle souffre d'une tare originelle: la conscience de sa propre mort, ce qui est insupportable. De ce fait, les humains sont incapables d'actions durablement raisonnables. Et aujourd'hui, ils ont acquis les moyens suffisants pour provoquer leur propre extinction. Le XX° siècle a démenti le mythe du progrès qui voulait que la science, via l'émergence des techniques, améliore le confort humain, autorisant dès lors l'élévation de l'esprit. Quand j'ai passé mon bac, en 1970, il y avait de l'espoir et j' imaginais alors que la science était un facteur de progrès réel. En fait, une fois qu'ils ont tout, les individus se créent d'autres besoins matériels. Il semblerait qu'il n'y ait pas de moment où les humains décident d'arrêter d'exploiter tout ce qui est autour d'eux. Du coup, ils engendrent les conditions d'une non-durabilité. Mais je ne sais pas comment les humains vont disparaître. Le scénario optimiste: ils deviendraient assez riches pour ne plus faire d'enfants que par désir et descendraient au-dessous de la barre de deux enfants par femme, ce qui conduirait l'espèce vers l'extinction, sans souffrance pour les individus. Le scénario pessimiste: les conditions écologiques ne permettraient plus l'existence de cette espèce."

Lorque vous posez à un individu la question "De quoi êtes-vous sûr sans qu'il soit possible de le démontrer?", vous l'interrogez sur ses croyances. Vous ne lui demandez pas de faire une déduction, de produire un raisonnement objectif. La réponse à la question sera une perception personnelle. Une probabilité. Une prédiction si cela concerne l'avenir. Est-elle plus signifiante parce qu'elle provient de l'esprit d'un chercheur en science? C'est en tout cas une croyance réaliste, vraisemblable, une croyance subjective hypothétique mais d'apparence rationnelle. D'autant plus dangereuse peut-être, du fait de cette vraisemblance puisqu'elle sera forcément écoutée sérieusement? C'est une simple question alors que je pense au théorème du sociologue américain William Isaac Thomas (1863-1947) qui suggère que le comportement des individus est explicable par leur perception de la réalité et pas par la réalité elle-même: "If men define situations as real, they are real in their consequences". Du coup, les représentations communiquées et transmises par les médias, même fausses, ne sont pas anodines. Si elles rejoignent un réseau de de croyances similaires, elles le deviennent encore plus. La pensée de William Isaac Thomas a trouvé un écho dans les travaux de Robert King Merton (1910-2003), fondateur de la sociologie des sciences, qui a défini la prophétie auto-réalisatrice:

« (…) Les définitions collectives d’une situation (prophéties et prévisions) font partie intégrante de la situation et affectent ainsi ses développements ultérieurs. Ce fait est particulier à l’homme et ne se retrouve pas ailleurs dans la nature. Les prévisions sur le retour de la comète de Halley n’influent pas sur son orbite. Mais la rumeur de l’insolvabilité de la banque de Millingville eut une conséquence directe sur son sort. Prophétiser son effondrement suffisait à le provoquer. La prédiction créatrice débute par une définition fausse de la situation. Provoquant un comportement nouveau qui rend vraie la conception fausse à l’origine. La spécieuse véracité de la prédiction créatrice engendre une suite d’erreurs. Car le prophète arguera des événements pour montrer qu’il avait raison. » Eléments de théorie et de méthode sociologique (1957), Paris, A. Colin, p.139.

Si une modification des croyances des individus les amènent à modifier leur comportement, la prophétie peut alors devenir auto-destructrice ( « Self-defeating prophecy »), et ne pas se réaliser. C'est peut-être l'espoir que nous avons face aux scénarios catastrophes qui nous conduisent droit dans le mur (guerres de religion, pollutions anthropiques, perte de la biodiversité, extrêmismes, faillites politiques, pandémies…). Des réalités, oui, mais pourquoi les propager et les modéliser pour le futur? Un individu peut décider de stopper le flux de CNN et des autres réseaux officiels d'information. Changer de comportement, en amont orienter différemment sa pensée, c'est donc commencer par croire que c'est possible et le dire! Insuffler un peu d'optimisme dans la conscience collective peut peut-être peser sur la fin du scenario. C'est ce que fait Gunter Pauli dont nous avons parlé il y a quelques jours mais aussi Anita Sancha, environnementaliste et créatrice de dessins animés:



http://www.anitasancha.co.uk/

vendredi 2 octobre 2009

Qui aime bien vaccine peu

"Qui aime bien vaccine peu". J'emprunte cet aphorisme au site de Lina B. Moreco, réalisatrice canadienne du film Silence on vaccine qui circule beaucoup sur Internet, coproduit par l'Office National du Film Canadien et France 5 qui a diffusé ce reportage à plusieurs reprises. Ce documentaire polémique de 50 minutes environ ne nie pas l'utilité de la vaccination mais dénonce l'usage du mercure et de l'aluminium, même en quantités infimes, dans certains vaccins. Ce n'est pas simplement du "délire anti-vaccin" comme j'ai pu le lire dans certains commentaires ici ou là mais une interrogation engagée contre l'usage de composants toxiques avérés et contre la sur-vaccination, infantile en particulier, sous la pression de l'industrie pharmaceutique, grande gagnante des campagnes de vaccinations. Qui peut être encore naïf à ce sujet? Rejeter la médecine et ses progrès, non. Lui faire une confiance aveugle, non plus. On sait à quel point certains médecins acceptent de bénéficier de "gratifications" parfois substantielles de la part des laboratoires pharmaceutiques sans parler de la formation médico-pharmaceutique continue. J'insiste sur le fait que tous les médecins n'entrent pas dans ce petit jeu et conservent toute leur liberté d'action et toute leur éthique. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez en savoir plus dans le livre Main dans le sac , médecine, affaires, danger pour la santé de J.P. Kassirer et M.D. Kassirer. Le sujet est épineux, j'en ai conscience. Faire la part des choses est de plus en plus difficile à l'époque des medias de masse où l'information et ses avatars (désinformation, publicité, propagande, fausse fiction, information de diversion...) complexifient la matière à réflexion.

jeudi 1 octobre 2009

Bidoche



Le journaliste Fabrice Nicolino, qui n'est pas végétarien, a mené une enquête sur l'industrie de la viande.
Ecoutez-le, lisez-le, parcourez le blog qui présente son livre d'investigation. Vous y trouverez beaucoup d'informations essentielles qui complèteront les trois vidéos "apéritives" suivantes:






Bidoche, l'industrie de la viande menace le monde - Fabrice Nicolino - éd. Les Liens qui Libèrent - 19,95€ - 385p

mercredi 30 septembre 2009

Drôle de trame


Denis Chessoux, bien connu pour son émission écologique CO² mon amour sur France Inter (le samedi après-midi de 14h à 15h), prête sa plume dans le numéro de septembre de Terre Sauvage aux oubliés du monde moderne: la Lune, que la Nasa va bientôt bombarder (LCROSS mission); les animaux, sous-appréciés, tolérés parfois; les plantes, pulvérisées, utiles ou dépréciées. Il s'exprime sur l'anthropisation galopante qui fait de l'homme le gestionnaire du vivant. Un beau texte que j'ai plaisir à partager ici:

"Drôle de trame
Les hommes ne m'ont toujours pas décrochée mais ils ont marché sur mon corps de cendres blanches il y a quarante ans. Je faisais rêver. Je le fais toujours. Je suis une source intarissable de poèmes, un espoir de scientifiques, une rime facile pour les artistes… Vous avez même inventé le poisson gobe-lune! De mes 320 000 kilomètres, je vous observe depuis longtemps,vous bougiez peu: aujourd'hui, vous circulez tout le temps, partout. "Libre circulation des biens et des hommes!", bramez-vous… et les animaux sans ailes sont souvent bloqués. Imaginez, je suis un mâle qui appelle sa femelle, elle est en face, là sur l'autre massif, l'amour vous tend les cornes… et vous avez construit des immeubles, des autoroutes, des voies ferrées, des nationales, des corridors pour humains. Comment vais-je traverser? Je ne suis pas cascadeur, je suis un chevreuil! Alors, on gamberge, on colloquise, on grenelle et on joue drôle de trame. Conclusion: une maille verte à l'endroit, une maille verte à l'envers, c'est par là qu'il faut passer, gentil mammifère! Jolie plante, ton avenir se trame dans cette direction, on t'aménage des couloirs de vie sans pesticides en plus, ne te plains pas! On installe des cordes aux copains écureuils pour traverser les routes, des ascenseurs à poissons, des crapauducs, il ne manque plus que des pare-chocs aux hérissons. Les voyages et les migrations forment la jeunesse, mais attention! Poètes, animaux, vos papiers! Vous êtes en règle? Tramez, circulez! Ah, vous êtes un loup? Trop nombreux! On régule: 100 loups pas un de plus… Y a pas de mais, rentrez chez vous! Vous faites peur aux grands-mères et la population française vieillit. Et vous? Vous êtes un ours brun? Slovène, par-dessus le marché? On régule aussi. Fin de la migration: déjà que les ours blancs demandent l'asile politique chez Picard pour cause de réchauffement climatique… On veut bien vous faire des trames mais nous choisissons les entrants. Bon, n'étant pas encore une vieille Lune, revenez me voir si vous voulez, mais avant de vouloir pomper mon fer, titane, thorium,uranium [je vous connais], occupez-vous un peu mieux de votre Terre, de ce bijou inouï perdu dans la galaxie, de votre nature, de vos animaux, c'est votre avenir qui en dépend… avec ou sans trame!"

mardi 29 septembre 2009

Gunter Pauli - "Sometimes you have to be an emmerdeur"


Gunter Pauli est un homme d'affaire belge né à Anvers, fondateur en 1980 de l'entreprise Ecover. Il a abandonné la Belgique en même temps que la production des produits d'entretien biologiques en constatant à quel point les agents saponifères étaient responsables de la déforestation mondiale. Il déconseille, dans sa conférence au Lift ci-dessous, l'usage des produits qu'il a conçu chez Ecover. :-) Cet homme international est parti un temps vivre au Japon où il a fondé un Institut de recherche pour trouver des solutions alternatives, rentables et équitables non polluantes et créatrices d'emploi. Il s'est entouré d'une équipe de chercheurs du monde entier et a mis au point le concept "zero emission" qui donne le nom à son institut: le ZERI (Zero Emission Research Institut).

Gunter Pauli recherche une alliance improbable entre économie, conscience sociale et écologie. Il relève les défis de l'écologie avec son équipe de chercheurs en s'appuyant sur l'observation des systèmes naturels durables et en inventant à partir de ces observations des solutions pratiques à des problèmes posés par la crise écologique. Gunter Pauli est un apôtre de la pensée positive. Il est un entrepreneur tourné vers l'avenir qui sait intimement l'interconnection de toutes les formes de vie. Il n'accepte pas les dommages collatéraux qui sont institutionnalisés par le modèle économique actuel. Il remet en question l'éducation. Il remet en question des vérités qui ne sont jamais immuables.
Je vous laisse visiter le très complet site du ZERI pour comprendre combien ce type d'homme ambitieux est précieux sur Terre. Il redonne l'espoir. Illustrations et explications dans une conférence sur le bio-mimétisme organisée par Lift Conference. La conférence dure 55 minutes mais vaut réellement la peine d'être suivie intégralement.


Gunter Pauli on Biomimetism (Lift France 09, EN) from Lift Conference on Vimeo.

Un résumé en images:



Et le site pédagogique du ZERI.

Nash

Nash, la star ivoirienne montante, produit un mélange joyeux de "rap" et de zouglou music en français et langue guérée… Elle se fait le porte-parole des femmes qui sont l'avenir de l'Afrique comme chacun sait :-)

Ziés Dédjàs

vendredi 25 septembre 2009

Copenhague décembre 2009


On entend tellement parler de changement climatique que l'on s'est presque fait à l'idée... J'en entends même qui plaisante sur le sujet ou qui en font une répartie banale dans des conversations banales. Pourtant, certains êtres sur cette Terre ne font pas qu'en entendre parler: ils le vivent déjà.
Si vous avez envie d'en savoir plus sur le prochain espoir d'assister à un changement politique pour améliorer la situation climatique, vous pouvez naviguer sur le site de l'Agence européenne pour l'environnement qui se trouve précisément à Copenhague, là où se tiendra en décembre prochain le sommet de l’ONU sur le climat.
Et vous pouvez vous impliquer à ce sujet ou .
Merci!

mercredi 23 septembre 2009

Marcus



Les enfants ne sont pas des êtres adorables guiliguiliguili. Pas tous en tout cas. Ils sont les descendants du plus grand prédateur qui sévit sur Terre actuellement.
La preuve?

Dans une école londonnienne (Lydd primary school) dotée d'une ferme éducative, 14 enfants de 6 à 11 ans (membres du conseil de l'école) ont voté par 13 contre 1 la mort d'un agneau de 6 mois nommé Marcus que les 250 élèves de l'école élevaient depuis sa naissance. L'idée brillante de ces jeunes leaders est d'acheter des cochons avec l'argent obtenu après le passage à l'abattoir du jeune Marcus. Apparemment, le programme éducatif de la ferme pédagogique a surtout réussi a révéler les dons d'économistes de ces jeunes prodiges de l'éthique.
Levée de boucliers de certains parents d'élèves et de certaines célébrités actives dans la défense des droits de l'homme et de l'animal qui se soucient de la cruauté de la décision mais aussi de l'impact émotionnel de la mort de Marcus sur les enfants. Malgré tous les efforts du camp des défenseurs de l'agneau, l'école a décidé de privilégier la décision du conseil des enfants pour des raisons éducatives!
Je suggère à l'équipe pédagogique d'aller jusqu'au bout de son raisonnement et d'organiser une petite sortie scolaire à l'abattoir du coin quand Marcus sera transformé en viande à méchoui. Que les jeunes membres du conseil puissent comprendre intimement ce que signifie le mot "responsabilité". Ce serait, me semble-t-il, un excellent cours de philosophie.

mardi 22 septembre 2009

Samian

Sur les conseils de Moukmouk (merci!), je suis allée fouiner du côté du rap algonquin. C'est bien réussi, c'est sûr. J'imagine que je n'ai pas eu accès aux artistes confidentiels mais Samian, qui est bien diffusé sur la toile, est très intéressant. J'ai l'impression qu'il veut offrir l'image d'une réussite à la communauté des jeunes algonquins. Sans nier les problèmes qui existent, il refuse le défaitisme exprimé dans le documentaire de Richard Desjardins, Le Peuple invisible. Samian semble vouloir dévictimiser la jeunesse algonquine et lui redonner voix au chapitre. C'est un état d'esprit très positif qui mérite d'être signalé.



vendredi 18 septembre 2009

L'homme et l'animal

Marguerite Yourcenar, que l'on ne présente pas, fait dans cette entrevue datant de 1981 un résumé des relations de l'homme et de l'animal qui n'ont fait qu'empirer depuis lors. Elle n'avait pas encore toutes les cartes en main et semble, pour un spectateur en 2009, proposer une vision édulcorée de la situation.



Il se trouve que les relations homme-animal intéressent énormément les éditeurs actuellement. Est-ce parce qu'on aborde aujourd'hui des frontières morales avancées? Je pense en particulier à la bio-éthique. En tout cas, quelques ouvrages réellement pertinents méritent d'être signalés. Ils n'auraient sans doute pas manqué d'alimenter la réflexion de Marguerite Yourcenar.

  • Le récent livre du biologiste Yves Christen qui défend la thèse de l'individualité de l'animal en s'appuyant sur les dernières recherches scientifiques: L'animal est-il une personne ? (Flammarion, Essais, 2009). Une bonne réflexion sur la question de l'altérité qui remet en question la définition de l'humanité par la même occasion.
  • Ethique animale (Presses Universitaires de France, collection Ethique et philosophie morale, 2008), de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, qui réfléchit au statut moral des animaux, à la responsabilité de l'humanité à leur égard, à la transgression régulière de règles qui varient d'une culture à l'autre pour des raisons ludiques, économiques, gastronomiques…
  • Une approche plus exclusivement philosophique est proposée par Elisabeth de Fontenay dans Sans offenser le genre humain : Réflexions sur la cause animale (Albin Michel, 2008) qui fait suite à l'indispensable somme plus ancienne qu'est Le Silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité (Fayard, 1998).
  • Du côté américain, citons le douloureux Un éternel Treblinka (Calmann-Lévy, 2008) de Charles Patterson. La présentation du livre par l'éditeur est très complète et éloquente: "La souffrance des animaux, leur sensibilité d'êtres vivants, est un des plus vieux tabous de l'homme. Dans ce livre iconoclaste - que certains considéreront même comme scandaleux -, mais courageux et novateur, l'historien américain Charles Patterson s'intéresse au douloureux rapport entre l'homme et l'animal depuis la création du monde. Il soutient la thèse selon laquelle l'oppression des animaux sert de modèle à toute forme d'oppression et la "bestialisation" de l'opprimé obligée sur le chemin de son anéantissement. Après avoir décrit l'adoption du travail à la chaîne dans les abattoirs de Chicago, il note que Henry Ford s'en inspira pour la fabrication de ses automobiles. Ce dernier, antisémite virulent et gros contributeur au parti nazi dans les années 30, fut même remercié par Hitler dans Mein Kampf. Quelques années plus tard, on devait retrouver cette organisation du "travail" dans les camps d'extermination nazis, où des méthodes étrangement similaires furent mises en œuvre pour tétaniser les victimes, leur faire perdre leurs repères et découper en tâches simples et répétitives le meurtre de masse de façon à banaliser le geste des assassins. Un tel rapprochement est lui-même tabou, étant entendu une fois pour toutes que la Shoah est unique. Pourtant, l'auteur yiddish et prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer (qui a écrit, dans une nouvelle dont le titre de ce livre est tiré, "pour ces créatures, tous les humains sont des nazis") fut le premier à oser la comparaison entre le sort réservé aux animaux d'élevage et celui que les hommes ont fait subir à leurs semblables pendant la Shoah. S'inspirant de son combat, Patterson dénonce la façon dont l'homme s'est imposé comme "l'espèce des seigneurs", s'arrogeant le droit d'exterminer ou de réduire à l'esclavage les autres espèces, et conclut son essai par un hommage aux défenseurs de la cause animale, dont Isaac Bashevis Singer lui-même."

Il y a quantité d'autres ouvrages dans cette veine: les rapports hommes-animaux semblent titiller plus que jamais les neurones des penseurs et des lecteurs contemporains. Il faut parfois avoir le coeur bien accroché (en particulier pour Un éternel Treblinka comme vous l'avez deviné) mais il faut sans doute ce courage pour garder "les yeux ouverts", exister en pleine conscience et ne pas être en fuite concernant nos pratiques sociales et personnelles et les contingences de notre espèce.

jeudi 17 septembre 2009

Tupak Katari


L'émission Tout un monde du dimanche 14 juin dernier, rediffusée récemment sur France Culture, était focalisée sur les indiens Aymara et plus généralement les indiens de Bolivie. Comme toujours, on quitte l'antenne plus cultivé. J'ai en particulier appris l'existence de groupes de rappeurs de langue Aymara qui portent la parole de leurs origines en intégrant les instruments de musique traditionnels aux rythmes contemporains hip-hop. La musique revendicative des ghettos noirs de New York a trouvé un écho sur les plateaux andins: le brassage culturel au service de la revendication identitaire. J'ajoute entre parenthèses qu'il existe, à l'autre bout du monde, un rap tibétain beaucoup moins réussi (point de vue personnel).
France Culture citait le groupe Ukamau I Ke qui interprète ici Tupak Katari, texte en espagnol mêlé à des passages en langue Aymara:



Tupak Katari (1750-1781) est une figure historique de la révolte indienne en Bolivie contre l'occupation coloniale espagnole.


mercredi 16 septembre 2009

Chili 16 septembre 1973

Pour se souvenir de Victor Jara, le musicien martyr, assassiné par Pinochet et ses puissants alliés le 16 septembre 1973 à Santiago.



Son martyr est raconté dans la chanson du belge Julos Beaucarne, "Lettre à Kissinger":

mardi 15 septembre 2009

Tenez vos chiens en laisse


Je transmets cette information. Cette triste histoire s'est passée dans le parc de La Hulpe en Belgique. Peut-être que cela peut faire réfléchir certains "maîtres" de chiens.

vendredi 11 septembre 2009

Hubble et l'anthropocentrisme


Ah! Les fascinantes images renvoyées par les télescopes! Là où les astrophysiciens analysent des données bien mystérieuses pour ma pauvre culture scientifique, je me contente de profiter de la beauté des formes et des couleurs et je laisse aller ma réflexion à des années lumières.

Nous n'avons aucune information et aucune certitude concernant la présence d'intelligences extra-terrestres. Le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) n'a jamais reçu de bruits intentionnés venus de l'espace. Nous ne pouvons que supposer à partir d'arguments logiques la présence ou l'absence de ces autres intelligences. Le monde de l'astrophysique est divisé à ce propos. Nous sommes dans le domaine de la croyance. Mais, comme le dit le Docteur Douglas Vakoch, chercheur au SETI, "Si les personnes pensent que l'humanité possède une position privilégiée sur la terre, ils sont moins susceptibles de penser que d'autres êtres existent sur d'autres planètes" (source). Autrement dit, l'anthropocentrisme conduirait à un rétrécissement des possibles envisageables. Or, refuser d'envisager n'est-ce pas fermer d'emblée une porte que des découvertes futures pourraient ouvrir? Au XVI° siècle, la Terre est encore immobile dans la pensée commune et scientifique. L'homme est au centre de l'univers et les théories de Nicolas Copernic sont condamnées. Aujourd'hui, bien des révolutions coperniciennes sont advenues en astrophysique comme ailleurs mais l'anthropocentrisme demeure un état confortable, une croyance. Comme pour l'intelligence extra-terrestre, rien ne prouve la suprématie de l'espèce humaine sur les autres formes de vie. C'est simplement le résultat d'un jugement traditionnel bien commode qui permet à l'humanité de justifier toutes les actions engagées contre les autres espèces vivantes, le tout étant consolidé par la peur de l'environnement qui peut vite s'avérer hostile à un singe nu à la résistance et aux capacités physiques très limitées. Le pli est pris depuis longtemps et même si l'on tente de nier notre anthropocentrisme pour d'excellentes raisons éthiques, tout notre contexte culturel nous y ramène et certaines expériences en milieu naturel nous confrontent à des peurs ancestrales qui nous re-situe souvent en opposition au milieu. L'évolution technologique de l'homme n'est pas une preuve d'intelligence dans l'absolu mais une preuve d'adaptation de certains individus de l'espèce pour en compenser les manques. Il semble que cette évolution technologique exponentielle rejoue actuellement le couplet de la dichotomie antique Hybris vs Nemesis : nous allons toujours plus loin dans la démesure sans penser aux conséquences tragiques des actes vertigineux. Il n'est sans doute jamais trop tard pour redresser la barre et tenter une lutte contre nos travers anciens. Entre la toute puissance humaine et l'effrayant froid du néant identitaire, pourquoi ne chercherions-nous pas l'âme du monde, l'âme des êtres qui nous entourent en gageant que l'on peut exprimer la profondeur d'une existence autrement qu'à la mode (certes complexe) d'homo sapiens. Ce serait une voie médiane qui donnerait sa pleine justification à la dénomination binomiale de notre espèce: la rencontre de la sagesse. Mais peut-être n'est-ce que le rêve d'un esprit humain sous l'effet de la beauté des images d'un télescope spatial nommé Hubble...

jeudi 10 septembre 2009

Suzuki père et fille


Ce matin, je ne résiste pas à l'envie de partager un texte magnifique de David Suzuki, docteur en génétique, activiste écologique canadien et co-fondateur de la Fondation David Suzuki pour la protection de l'environnement. Le texte a été initialement publié dans la revue de littérature amérindienne Sur le Dos de la Tortue (n°20 d'avril 1995), une revue en ligne que je vous recommande vivement.

"Savoir qu'on appartient à un lieu" de David Suzuki

"Chaque parent connaît la réponse d'un jeune enfant lors de sa première rencontre avec une fleur ou un papillon (ou une araignée, un serpent dans notre cas). Il n'a pas de répulsion ou de dégoût -il y a attraction et fascination immédiate.
Souvent, l'enfant se précipitera pour toucher. Cette curiosité est une particularité prévisible de nos enfants. Si vous avez déjà observé un enfant jouant avec un chien ou un chat, vous avez été témoins d'une profonde expression de relations - un besoin de l'autre, de l'animal.
Cependant nous soumettons nos enfants à un lavage de cerveau avec un message très différent : avec notre arsenal d'armes chimiques pour combattre et soumettre la nature dans nos maisons et nos jardins, nous apprenons à notre jeunesse à éprouver peur et dégoût pour le monde naturel. En agissant ainsi, nous instillons un sentiment d'isolation, ou de séparation des autres êtres vivants, pour que nos enfants trouvent leur place dans un monde de fermes et de villes industrielles. Avec pour résultat la perte de notre sens d'appartenance à un lieu qui nous maintenait en harmonie avec le reste de la nature. Maintenant, libérés des contraintes, nous assaillons l'écosystème avec toutes les caractéristiques d'un cancer dans un corps physique.
De ce point de vue, nos activités habituelles, détruisant la diversité biologique sur la planète, peuvent être perçues comme l'expression d'une psychose collective : l'illusion qu'en soumettant la nature, nous "contrôlons", "améliorons" et "progressons".
Nous avons désespérément besoin d'une nouvelle compréhension de notre relation avec les autres formes de vie.
Cela est possible. Il y a quelques années, je demandai à un artiste Haida ce qui arriverait à son peuple si les grands arbres des îles de la Reine Charlotte étaient abattus. Sa réponse m'électrisa : "Je pense que nous serions comme les autres." Il poursuivit en parlant d'une manière émouvante de sa parenté avec le corbeau. La spiritualité et le sentiment de relation profonde entre la terre des autochtones et ses habitants nous offrent une réelle opportunité de soigner nos maux qui résultent de notre rupture d'avec la nature."

Je vous laisse méditer le contenu de ce texte éloquent. J'ajoute simplement, pour continuer avec cette brève présentation de David Suzuki, qu'il est le père de cette jeune fille qui a fait le tour de la webosphère:




Elle avait 12 ans. Aujourd'hui elle en a 30. Elle s'appelle Severn Cullis-Suzuki et lutte plus que jamais aujourd'hui pour une plus grande justice sociale et pour un respect du milieu naturel. La succession est assurée!

Pour compléter et terminer, une interview de David Suzuki:


mercredi 9 septembre 2009

Le camp du lièvre


Copyright: Barry Flanagan

Petit hommage à Barry Flanagan, l'artiste britannique qui a choisi son camp, celui du lièvre… Son lepocentrisme interprète métaphoriquement la figure humaine avec un humour savoureux. Dans les dunes près du Zwin à Knokke, sur la côte belge, le lièvre Hospitality est un appel à la liberté, à l'indépendance, à l'envol. J'aime aussi particulièrement le Larger Thinker on Computer, parodie du bien connu penseur de Rodin qui nous apprend un nouvel usage de l'ordinateur, cet objet qui s'est multiplié au point de devenir indispensable aux sociétés humaines contemporaines. Et si on s'asseyait un peu dessus pour réfléchir? Pourrait-on se remettre facilement à travailler ensuite devant l'écran? Du Lièvre de Mars (personnage de Lewis Carroll) au Lièvre de Vatanen (roman de l'écrivain finlandais Arto Paasilinna), le bel herbivore n'en finit pas de rompre les conventions et les barrières sociales. Est-il si difficile de le suivre?

Barry Flanagan est décédé le 31 août dernier et les lièvres sont aujourd'hui orphelins.


vendredi 21 août 2009

La résistance de l'Amaranthe


Voici quelques informations à propos d'un phénomène qui n'est pas tout à fait récent: les "superweeds" (= les super mauvaises herbes), ces plantes qui ont développé avec le temps des gènes résistants aux herbicides les plus puissants. Vous lirez avec bénéfice à ce propos l'article du site Futura-sciences intitulé "OGM: la menace des "super mauvaises herbes" s'amplifie".

Cécile Fléché, vétérinaire, ex-directrice du laboratoire de pathologie des abeilles de l'Afssa, militante d'Attac, conteuse à ses heures, fait un résumé de la situation non dénué d'un certain humour. Elle concentre son attention sur l'Amarante, l'une des principales "Superweeds" qui a la particularité de très bien résister à la sécheresse et de se reproduire excessivement bien:

"Aux États-Unis, cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont du être abandonnés par les agriculteurs et cinquante mille autres sont gravement menacés. Cette panique est due à une «mauvaise» herbe qui a décidé de s’opposer au géant Monsanto, connu pour être le plus grand prédateur de la Terre. Insolente, cette plante mutante prolifère et défie le Roundup, l’herbicide total à base de glyphosphate, auquel nulle «mauvaise herbe ne résiste».

Quand la nature reprend le dessus.

C’est en 2004, qu’un agriculteur de Macon, en Géorgie, ville située à environ 130 kilomètres d’Atlanta, remarqua que certaines pousses d’amarantes résistaient au Roundup dont il arrosait ses cultures de soja. Les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe ont été ensemencés avec des graines Roundup Ready, semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup auquel nulle «mauvaise herbe ne résiste».

Depuis cette époque, la situation s’est aggravée et le phénomène s'est étendu à d'autres états, Caroline du Sud, et du Nord, Arkansas, Tennessee et Missouri.

Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique située à Winfrith, dans le Dorset, il y aurait eu un transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Ce constat contredit les affirmations péremptoires et optimistes des défenseurs des OGM qui prétendaient et persistent à affirmer qu'une hybridation entre une plante génétiquement modifiée et une plante non-modifiée est tout simplement « impossible ».Pour le généticien britannique Brian Johnson, spécialisé dans les problèmes liés à l’agriculture : «Il suffit d’un seul croisement réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est créée, la nouvelle plante possède un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

Ainsi, un gène de résistance aux herbicides a, semble-t-il, donné naissance à une plante hybride issue d’un saut entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, devenue impossible à éliminer. La seule solution est d’arracher les mauvaises herbes à la main, comme on le faisait autrefois, mais ce n’est pas toujours possible étant donné l’étendue des cultures. En outre, ces herbes, profondément enracinées sont très difficiles à arracher et 5 000 hectares ont été tout simplement abandonnés. Nombre de cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle, d’autant que les plants OGM coûtent de plus en plus cher et la rentabilité est primordiale pour ce genre d’agriculture.

Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley, dans le Missouri, affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ces derniers temps, ce secteur représentait 80 % de son commerce.Aujourd’hui, les graines OGM ont disparu de son catalogue et la demande de graines traditionnelles augmente sans cesse.
Déjà, le 25 juillet 2005, The Guardian publiait un article de Paul Brown qui révélait que des gènes modifiés de céréales avaient transité vers des plantes sauvages, créant ainsi une «supergraine» résistante aux herbicides, croisement « nconcevable» par les scientifiques du ministère de l’environnement.

Depuis 2008, les media agricoles américains rapportent de plus en plus de cas de résistance et le gouvernement des États-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.Plante diabolique ou plante sacrée ?Il est amusant de constater que cette plante, «diabolique» aux yeux de l’agriculture génétique, est une plante sacrée pour les Incas.

Elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Chaque plante produit en moyenne 12000 graines par an, et les feuilles, plus riches en protéines que le soja, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux. Ainsi ce boomerang, renvoyé par la nature sur Monsanto, non seulement neutralise ce prédateur, mais installe dans des lieux une plante qui pourra nourrir l’humanité en cas de famine. Elle supporte la plupart des climats, aussi bien les régions sèches que les zones de mousson et les hautes terres tropicales et n’a de problèmes ni avec les insectes ni avec les maladies, donc n’aura jamais besoin de produits chimiques.Ainsi, «la marante» affronte le très puissant Monsanto, comme David s’opposa à Goliath. Et tout le monde sait comment se termina le combat, pourtant bien inégal ! Si ces phénomènes se reproduisent en quantité suffisante, ce qui semble programmé, Monsanto n’aura bientôt plus qu’à mettre la clé sous la porte.

À part ses salariés, qui plaindra vraiment cette entreprise funèbre ?"

Cette information est relayée par certains journaux américains spécialisés comme le Southeast Farm Press. Les agriculteurs du sud des Etats-Unis utilisant des semences OGM se trouvent bel et bien confrontés à la riposte végétale mise au point par Dame Nature. Les voies de l'adaptation sont impénétrables. On pourrait se réjouir avec Cécile Fléché et se délecter de ce retournement de situation si seulement il ne signifiait pas que les organismes génétiquement modifiés par l'homme ont maintenant investi la sélection "naturelle": le poison peut ainsi se propager. Les champs de coton et de soja pleins d'Amaranthe ne signifient pas que la nature a triomphé mais que la nature s'est adaptée à la pression chimique. Nuance qui ne justifie pas la plaisanterie.

Monsanto, qui ne rie pas non plus de cette imprévisible épine dans son gros pied, ne nie pas la résistance de l'Amaranthus palmeri au glyphosate si l'on en croit cette communication de la firme datant de 2005. La résistance de l'Amaranthe est en effet officiellement décelée en 2004 et confirmée par une étude scientifique l'année suivante (Culpepper, A. Stanley (2006). "Glyphosate-resistant Palmer amaranth (Amaranthus palmeri) confirmed in Georgia". Weed Science 54(4):620-626. 2006 doi: 10.1614/WS-06-001R.1).

L'adaptation végétale continue de s'étendre progressivement dans le Sud des Etats-Unis, remettant en cause l'intérêt d'utiliser les couteuses semences RoundUp Ready. Malheureusement, les limites de l'imbecillité humaine au service du profit est sans limite. Plutôt que de tirer des leçons de cette aventure, l'industrie nécro-alimentaire cherche une parade qui semble encore plus terrifiante, un super herbicide nommé Atrazine. Croisons les doigts pour que les autorités politiques résistent aux pressions des industriels!

Pour ce qui est de l'incarnation de la résistance végétale, pensons, plutôt aux multiples plantes vivaces que l'industrie nécro-alimentaire déshonore du titre de "mauvaises herbes" et regardons-les avec bienveillance. Soutenons dans nos jardins et partout où nous le pouvons les plantains, les chicorées, les véroniques, les stellaires, les coquelicots, les chiendents, les laiterons, les liserons, les tussilages, les chardons et les chénopodes... Ce sont elles, qui n'ont pas encore intégré les modifications génétiques industrielles, qui représentent la forme la plus parfaite de la résistance.