lundi 29 juin 2009

Un modèle économique à (dé)charge


Cette photo représente la plus grande décharge d'Amérique latine, Gramacho, à Rio de Janeiro, au Brésil. Elle a été prise par le photographe Marcos Prado et publiée dans son livre Jardim Gramacho, un reportage sur les conditions de vie des groupes de "catadores" qui ramassent inlassablement les déchets recyclables de la décharge monstrueuse.




Jardim Gramacho n'est qu'un exemple. Payatas, dans les faubourgs de Manille, en est une déclinaison. Partout sur la planète, des laissés-pour-compte vivent sur des terrils d'ordure, conséquences de notre système de production-consommation dément. La plus grande décharge du monde est pourtant souvent ignorée et n'abrite personne. C'est l'océan Pacifique, qui compte à certains endroits plus de particules de plastique que de plancton!







Face à cette réalité infernale, Annie Léonard, activiste environnementale américaine, coordinatrice du Funders Workgroup for Sustainable Production and Consumption, dénonce l'absurdité de notre modèle économique dans un petit film d'animation simple et efficace: The story of Stuff. Des informations que l'on sait certainement mais que l'on oublie au moment d'aller acheter son pack d'eau, la dernière fringue à la mode ou son lecteur MP3, tout comme on oublie bien vite les poubelles des banlieues des mégapoles du monde. Le tri sélectif, qui commence à s'implanter dans les moeurs occidentales, ne doit pas donner bonne conscience aux consommateurs les plus engagés dans la Green Attitude en vogue. Cela ne doit pas faire oublier les déchets en amont, les déchets de la production, souvent loin des yeux, délocalisation oblige. "Let's create something new!" crie Annie Léonard. C'est urgent! Et ne comptons pas trop sur les entreprises et les politiques pour initier le mouvement. Ils montrent tous les jours qu'ils sont passés maîtres dans l'art de verdir leurs discours et leurs pages de pub. La peinture verte n'est malheureusement bien souvent qu'un vernis, qu'une réorientation du marché dont nous ne devons pas être dupes.Tâchons de sortir du moule: à l'imagination, citoyens!

En détail, les informations et sources partagées par Annie Léonard.

vendredi 19 juin 2009

Pour les hérissons, ralentissez!


N'écrasez ni les bébés hérissons, ni leurs parents! Il suffit souvent de réduire sa vitesse et de regarder devant soi. C'est moins facile par nuit pluvieuse, je vous l'accorde. La technique de Erinaceus europaeus face au danger, c'est de se rouler en boule! C'est parfait pour dissuader certains prédateurs mais ce comportement est évidemment fatal sur la route (les piquants des hérissons ne percent malheureusement pas encore les pneus) et les conducteurs de véhicules se font les alliés de la sélection naturelle pour résuire notablement les populations de ce petit mammifère sympatique. Alors qu'il pourrait vivre jusqu'à 10 ans, le bébé hérisson a une espérance de vie de 2 ans s'il a de la chance. Comme ces petits mammifères sont plutôt favorables à l'équilibre naturel (ils croquent énormément d'insectes et de limaces et ne déclenchent pas de guerres économiques et atomiques) il serait bon de changer de comportement pour éviter de les écraser et, j'ajoute, de les empoisonner dans les jardins en utilisant les anti-limaces et autres saloperies du même style.
Merci pour eux!

mardi 16 juin 2009

lundi 15 juin 2009

la révolte

Encore une illustration des méfaits de l'ultra-libéralisme sur le continent sud-américain... Le président du Pérou Alan García Pérez, vendu aux entreprises européennes et américaines, autorise lui-aussi la dissection de la forêt amazonienne au nom des intérêts économiques de son peuple, son peuple qui l'a élu, lui, le grand corrompu. Que représentent les minorités indiennes de la forêt face aux intérêts financiers de la Démocratie qu'il défend? C'est une histoire banale aujourd'hui. Quel peuple en ce monde ne finit pas par réélire l'homme corrompu en pensant surtout aux indices boursiers et au pouvoir d'achat? C'est une recette qui marche bien en politique. En Europe y compris (inutile de citer de noms). L'acte désintéressé est en voie de disparition et la démocratie un exercice périlleux: les tentations sont grandes. Y compris celle du découragement, de la paresse citoyenne, du sentiment d'impuissance généralisé, de l'achat compulsif, de l'enfermement consenti dans le discours commun de la croissance nécessaire, sans oublier la soif de divertissements. Je pense à cette phrase de Blaise Pascal: "La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement; et cependant c’est la plus grande de nos misères, qui nous empêche principalement de songer à nous. Mais le divertissement nous préserve de l'ennui, nous amuse et nous fait arriver insensiblement à la mort" (Pensées, 527) . Paradoxe de notre espèce... Ceci n'est pas un jugement. C'est une constatation qui me concerne aussi.

Pour certains, au-delà des idéaux, des atermoiements et des aveuglements, c'est déjà aujourd'hui la révolte de la dernière chance:



ASOCIACIÓN INTERETNICA DE DESARROLLO DE LA SELVA PERUANA (AIDESEP)

Pour une solide réflexion sur la démocratie, cet intelligent article de l'auteur du blog Jardinons la Planète.

jeudi 11 juin 2009

Cacophonie marine ou Crevette Attitude


Le monde du silence est un fantasme. Chacun le sait.
En toute connaissance de cause, les sous-marins militaires (pas seulement américains) utilisent des Système Sonar Actif à haute intensité (Système de Sonar Actif à Basse Fréquence - LFAS) de nature à endommager les sonars des cétacés. Ces types de sonars sont également couramment utilisés dans l'exploration pétrolière et gazière en mer. Les membres de la Whale and Dolphin Conservation Society ont remarqué encore récemment un comportement anormal de baleines fuyant, le plus possible hors de l'eau, dans un secteur colonisé par des navires militaires en exercice. Les sonars humains peuvent provoquer de graves lésions à l'oreille interne des mammifères marins et perturber leur communication, leur reproduction, et causer leur mort par hémorragie cérébrale. L'impact de ces sonars qui continuent d'être multipliés dans le monde, pourrait affecter l'ensemble de la chaîne alimentaire marine.

Osons une comparaison. Les cétacés doivent probablement vivre ce que vivent, ont vécu (en Iraq?) ou pourraient vivre les humains victimes de l'arme dite non létale Long Range Acoustic Device (développé par American Technology Corporation) que l'on pourrait définir comme une sorte de "canon à sons". A l'origine, dans le cadre militaire, cet appareil est destiné à émettre des ondes sonores sur des longues distances pour avertir un ennemi jusqu'à 500 mètres. L'émission maximum est de 151 Db (le seuil de douleur humain étant de 120 à 140 dB).

A son niveau maximum, à distance plus courte que l'usage initialement prévu, l'appareil est capable de produire des dommages auditifs permanents sur les populations. Dans les faits, l'appareil est utilisé pour contrôler des populations civiles. A New York en août 2004, la police l'a utilisé dans le cadre d'un meeting politique. Plus récemment, en février dernier, les baleiniers japonais ont utilisé l'arme sonore contre les activistes de Sea Shepherd Conservation Society.
Le canon à sons est une parfaite arme anti-émeute… à effet non sélectif.

Ironie de la nature, pour boucler la boucle, ce qui semble poser problème aux sonars en général, qu'ils soient militaires, scientifiques, mercantiles ou même animaux j'imagine (effet non sélectif également), ce sont les populations d'Alpheus bellulus dites Crevettes pistolet (Pistol Shrimp), des crevettes de 2 cm de long reconnaissables à leur forme de homard. Pour attirer ses proies (d'autres crevettes essentiellement) la Crevette pistolet fait claquer ses pinces, induisant une impulsion de bulles à très grande vitesse et haute température. Une arme fatale et un boucan d'enfer au fond des océans… qui perturbent les sonars, tout particulièrement les sonars de l'armée. La pollution sonore des crevettes ne va (malheureusement) pas jusqu'à percer les tympans des sous-marins puisque les machines ont la chance de ne pas en avoir et que les 200 dB émis par les pinces des crustacés n'ont pas la violente portée des productions humaines.

L'expression des silencieux? La révolution des crevettes est-elle en marche? A quand l'arme anti-émeute sous-marine?



lundi 8 juin 2009

Ma petite planète chérie


Plein feu sur Ma petite planète chérie, une série de dessins animés pour les enfants et ceux qui ont su le rester qui illustre de manière simple et un peu magique les problèmes d'environnement. Nous devons ces petites perles à Jacques-Rémy Girerd, le réalisateur de La Prophétie des grenouilles et le fondateur du studio Folimage (il est né à Mars dans la Loire! Si si!).
Je vous offre mes préférés: "Mes amis les arbres" et "Le jardin des coccinelles":







Parce que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir... Tout ceci passe par l'impérieuse nécessité d'éveiller la conscience des enfants au bon sens et à la beauté de leur planète. J'en connais qui ont peur des chats et des gouttes d'eau... !!!