mercredi 30 septembre 2009

Drôle de trame


Denis Chessoux, bien connu pour son émission écologique CO² mon amour sur France Inter (le samedi après-midi de 14h à 15h), prête sa plume dans le numéro de septembre de Terre Sauvage aux oubliés du monde moderne: la Lune, que la Nasa va bientôt bombarder (LCROSS mission); les animaux, sous-appréciés, tolérés parfois; les plantes, pulvérisées, utiles ou dépréciées. Il s'exprime sur l'anthropisation galopante qui fait de l'homme le gestionnaire du vivant. Un beau texte que j'ai plaisir à partager ici:

"Drôle de trame
Les hommes ne m'ont toujours pas décrochée mais ils ont marché sur mon corps de cendres blanches il y a quarante ans. Je faisais rêver. Je le fais toujours. Je suis une source intarissable de poèmes, un espoir de scientifiques, une rime facile pour les artistes… Vous avez même inventé le poisson gobe-lune! De mes 320 000 kilomètres, je vous observe depuis longtemps,vous bougiez peu: aujourd'hui, vous circulez tout le temps, partout. "Libre circulation des biens et des hommes!", bramez-vous… et les animaux sans ailes sont souvent bloqués. Imaginez, je suis un mâle qui appelle sa femelle, elle est en face, là sur l'autre massif, l'amour vous tend les cornes… et vous avez construit des immeubles, des autoroutes, des voies ferrées, des nationales, des corridors pour humains. Comment vais-je traverser? Je ne suis pas cascadeur, je suis un chevreuil! Alors, on gamberge, on colloquise, on grenelle et on joue drôle de trame. Conclusion: une maille verte à l'endroit, une maille verte à l'envers, c'est par là qu'il faut passer, gentil mammifère! Jolie plante, ton avenir se trame dans cette direction, on t'aménage des couloirs de vie sans pesticides en plus, ne te plains pas! On installe des cordes aux copains écureuils pour traverser les routes, des ascenseurs à poissons, des crapauducs, il ne manque plus que des pare-chocs aux hérissons. Les voyages et les migrations forment la jeunesse, mais attention! Poètes, animaux, vos papiers! Vous êtes en règle? Tramez, circulez! Ah, vous êtes un loup? Trop nombreux! On régule: 100 loups pas un de plus… Y a pas de mais, rentrez chez vous! Vous faites peur aux grands-mères et la population française vieillit. Et vous? Vous êtes un ours brun? Slovène, par-dessus le marché? On régule aussi. Fin de la migration: déjà que les ours blancs demandent l'asile politique chez Picard pour cause de réchauffement climatique… On veut bien vous faire des trames mais nous choisissons les entrants. Bon, n'étant pas encore une vieille Lune, revenez me voir si vous voulez, mais avant de vouloir pomper mon fer, titane, thorium,uranium [je vous connais], occupez-vous un peu mieux de votre Terre, de ce bijou inouï perdu dans la galaxie, de votre nature, de vos animaux, c'est votre avenir qui en dépend… avec ou sans trame!"

mardi 29 septembre 2009

Gunter Pauli - "Sometimes you have to be an emmerdeur"


Gunter Pauli est un homme d'affaire belge né à Anvers, fondateur en 1980 de l'entreprise Ecover. Il a abandonné la Belgique en même temps que la production des produits d'entretien biologiques en constatant à quel point les agents saponifères étaient responsables de la déforestation mondiale. Il déconseille, dans sa conférence au Lift ci-dessous, l'usage des produits qu'il a conçu chez Ecover. :-) Cet homme international est parti un temps vivre au Japon où il a fondé un Institut de recherche pour trouver des solutions alternatives, rentables et équitables non polluantes et créatrices d'emploi. Il s'est entouré d'une équipe de chercheurs du monde entier et a mis au point le concept "zero emission" qui donne le nom à son institut: le ZERI (Zero Emission Research Institut).

Gunter Pauli recherche une alliance improbable entre économie, conscience sociale et écologie. Il relève les défis de l'écologie avec son équipe de chercheurs en s'appuyant sur l'observation des systèmes naturels durables et en inventant à partir de ces observations des solutions pratiques à des problèmes posés par la crise écologique. Gunter Pauli est un apôtre de la pensée positive. Il est un entrepreneur tourné vers l'avenir qui sait intimement l'interconnection de toutes les formes de vie. Il n'accepte pas les dommages collatéraux qui sont institutionnalisés par le modèle économique actuel. Il remet en question l'éducation. Il remet en question des vérités qui ne sont jamais immuables.
Je vous laisse visiter le très complet site du ZERI pour comprendre combien ce type d'homme ambitieux est précieux sur Terre. Il redonne l'espoir. Illustrations et explications dans une conférence sur le bio-mimétisme organisée par Lift Conference. La conférence dure 55 minutes mais vaut réellement la peine d'être suivie intégralement.


Gunter Pauli on Biomimetism (Lift France 09, EN) from Lift Conference on Vimeo.

Un résumé en images:



Et le site pédagogique du ZERI.

Nash

Nash, la star ivoirienne montante, produit un mélange joyeux de "rap" et de zouglou music en français et langue guérée… Elle se fait le porte-parole des femmes qui sont l'avenir de l'Afrique comme chacun sait :-)

Ziés Dédjàs

vendredi 25 septembre 2009

Copenhague décembre 2009


On entend tellement parler de changement climatique que l'on s'est presque fait à l'idée... J'en entends même qui plaisante sur le sujet ou qui en font une répartie banale dans des conversations banales. Pourtant, certains êtres sur cette Terre ne font pas qu'en entendre parler: ils le vivent déjà.
Si vous avez envie d'en savoir plus sur le prochain espoir d'assister à un changement politique pour améliorer la situation climatique, vous pouvez naviguer sur le site de l'Agence européenne pour l'environnement qui se trouve précisément à Copenhague, là où se tiendra en décembre prochain le sommet de l’ONU sur le climat.
Et vous pouvez vous impliquer à ce sujet ou .
Merci!

mercredi 23 septembre 2009

Marcus



Les enfants ne sont pas des êtres adorables guiliguiliguili. Pas tous en tout cas. Ils sont les descendants du plus grand prédateur qui sévit sur Terre actuellement.
La preuve?

Dans une école londonnienne (Lydd primary school) dotée d'une ferme éducative, 14 enfants de 6 à 11 ans (membres du conseil de l'école) ont voté par 13 contre 1 la mort d'un agneau de 6 mois nommé Marcus que les 250 élèves de l'école élevaient depuis sa naissance. L'idée brillante de ces jeunes leaders est d'acheter des cochons avec l'argent obtenu après le passage à l'abattoir du jeune Marcus. Apparemment, le programme éducatif de la ferme pédagogique a surtout réussi a révéler les dons d'économistes de ces jeunes prodiges de l'éthique.
Levée de boucliers de certains parents d'élèves et de certaines célébrités actives dans la défense des droits de l'homme et de l'animal qui se soucient de la cruauté de la décision mais aussi de l'impact émotionnel de la mort de Marcus sur les enfants. Malgré tous les efforts du camp des défenseurs de l'agneau, l'école a décidé de privilégier la décision du conseil des enfants pour des raisons éducatives!
Je suggère à l'équipe pédagogique d'aller jusqu'au bout de son raisonnement et d'organiser une petite sortie scolaire à l'abattoir du coin quand Marcus sera transformé en viande à méchoui. Que les jeunes membres du conseil puissent comprendre intimement ce que signifie le mot "responsabilité". Ce serait, me semble-t-il, un excellent cours de philosophie.

mardi 22 septembre 2009

Samian

Sur les conseils de Moukmouk (merci!), je suis allée fouiner du côté du rap algonquin. C'est bien réussi, c'est sûr. J'imagine que je n'ai pas eu accès aux artistes confidentiels mais Samian, qui est bien diffusé sur la toile, est très intéressant. J'ai l'impression qu'il veut offrir l'image d'une réussite à la communauté des jeunes algonquins. Sans nier les problèmes qui existent, il refuse le défaitisme exprimé dans le documentaire de Richard Desjardins, Le Peuple invisible. Samian semble vouloir dévictimiser la jeunesse algonquine et lui redonner voix au chapitre. C'est un état d'esprit très positif qui mérite d'être signalé.



vendredi 18 septembre 2009

L'homme et l'animal

Marguerite Yourcenar, que l'on ne présente pas, fait dans cette entrevue datant de 1981 un résumé des relations de l'homme et de l'animal qui n'ont fait qu'empirer depuis lors. Elle n'avait pas encore toutes les cartes en main et semble, pour un spectateur en 2009, proposer une vision édulcorée de la situation.



Il se trouve que les relations homme-animal intéressent énormément les éditeurs actuellement. Est-ce parce qu'on aborde aujourd'hui des frontières morales avancées? Je pense en particulier à la bio-éthique. En tout cas, quelques ouvrages réellement pertinents méritent d'être signalés. Ils n'auraient sans doute pas manqué d'alimenter la réflexion de Marguerite Yourcenar.

  • Le récent livre du biologiste Yves Christen qui défend la thèse de l'individualité de l'animal en s'appuyant sur les dernières recherches scientifiques: L'animal est-il une personne ? (Flammarion, Essais, 2009). Une bonne réflexion sur la question de l'altérité qui remet en question la définition de l'humanité par la même occasion.
  • Ethique animale (Presses Universitaires de France, collection Ethique et philosophie morale, 2008), de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, qui réfléchit au statut moral des animaux, à la responsabilité de l'humanité à leur égard, à la transgression régulière de règles qui varient d'une culture à l'autre pour des raisons ludiques, économiques, gastronomiques…
  • Une approche plus exclusivement philosophique est proposée par Elisabeth de Fontenay dans Sans offenser le genre humain : Réflexions sur la cause animale (Albin Michel, 2008) qui fait suite à l'indispensable somme plus ancienne qu'est Le Silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité (Fayard, 1998).
  • Du côté américain, citons le douloureux Un éternel Treblinka (Calmann-Lévy, 2008) de Charles Patterson. La présentation du livre par l'éditeur est très complète et éloquente: "La souffrance des animaux, leur sensibilité d'êtres vivants, est un des plus vieux tabous de l'homme. Dans ce livre iconoclaste - que certains considéreront même comme scandaleux -, mais courageux et novateur, l'historien américain Charles Patterson s'intéresse au douloureux rapport entre l'homme et l'animal depuis la création du monde. Il soutient la thèse selon laquelle l'oppression des animaux sert de modèle à toute forme d'oppression et la "bestialisation" de l'opprimé obligée sur le chemin de son anéantissement. Après avoir décrit l'adoption du travail à la chaîne dans les abattoirs de Chicago, il note que Henry Ford s'en inspira pour la fabrication de ses automobiles. Ce dernier, antisémite virulent et gros contributeur au parti nazi dans les années 30, fut même remercié par Hitler dans Mein Kampf. Quelques années plus tard, on devait retrouver cette organisation du "travail" dans les camps d'extermination nazis, où des méthodes étrangement similaires furent mises en œuvre pour tétaniser les victimes, leur faire perdre leurs repères et découper en tâches simples et répétitives le meurtre de masse de façon à banaliser le geste des assassins. Un tel rapprochement est lui-même tabou, étant entendu une fois pour toutes que la Shoah est unique. Pourtant, l'auteur yiddish et prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer (qui a écrit, dans une nouvelle dont le titre de ce livre est tiré, "pour ces créatures, tous les humains sont des nazis") fut le premier à oser la comparaison entre le sort réservé aux animaux d'élevage et celui que les hommes ont fait subir à leurs semblables pendant la Shoah. S'inspirant de son combat, Patterson dénonce la façon dont l'homme s'est imposé comme "l'espèce des seigneurs", s'arrogeant le droit d'exterminer ou de réduire à l'esclavage les autres espèces, et conclut son essai par un hommage aux défenseurs de la cause animale, dont Isaac Bashevis Singer lui-même."

Il y a quantité d'autres ouvrages dans cette veine: les rapports hommes-animaux semblent titiller plus que jamais les neurones des penseurs et des lecteurs contemporains. Il faut parfois avoir le coeur bien accroché (en particulier pour Un éternel Treblinka comme vous l'avez deviné) mais il faut sans doute ce courage pour garder "les yeux ouverts", exister en pleine conscience et ne pas être en fuite concernant nos pratiques sociales et personnelles et les contingences de notre espèce.

jeudi 17 septembre 2009

Tupak Katari


L'émission Tout un monde du dimanche 14 juin dernier, rediffusée récemment sur France Culture, était focalisée sur les indiens Aymara et plus généralement les indiens de Bolivie. Comme toujours, on quitte l'antenne plus cultivé. J'ai en particulier appris l'existence de groupes de rappeurs de langue Aymara qui portent la parole de leurs origines en intégrant les instruments de musique traditionnels aux rythmes contemporains hip-hop. La musique revendicative des ghettos noirs de New York a trouvé un écho sur les plateaux andins: le brassage culturel au service de la revendication identitaire. J'ajoute entre parenthèses qu'il existe, à l'autre bout du monde, un rap tibétain beaucoup moins réussi (point de vue personnel).
France Culture citait le groupe Ukamau I Ke qui interprète ici Tupak Katari, texte en espagnol mêlé à des passages en langue Aymara:



Tupak Katari (1750-1781) est une figure historique de la révolte indienne en Bolivie contre l'occupation coloniale espagnole.


mercredi 16 septembre 2009

Chili 16 septembre 1973

Pour se souvenir de Victor Jara, le musicien martyr, assassiné par Pinochet et ses puissants alliés le 16 septembre 1973 à Santiago.



Son martyr est raconté dans la chanson du belge Julos Beaucarne, "Lettre à Kissinger":

mardi 15 septembre 2009

Tenez vos chiens en laisse


Je transmets cette information. Cette triste histoire s'est passée dans le parc de La Hulpe en Belgique. Peut-être que cela peut faire réfléchir certains "maîtres" de chiens.

vendredi 11 septembre 2009

Hubble et l'anthropocentrisme


Ah! Les fascinantes images renvoyées par les télescopes! Là où les astrophysiciens analysent des données bien mystérieuses pour ma pauvre culture scientifique, je me contente de profiter de la beauté des formes et des couleurs et je laisse aller ma réflexion à des années lumières.

Nous n'avons aucune information et aucune certitude concernant la présence d'intelligences extra-terrestres. Le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) n'a jamais reçu de bruits intentionnés venus de l'espace. Nous ne pouvons que supposer à partir d'arguments logiques la présence ou l'absence de ces autres intelligences. Le monde de l'astrophysique est divisé à ce propos. Nous sommes dans le domaine de la croyance. Mais, comme le dit le Docteur Douglas Vakoch, chercheur au SETI, "Si les personnes pensent que l'humanité possède une position privilégiée sur la terre, ils sont moins susceptibles de penser que d'autres êtres existent sur d'autres planètes" (source). Autrement dit, l'anthropocentrisme conduirait à un rétrécissement des possibles envisageables. Or, refuser d'envisager n'est-ce pas fermer d'emblée une porte que des découvertes futures pourraient ouvrir? Au XVI° siècle, la Terre est encore immobile dans la pensée commune et scientifique. L'homme est au centre de l'univers et les théories de Nicolas Copernic sont condamnées. Aujourd'hui, bien des révolutions coperniciennes sont advenues en astrophysique comme ailleurs mais l'anthropocentrisme demeure un état confortable, une croyance. Comme pour l'intelligence extra-terrestre, rien ne prouve la suprématie de l'espèce humaine sur les autres formes de vie. C'est simplement le résultat d'un jugement traditionnel bien commode qui permet à l'humanité de justifier toutes les actions engagées contre les autres espèces vivantes, le tout étant consolidé par la peur de l'environnement qui peut vite s'avérer hostile à un singe nu à la résistance et aux capacités physiques très limitées. Le pli est pris depuis longtemps et même si l'on tente de nier notre anthropocentrisme pour d'excellentes raisons éthiques, tout notre contexte culturel nous y ramène et certaines expériences en milieu naturel nous confrontent à des peurs ancestrales qui nous re-situe souvent en opposition au milieu. L'évolution technologique de l'homme n'est pas une preuve d'intelligence dans l'absolu mais une preuve d'adaptation de certains individus de l'espèce pour en compenser les manques. Il semble que cette évolution technologique exponentielle rejoue actuellement le couplet de la dichotomie antique Hybris vs Nemesis : nous allons toujours plus loin dans la démesure sans penser aux conséquences tragiques des actes vertigineux. Il n'est sans doute jamais trop tard pour redresser la barre et tenter une lutte contre nos travers anciens. Entre la toute puissance humaine et l'effrayant froid du néant identitaire, pourquoi ne chercherions-nous pas l'âme du monde, l'âme des êtres qui nous entourent en gageant que l'on peut exprimer la profondeur d'une existence autrement qu'à la mode (certes complexe) d'homo sapiens. Ce serait une voie médiane qui donnerait sa pleine justification à la dénomination binomiale de notre espèce: la rencontre de la sagesse. Mais peut-être n'est-ce que le rêve d'un esprit humain sous l'effet de la beauté des images d'un télescope spatial nommé Hubble...

jeudi 10 septembre 2009

Suzuki père et fille


Ce matin, je ne résiste pas à l'envie de partager un texte magnifique de David Suzuki, docteur en génétique, activiste écologique canadien et co-fondateur de la Fondation David Suzuki pour la protection de l'environnement. Le texte a été initialement publié dans la revue de littérature amérindienne Sur le Dos de la Tortue (n°20 d'avril 1995), une revue en ligne que je vous recommande vivement.

"Savoir qu'on appartient à un lieu" de David Suzuki

"Chaque parent connaît la réponse d'un jeune enfant lors de sa première rencontre avec une fleur ou un papillon (ou une araignée, un serpent dans notre cas). Il n'a pas de répulsion ou de dégoût -il y a attraction et fascination immédiate.
Souvent, l'enfant se précipitera pour toucher. Cette curiosité est une particularité prévisible de nos enfants. Si vous avez déjà observé un enfant jouant avec un chien ou un chat, vous avez été témoins d'une profonde expression de relations - un besoin de l'autre, de l'animal.
Cependant nous soumettons nos enfants à un lavage de cerveau avec un message très différent : avec notre arsenal d'armes chimiques pour combattre et soumettre la nature dans nos maisons et nos jardins, nous apprenons à notre jeunesse à éprouver peur et dégoût pour le monde naturel. En agissant ainsi, nous instillons un sentiment d'isolation, ou de séparation des autres êtres vivants, pour que nos enfants trouvent leur place dans un monde de fermes et de villes industrielles. Avec pour résultat la perte de notre sens d'appartenance à un lieu qui nous maintenait en harmonie avec le reste de la nature. Maintenant, libérés des contraintes, nous assaillons l'écosystème avec toutes les caractéristiques d'un cancer dans un corps physique.
De ce point de vue, nos activités habituelles, détruisant la diversité biologique sur la planète, peuvent être perçues comme l'expression d'une psychose collective : l'illusion qu'en soumettant la nature, nous "contrôlons", "améliorons" et "progressons".
Nous avons désespérément besoin d'une nouvelle compréhension de notre relation avec les autres formes de vie.
Cela est possible. Il y a quelques années, je demandai à un artiste Haida ce qui arriverait à son peuple si les grands arbres des îles de la Reine Charlotte étaient abattus. Sa réponse m'électrisa : "Je pense que nous serions comme les autres." Il poursuivit en parlant d'une manière émouvante de sa parenté avec le corbeau. La spiritualité et le sentiment de relation profonde entre la terre des autochtones et ses habitants nous offrent une réelle opportunité de soigner nos maux qui résultent de notre rupture d'avec la nature."

Je vous laisse méditer le contenu de ce texte éloquent. J'ajoute simplement, pour continuer avec cette brève présentation de David Suzuki, qu'il est le père de cette jeune fille qui a fait le tour de la webosphère:




Elle avait 12 ans. Aujourd'hui elle en a 30. Elle s'appelle Severn Cullis-Suzuki et lutte plus que jamais aujourd'hui pour une plus grande justice sociale et pour un respect du milieu naturel. La succession est assurée!

Pour compléter et terminer, une interview de David Suzuki:


mercredi 9 septembre 2009

Le camp du lièvre


Copyright: Barry Flanagan

Petit hommage à Barry Flanagan, l'artiste britannique qui a choisi son camp, celui du lièvre… Son lepocentrisme interprète métaphoriquement la figure humaine avec un humour savoureux. Dans les dunes près du Zwin à Knokke, sur la côte belge, le lièvre Hospitality est un appel à la liberté, à l'indépendance, à l'envol. J'aime aussi particulièrement le Larger Thinker on Computer, parodie du bien connu penseur de Rodin qui nous apprend un nouvel usage de l'ordinateur, cet objet qui s'est multiplié au point de devenir indispensable aux sociétés humaines contemporaines. Et si on s'asseyait un peu dessus pour réfléchir? Pourrait-on se remettre facilement à travailler ensuite devant l'écran? Du Lièvre de Mars (personnage de Lewis Carroll) au Lièvre de Vatanen (roman de l'écrivain finlandais Arto Paasilinna), le bel herbivore n'en finit pas de rompre les conventions et les barrières sociales. Est-il si difficile de le suivre?

Barry Flanagan est décédé le 31 août dernier et les lièvres sont aujourd'hui orphelins.