mercredi 21 avril 2010


Pour compléter mon post sur l'Eyjafjöll, il me paraît intéressant de citer ici l'analyse d'un lecteur du Monde, Maxime de Blasi, qui révèle l'étonnante et peut-être effrayante réorganisation de l'ordre naturel du monde qui a suggéré au prix Nobel de chimie néerlandais Paul Josef Crutzen la définition d'une nouvelle ère géologique: l'ère anthropocène, débutée avec la Révolution industrielle vers 1850. L'influence de l'homme sur l'écosphère se révèle parfaitement dans cette colère du volcan islandais Eyjafjöll.

"Cendres du volcan : révélatrices d’une humanité sous serre ? - 20/04/2010 - Maxime de Blasi

Le nuage de cendres qui recouvre l'Europe occidentale, pour invisible à l'œil humain qu'il soit, n'en n'a pas moins, on le constate, des conséquences très importantes en pratique. Dans ce qui suit, c'est ce qu'il reflète de notre civilisation dans son rapport à la nature qui retiendra notre attention.
Où l'on voit en effet que de fines particules pareilles à des grains de sable enrayent une mécanique logistique et organisationnelle bien huilée. La stupeur face à la désorganisation est totale, proportionnelle au caractère évident d'une organisation humaine qui était si quotidienne qu'elle nous en était devenue naturelle.
Plus de 90% des transports de marchandises s'effectuant par voie maritime, par conséquent, même dans le cas d'un épisode nuageux durable la désorganisation ne saurait être que temporaire et limitée au secteur du tourisme, beaucoup parmi les déplacements professionnels pouvant être supplantés par de la visioconférence.
Toutefois, cette crise est importante pour ce qu'elle révèle de nos sociétés en montrant que ce que l'on qualifiait autrefois de nature, c'est-à-dire l'ordre naturel des choses, est aujourd'hui devenu l'organisation voulue et pensée par l'Homme.
En effet, les sociétés humaines ne peuvent aujourd'hui se penser que dans le cadre de la logistique des transports et des échanges internationaux, car elles sont organisées en conséquence : la superstructure des échanges est tout aussi structurante pour nos vies que pouvaient l'être par le passé la position géographique, le climat et le relief. A quoi a-t-on en effet assisté au cours du dernier siècle ? A un affranchissement progressif et continu de l'Homme à son territoire : tout ou presque peut désormais être entrepris à tout endroit du globe, à la faveur des possibilités matérielles et immatérielles d'échanges permettant de s'approvisionner, d'un clic de souris. A la limite, même les échanges matériels se sont en quelque sorte dématérialisés tant ils semblent s'être affranchis des contingences matérielles de par leur prévisibilité et leur instantanéité.
Ainsi, tous les jours la production à flux tendu, à la fois cause et conséquence de la mondialisation, tisse autour de nous, et avec nous, une toile élastique qui s'adapte continuellement aux conditions mais qui, toujours tendue à l'extrême, est constamment sur le point de rompre en cas de survenance de conditions particulières qui agissent comme une force de rappel.
C'est pourquoi paradoxalement lorsque surviennent des épisodes météorologiques ou sismiques qui, de par leur importance, rompent cet équilibre devenu pour nous "naturel" des choses, ces manifestations de la nature ne nous en apparaissent par contraste que davantage "sur-naturelles" et donc, par extension, "surnaturelles". Etrange retournement contemporain des valeurs, caractéristique de l'ère de l'anthropocène, où la nature, définie comme le cadre physique dans lequel s'inscrivent les actions humaines, voit ses manifestations interprétées au rang du surnaturel.
Gageons qu'une fois cet évènement passé tout reviendra à la normale tant, dans notre vision nécessairement parcellaire des choses -lequel d'entre nous est en capacité aujourd'hui d'embrasser la complexité des échanges, en retraçant par exemple le parcours du produit qu'il consomme, des mines de bauxite australiennes en passant par les ateliers chinois, jusqu'aux porte-containers prenant l'embouchure du port de Rotterdam ? -, l'environnement et les conditions qu'il nous impose est devenu, en temps normal lorsqu'il est silencieux, une variable secondaire. Par surcroit, désarmé à titre individuel face à cette logique dont il pâtît et bénéficie tout à la fois, l'individu ne trouve pas, pour le moment, de relais politique à ses aspirations visant à un meilleur respect de l'environnement au vu notamment de l'échec des négociations internationales sur le changement climatique.
C'est ainsi qu'à l'image de ces rangées infinies de plants poussant hors-sol quelles que soient les conditions climatiques dans les serres bataves, l'humanité poursuit à bon rythme de croisière sa marche vers la désincarnation et la technicisation de sa relation à la nature. Et en creux, cet évènement épisodique montre comment en temps "normal" l'humanité se vit de façon croissante sur cette planète comme sous une serre."

mardi 20 avril 2010

Nénette


Nicolas Philibert vient de sortir un film original: Nénette.

Nénette est née en 1969 dans une forêt de Bornéo. C'est une vieille dame rousse en captivité depuis plus de 37 ans, prisonnière d'une cage vitrée du Jardin des plantes à Paris. Nénette est un orang-outan. Nénette a eu des enfants en captivité. L'un d'eux, Tübo, vit toujours avec elle. Elle prend la pilule pour ne pas avoir d'enfants avec lui. Ces deux là partagent leur espace avec Théodora et Tamü. Des quatre singes, seule Nénette est née dans son milieu naturel. Elle connait autre chose que le milieu carcéral. Est-ce la raison de sa différence?
La caméra de Nicolas Philibert capte le regard de Nénette posé sur les millions de visiteurs anonymes qui circulent devant sa cage. La bande son révèle les réactions verbales de quelques inconnus. De ses soigneurs aussi. Une réflexion sur l'altérité. Une rencontre inter-spéciste. Un changement de point de vue. A travers les commentaires des badauds, une salutaire mise en scène de l'anthropomorphisme humain, de l'humour face à une situation triste, au fond. Une expérience troublante.







lundi 19 avril 2010

Eyjafjöll


La Terre est d'humeur sombre en Islande et ailleurs.

Ne retenir que la paralysie des transports aériens est une aberration, une de plus. Les Islandais, qui vivent sur une chaîne de volcans sous-marins à l'activité intense, ont d'autres raisons de s'inquiéter. Les cendres continuent à assombrir le ciel de leur "terre de glace"et, près de l'Eyjafjöll qui suscite la grogne des compagnies aériennes, le Katla, volcan bien plus puissant, est surveillé de près par les vulcanologues. La tradition veut que le Katla se réveille peu après l'Eyjafjöll.

Finalement, l'homme ne contrôle pas grand chose lorsque la Terre s'ébroue.

mercredi 14 avril 2010

L'arbre de la paix

"L'arbre du silence porte les fruits de la paix." (Proverbe arabe)




L'abre de la musique aussi. Nous devons celui-ci à Steve Heitzeg, compositeur américain, militant pour "la co-existence pacifique entre toutes les espèces à travers la musique."


“We are all native to the earth and this is the origin of music — chords of humanity, animal chants, oceanic and aquatic arias, mountainous percussion, insect inventions, passacaglias of plants, symphonies of sky. Each solitary and individualistic spirit and being is a sustaining note in this life, this music.” Steve Heitzeg








Björk - Nature Is Ancient
envoyé par Bjork. - Regardez la dernière sélection musicale.

jeudi 18 mars 2010

l'animal, l'autre, le frère


Copyright: Joe Zammit-Lucia


Copyright: Joe Zammit-Lucia


Joe Zammit-Lucia est un photographe britannique qui interroge, à travers ses portraits d'animaux, la condition humaine en lien avec la condition animale. Une entreprise intelligente, dérangeante et nécessaire qu'il explique très clairement:

"In a world obsessed with 'fact', science and analysis, the animal is reduced to an object - a set of describable characteristics. As a result, our thinking has become narrow, superficial and objectifying […]. We delude ourselves that, in describing, we know and understand.
My aim is to use images - and texts - to break out of this superficial reductionism. We do not know. We can never know. But we can try to feel. We can try to re-define our relationship with animals beyond the merely factual to include the emotional, the sensuous and the mystical.
Ultimately, my interest is in exploring how these images affect our cultural perception of animals and the impact on our deeper relationship with these 'unlike others'. I believe that our relationship with those that are unlike us define what we are as human beings. It is how we define ourselves in relation to these animals that will ultimately determine whether we continue to share this world with them or whether we will sweep them aside to make way for our ever-growing, useless consumption."

"Dans un monde obsédé par le "fait", la science et l'analyse, l'animal est réduit à un objet - un ensemble de caractéristiques descriptibles. Par conséquent, notre façon de penser est devenu étroite, superficielle et objectivante [...]. Nous nous imaginons que, en décrivant, nous connaissons et nous comprenons.Mon but est d'utiliser des images - et des textes - pour sortir de ce réductionnisme superficiel. Nous ne savons pas. Nous ne pouvons pas savoir. Mais nous pouvons essayer de sentir. Nous pouvons essayer de redéfinir notre relation au-delà du factuel pour inclure l'émotionnel, le sensible et le mystique. En fin de compte, mon intérêt est d'explorer comment ces images affectent notre perception culturelle des animaux et l'impact sur notre relation plus profonde avec ces «contraires aux autres». Je crois que notre relation avec ceux qui sont différents de nous définit ce que nous sommes en tant qu'êtres humains. C'est comment nous nous définissons nous-mêmes par rapport à ces animaux qui déterminera finalement si nous continuons à partager ce monde avec eux ou si nous allons les balayer de côté pour faire place à notre toujours croissante et inutile consommation."


Repenser l'animal et ce qu'on appelle le propre de l'homme est une des grandes ouvertures intellectuelles et éthiques de ce temps. C'est, à mon sens, l'annonce d'un grand pas dans l'évolution de l'humanité, une promesse de respect et d'empathie pour mettre en question les rapports mécaniques, économiques et brutaux hérités de Descartes qui sont aujourd'hui la règle dans les sociétés humaines à l'égard du monde animal. Un espoir.

Ressources intéressantes:
Oxford Center for Animal Ethics
Université de Limoges, Observatoire des mutations institutionnelles et juridiques, Revue Semestrielle de droit animalier.
http://animalethics.blogspot.com/
BBC Animal Ethics Guide

mardi 16 mars 2010

adaptation


Copyright

A méditer, ce texte du docteur en biochimie Philippe Roch, extrait de La nature, source spirituelle (éditions Jouvence, 2009):


"Le poids des 10 millions de milliards de fourmis qui vivent sur le planète est équivalent au poids des humains. Elles mangent autant et déplacent des montagnes, mais elles ne laissent aucun déchet qui ne soit immédiatement absorbé par la nature. Les fourmis ont un énorme impact écologique. Elles déplacent jusqu'à 10 tonnes de terre par hectare et par an. Une seule colonie de formica polyctena mange 155 litres de miellat et 6 millions d'insectes en quelques mois. Une reine peut vivre jusqu'à 28 ans et donner naissance à 150 millions d'ouvrières, dont 2 à 3 millions vivent simultanément. Comment se fait-il que nos cousines aient développé une activité économique mondialisée, d'une dimension équivalente à celle des humains, sans qu'elle aboutisse aux destructions qui caractérisent la civilisation industrielle? J'y vois trois raisons:

  • les fourmis n'exterminent jamais une autre espèce et ne désertifient aucun territoire;
  • la nature recycle à 100%, principalement en humus fertile, tous les produits de l'activité des fourmis;
  • la vie foisonnante des fourmis s'inscrit dans des cycles sans croissance globale, l'énergie solaire suffisant à compenser l'entropie.


Les fourmis modernes vivent depuis 50 millions d'années, les humains modernes depuis 500 000 ans. Il est probable que les êtres humains, leurs cultures et leurs confitures n'auront été qu'un bref épisode dans l'histoire des fourmis qui seront toujours là dans 50 millions d'années. L'homme est la seule espèce qui détruit des écosystèmes et fait disparaître des espèces en grand nombre, et qui produit des déchets chimiques et nucléaires qu'il faudrait isoler de la nature car ils sont toxiques pour les êtres vivants sur de longues années."

lundi 15 mars 2010

"Le poète a toujours raison"



Samedi dernier est mort Jean Ferrat.

C'est une grande tristesse que j'exprime, pleine de souvenirs et de symboles personnels, une tristesse largement partagée, face à la disparition de celui qui incarnait les valeurs humanistes et l'intransigeance morale dans la chanson française depuis les années 60 jusqu'en 2003, date de sa dernière intervention publique. Il s'est engagé à propos de bon nombre d'événements historiques et sociaux du XX° siècle: la Guerre d'Espagne ("Federico Garcia"), la lutte féministe ("Le poète a toujours raison"), mai 68 ("Au printemps de quoi rêvais-tu"), la dénonciation du stalinisme ("Le Bilan"), la guerre du Vietnam et le colonialisme ("Un air de liberté"), les non-alternatives politiques ("Dans la jungle ou dans le zoo")… Certaines de ses chansons ont été censurées. "Nuit et Brouillard" (1963) sera tout d'abord diffusée sous le manteau et continuera d'être un sujet polémique longtemps après. Sa chanson "Ma France" (1968) sera quant à elle interdite d'antenne pendant deux ans:



La tristesse s'exprime aussi au souvenir du grand interprète d'Aragon mais aussi du grand poète qu'il était lui-même, au plus près de l'émotion:




Ma dernière tristesse est peut-être que soit mort à l'hôpital, comme c'est devenu la règle en France, celui qui chantait:

"Je voudrais mourir debout, dans un champ, au soleil,
Non dans un lit aux draps froissés,
A l'ombre close des volets,
Par où ne vient plus une abeille,
Une abeille ... "

jeudi 25 février 2010

les petits bonheurs


Copyright - Hiroshige

Le bonheur est dans la liste. En tout cas, il peut l'être ponctuellement, puisque la liste focalise l'esprit sur des instants, des expériences, des états, des objets, des situations remarquables. Des tas de gens font des tas de listes de bonheurs. Certains les partagent comme des sourires:

"Ma grand mère et le gant de toilette imbibé d'eau de Cologne posé sur mon front lorsque j'étais malade
L'odeur du soleil sur la peau
Mon premier rouleau de réglisse
Les étoiles dans le désert du Negev
Mes polos marins
Ne jamais dormir seule
Ma pipe que je rallume au moins 3 fois
Un bon vieux vin partagé entre amis
Le hululement de la chouette près de la maison
Mon lit
Un appareil photo
Franck et Vautrin
Le requiem de Mozart"


Pour d'autres, les listes sont élaborées, bichonnées, décorées...

Personnellement, j'aime beaucoup la "liste des petits bonheurs certains" trouvée sur le blog Switchie 2, un blog extrêmement émouvant, by the way, traces d'un homme atteint d'alzheimer.
J'aime bien aussi sa liste des "j''aimerais" même si elle est très chargée de regrets. Sans doute qu'une liste des bonheurs n'a pas besoin de verbes ou alors à l'infinitif. On sent que ces listes aident à ne pas tourner en vrille.

Les listes concrétisent. Elles portent le pouvoir du mot. Nommer c'est déjà faire exister. Elles focalisent l'attention sur le meilleur.
Nommer c'est immortaliser. C'est faire co-exister tous les improbables, ce que réussit Prévert dans son "Inventaire". Mais il y a trop de jeu et pas assez de sens intime dans l'exercice de style du poète surréaliste.

Une seule question se pose. Que souhaiterait-on emporter si la mémoire peu à peu se vidait? Que garder de son expérience du monde?

Moi je prendrais volontiers des choses simples et apaisantes:

Le ronronnement de mon chat contre mon oreille;
Le parfum de sa fourrure;
L'existence d'un ami, sans condition, au-delà de la parole et des éloignements;
Le bruit des gouttes de pluie qui tombent;
L'apaisement après l'orage et l'énergie dégagée pendant qu'il éclate;
La curieuse sensation d'être suspendu, entre chien et loup, quand la vision n'est plus si claire;
La paix pendant un long voyage en solitaire;
L'odeur exacerbée des plantes et de la terre dans la chaleur d'un mois de juillet;
L'harmonie ressentie en allant face au soleil qui se couche;
Une marche dans la forêt;
Un bon livre;
Un brouillard d'automne qui flotte sur les arbres le matin.
...

Une liste qui aurait pu être écrite il y a dix ans et plus. Une sorte de permanence.

Et vous?

mardi 23 février 2010

la dernière frontière


Copyright Jicé.

Emprunté au site du dessinateur Jicé, une mine pleine de petites expressions talentueuses.

jeudi 18 février 2010

Les comportements de Série B


D'après le film de Johnston, Wolfman (2010)

Jacques Higelin s'exprime dans Libération.
"Cloret. Jacques, tu dis dans une de tes nouvelles chansons que tu es heureux lorsque tu ne lis plus les journaux... Cette phrase m'a marqué, venant de toi, toujours en phase avec l'actualité. Qu'en est-il vraiment?

Je parlais de tout ce qui m'est asséné à travers les médias, quand ils tentent de prendre possession de ce que je pense. Mais je continue à lire ce qui m'enrichit, ce qui m'ouvre l'âme et l'esprit et me fait progresser dans la connaissance du monde qui m'entoure."
Source: Tchat avec Jacques Higelin - Libération

Peut-être qu'il faut en effet arrêter d'écouter les médias pour ne pas devenir un mort-vivant, ne pas être vampirisé sous perfusion, garder conscience et élégance. L'enjeu n'est-il pas de rester un individu indépendant collaborant avec d'autres individus indépendants dotés des pleins pouvoirs de leur liberté de penser et ne pas participer à la symbolique marche des zombies téléguidés par de faux choix sociaux?



A choisir, dans la symbolique du monstre, autant être loup-garou. C'est déjà la certitude de conserver un cerveau reptilien.

Champagne!




mercredi 17 février 2010

Des bigorneaux vaseux



Paru dans Le Canard enchaîné du 10 février 2010...

Sans commentaire.

jeudi 11 février 2010

Recyclage des déchets radioactifs


Source: Ouest France

Que faire des milliers de tonnes de déchets "faiblement" radioactifs issus du démantèlement des vieilles centrales nucléaires françaises?

...

EUREKA! Pourquoi ne pas les recycler dans les biens de consommation (sauf les aliments, les produits cosmétiques, les bijoux, les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux)? Le recyclage, c'est écolo et ça a le vent en poupe...

Hop! Une petite dérogation dans l'arrêté ministériel du 5 mai 2009 et ni vu ni connu...

Par chance (pour nous), le bien connu Comité de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) a bien fait son travail de surveillance et d'alertede l'opinion publique.

Un recours au Conseil d'état a été déposé. Vous pouvez croiser les doigts ou/et vous mobiliser aux côtés du CRIIRAD ou/et faire circuler l'information.

Voici l'info diffusée par France 2 dans le Journal de 13h du 21 janvier 2010:


Déchets Radioactifs dans nos Vêtements !!! etc..
par Lesbrasmentombent

mardi 9 février 2010

Texaco, Toxico

Si vous visitez le site de l'entreprise Chevron, voici ce que vous pouvez trouver (cliquez sur les images pour lire les textes éloquents):







Une entreprise qui a de si beaux idéaux ne pourra rester plus longtemps insensible au sort des populations équatoriennes victimes de la catastrophe écologique consécutive à l'exploitation pétrolière de Chevron Texaco. Une telle entreprise comprendra enfin, que, pour coller à l'image humaniste qu'elle souhaite vendre au monde et à ses actionnaires, il est maintenant grand temps de réparer les dégâts commis:
"la compagnie pétrolière est soupçonnée d’avoir sciemment déversé, à partir de 1972, plus de 70 milliards de litres d’eaux polluées. Le rapport de Judith Kimerling, juriste, accuse également Texaco d’avoir rejeté plus de 60 millions de litres de pétrole dans la forêt amazonienne. Ces substances auraient pollué les rivières et les terres alentours, impactant gravement les paysans et les populations indigènes." Source: Novethic. Selon le New-York Times (du 15 mai 2009) « au moins 1.400 personnes sont mortes de cancers liés au pétrole dans la région, d’après un rapport de l’expert nommé par la Cour Richard Cabrera ».
Pour rappel, la première plainte a été déposée contre Texaco par les habitants de l'Amazonie équatorienne en 1993. Il est grand temps de réparer, n'est-ce pas?

N'en doutons pas, Chevron pourra bientôt ajouter une page de publicité à son site web:

Equateur: décontamination de la forêt d'Amazonie équatorienne, dédommagement des populations locales et prévention des tragédies environnementales.

Pour aider Chevron à assumer ses responsabilités, vous, membre de l'opinion publique, pouvez signer une pétition et faire savoir ce que vous pensez sur le site http://chevrontoxico.com/

Je vous engage aussi à ne pas rater le film que Joe Berlinger a tourné sur cette affaire: Crude. The real price of oil. Sortie vidéo prévue pour mars 2010.



http://www.crudethemovie.com/

lundi 8 février 2010

Copier-cloner

Société de consommation, biotechnologies, informatique: le triumvirat de la décadence agricole vue par Louis Rigaud, illustrateur et animateur multimédia. Succulent!



Copier-cloner from louis rigaud on Vimeo.


En tout cas, sans hésitation, voici quelqu'un qu'il ne faut ABSOLUMENT PAS cloner, par pitié!

L'article du Monde "Barroso veut étendre la culture d'OGM à toute l'UE" (08/02/2010, à partir des sources de l'Afp) parle de lui-même:

"Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, veut relancer le processus d'autorisation de la culture de deux OGM controversés très vite après la prise de fonction de sa nouvelle équipe la semaine prochaine, ont assuré à l'AFP plusieurs sources européennes. "L'autorisation de la culture du maïs MON 810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités", a confié une source au sein de l'exécutif bruxellois sous couvert de l'anonymat. "Il veut aller vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat", a confirmé un responsable européen.
La première réunion de la nouvelle Commission est prévue le 17 février, "mais le programme de travail est encore en cours d'élaboration", a précisé la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde Hansen. Monsanto attend le renouvellement de l'autorisation pour la culture du MON 810, seul OGM cultivé à ce jour dans l'UE, et BASF bataille pour sa pomme de terre. D'énormes intérêts financiers sont en jeu. BASF estime entre 30 et 40 millions d'euros par an les revenus dégagés par Amflora, si sa culture est autorisée.
"Barroso ne raisonne qu'en termes de marchés et de relations commerciales", a souligné le responsable européen. "Il se fonde sur les avis scientifiques qui disent que ces OGM ne présentent pas de risques pour la santé, mais ne se préoccupe pas des possibles conséquences à long terme sur l'environnement", a déploré la source au sein de la Commission. Le départ de Stavros Dimas, commissaire à l'environnement opposé à la culture des OGM, facilite la tâche à M. Barroso. Mais il doit tenir compte des réticences des Etats. Six pays, dont la France et l'Allemagne, ont interdit la culture du MON 810 et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire toutes les cultures d'OGM.
M. Barroso a subi un revers politique l'an dernier lorsque 22 pays ont voté contre sa demande de faire lever les interdictions, et les gouvernements européens sont aujourd'hui très réticents à autoriser les produits OGM en raison de l'opposition de leur opinion, inquiète de leur possible toxicité. "Nous attendons de voir comment il compte s'y prendre", a commenté un diplomate.

L'opinion publique semble avoir quand même pas mal de poids! Continuons à faire entendre nos voix qui valent bien celles des lobbies.

lundi 1 février 2010

Y'a du boulot!

Un petit cadeau de notre ami Panda malicieux... un dessinateur plein de talents :-) que nous remercions pour cette brève de comptoir!


Copyright: Panda Malicieux.

lundi 25 janvier 2010

L'année du tigre


Copyright: AFP/ROMEO GACAD

Le 14 février prochain débute l'année du Tigre. En Asie, c'est un signe du zodiaque mais c'est aussi un produit de consommation. Et si les choses continuent comme ça, ce ne sera bientôt plus qu'un symbole. La viande de tigre est au menu de certains restaurants en Malaisie. La vieille recette de vin à base d'os de tigre refait surface et est un must dans la Chine urbaine du XXI° siècle. Les organes et produits dérivés du tigre sauvage continuent d'être utilisés par la médecine traditionnelle chinoise malgré l'interdiction officielle de ce commerce. Des fermes à tigres élèvent des félins en captivité et fournissent la matière première à un commerce moins occulte. La poudre de dents de tigre soignerait asthme et maladies génitales; la peau entre dans la confection de tisanes pour soigner les troubles de la mémoire; les os sont réputés pour leurs propriétés aphrodisiaques et anti-rhumatismales; la queue devient pommade cicatrisante... Des pratiques traditionnelles sont également signalées pendant le Litang Horse Festival, où les nomades Khampas d'origine tibétaine utiliseraient des peaux de tigre dans leurs costumes traditionnels:

"Même les bouddhistes des régions pan-tibétaines de la Chine et de l’Inde, profitant d’une nouvelle prospérité économique, ont fait évoluer une vieille tradition consistant à orner les robes traditionnelles avec des fragments de peaux de tigres et d’autres grands félins, pour utiliser aujourd’hui des peaux entières pour en faire des robes. Bien que cette tendance ait été largement réduite à la suite d’un appel du dalaï-lama en 2006 invitant à renoncer à la vente et à l’exploitation d’espèces menacées d’extinction, même les tigres ne peuvent échapper aux soubresauts de la politique au Tibet. Certains affirment que les autorités provinciales chinoises continuent à promouvoir l’usage de grandes peaux de félins dans le but de réduire l’influence persistante du dalaï-lama dans la région." (source: le très intéressant article d'Elizabeth O’Neill: "Aujourd’hui, les tigres valent plus morts que vifs" publié dans le Magazine Etat de la Planète en collaboration avec le World Watch Institute). Rien ne semble épargner les derniers grands fauves, pas même les querelles politiques.

Selon l'article de Solenn Honorine, "Trafic: la Thaïlande sort ses griffes", paru dans Libération le 28 septembre 2005: "La population mondiale de tigres sauvages a chuté de 95 % en un siècle ; aujourd'hui, on en recense moins de 7 000 dans les forêts d'Inde, d'Indonésie, de Thaïlande, de Birmanie et de Russie. Première responsable, la déforestation mais aussi ­ et surtout depuis ces vingt dernières années ­ le trafic de peau, os et viande de tigre." Une situation réellement alarmante à laquelle il est difficile de remédier étant donné la puissance des réseaux de braconnage, la corruption et le peu de moyen des organismes chargés de lutter contre cette maffia.
Dans Le Monde du 22 janvier dernier ("A adopter : une trentaine de tigres de Sumatra"), les autorités indonésiennes proposent une solution douteuse pour "protéger" les derniers tigres de Sumatra:

"Pour élever chez soi une paire de ces tigres, il faudra débourser un milliard de roupies (environ 100 000 dollars) et disposer d'un espace minimum de 60 m2, bien qu'il soit préférable de leur offrir un large terrain, a expliqué un responsable du ministère de la forêt. "Nous ne vendons, ni ne louons les tigres", qui "continueront à appartenir à l'Etat", a-t-il précisé. "Nous autorisons seulement les gens à s'en occuper. Ils devront pour cela respecter un certain nombre de conditions."[...] "En Indonésie, une trentaine de tigres de Sumatra nés en captivité seraient disponibles pour être "adoptés". Les autorités ont eu l'idée de les mettre à disposition de particuliers "après avoir été approchées par plusieurs hommes d'affaires fortunés qui ont proposé d'en acheter", selon un expert du ministère. "Ils ne veulent pas seulement posséder des chevaux. Les tigres donnent du prestige."

Un exemple presque caricatural qui prouve que les autorités ne souhaitent pas s'attaquer au problème principal: le ministère de la forêt ne fait pas son travail et la perte des surfaces boisées s'accentue avec, en parallèle, le traffic illégal d'espèces protégées.

Superstitions médicales, sensationnalisme, manipulations politiques, possession ou quête d'une image prestigieuse: autant de projections d'hommes en mal d'identité dont font les frais les animaux sauvages, déjà victimes de la disparition de leur habitat naturel.

Croisons les doigts pour que 2010 soit (enfin) l'année du tigre: une année faste... pour les tigres.

Rappelons que tous les tigres et autres grands félins d'Asie sont inscrits depuis 1975 à l'annexe I de la CITES.

mercredi 20 janvier 2010

Les phyto-prédateurs


Copyright: Eric Tourneret

La photographie provient du site magnifique d'Eric Tourneret, photographe du Peuple des abeilles. Elle représente Maurice Coudoin, apiculteur célèbre pour être passé au tribunal de grande instance en mai 2007 face au cultivateur de maïs OGM, Claude Menara, après avoir placé l'année précédente, pour des raisons expérimentales visant à prouver la contamination du pollen, quelques ruches à proximité d'un champ de culture OGM de son opposant. Réponse des magistrats à cette stratégie:
"le trouble invoqué dépend dans une large mesure de l’attitude de l’apiculteur qui, informé des résultats de cette expérimentation, devrait s’abstenir de placer ses ruches dans les zones et pendant la période à risques".
Autrement dit, l'apiculteur Maurice Coudoin a été en l'occurence co-auteur du dommage subi par les ruches.
Une illustration qui montre que ce n'est pas par la provocation que l'on obtient des résultats en justice. L'issue du procès aurait-elle été différente si l'apiculteur n'avait pas su que le champ de maïs était transgénique? Subtilité juridique!
Tout récemment, l'arboriculteur François Serrant, producteur de cidre dans la Manche, a été condamné (amende de 1.000 euros dont 500 avec sursis + 7.500 euros de dommages et intérêts et 500 euros de remboursement de frais de justice à son adversaire) pour la mort brutale des abeilles d'une cinquantaine de ruches de son voisin apiculteur, Patrick Lefèvre. Les insectes ont été intoxiqués par un insecticide interdit en France depuis 2008 (le Sévin®, produit par Bayer). Ajoutons que l'arboriculteur n'a doublement pas respecté la législation en utilisant ce produit sur des pommiers en fleurs.

Que reste-t-il à prouver en matière d'OGM et de pesticides?
Comme le dit Jean-Louis Borloo de l'Environnement: "Sur les OGM, tout le monde est d'accord: on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque." (Le Monde, 21 septembre 2007).
Continuons de faire confiance à la justice. On attend une nouvelle loi en 2010 pour mieux informer les consommateurs sur la présence d'organismes génétiquement modifiés dans la nourriture. De facto, c'est bien sûr admettre la présence de ces chimères dans les assiettes. On attend le prochain effet d'annonce du ministre français de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat. Dans le même temps, son collègue le ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche a pris une décision nocive pour les pollinisateurs et a suivi l'avis favorable de l'AFSSA concernant l'autorisation du pesticide Cruiser 350® de Syngenta Agro sur semences de maïs en 2010, à condition de limiter les risques de dispersion des poussières au moment des semis (!!!???). Pour France Nature Environnement, "Le Cruiser® (produit proche du Gaucho® et du Régent®), est un insecticide classé dangereux pour l'environnement, dangereux pour les abeilles, les oiseaux et les mammifères sauvages, et très toxique pour les organismes aquatiques".
Par ailleurs, on n'arrête pas le cynisme, certaines firmes agronomiques connues (citons ici simplement Maïsadour favorable aux "BioInnovations", en particulier MON810®) et le chimique BASF (producteur du Régent®) soutiennent un projet autour de la très populaire abeille: Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, une opération de communication tout à fait magnifique. L'idée est de mettre en place un ensemble de jachères apicoles (un petit film ici). Ce n'est pas forcément une mauvaise idée mais ça sent très fort le greenwashing. Peut-être que, tout à coup, le monde agricole se rend compte que la perte des pollinisateurs, c'est un massacre écologique ET un massacre économique...


Le Silence des abeilles. National Geographic.

Comme nous ne sommes pas aussi nombreux que les Chinois, et qu'il n'est pas encore trop tard, crions-le très fort: les jachères apicoles c'est bien mais elles ne suffiront pas. Il faudra arrêter les BioInnovations incontrôlables et les monocultures et...

A consulter ce document (de 2007) diffusé par Greenpeace France:
La Bombe OGM: "témoignages sur l'impossible coexistence des filières OGM et sans OGM."

mercredi 6 janvier 2010

Les abeilles ont la cote


Hôtel à insectes
Source: http://www.zphoto.fr/lhotel_des_insectes_photo401277.htmltarget="_blank">

Certaines initiatives en provenance d'associations ou d'entreprises commencent à révéler un intérêt pour le sort des abeilles. Une bonne nouvelle mais il convient de perfectionner et d'élargir ces actions (qui peuvent ressembler parfois aux gouttes d'eau d'une politique de greenwashing) si l'on en croit cet article des Echos publié le 22 décembre dernier: Floraison d'initiatives en faveur des abeilles.

"Coopératives agricoles, entreprises, villes, régions s'engagent contre l'effondrement des populations d'abeilles.
L'abeille et les autres pollinisateurs élargissent le cercle de leurs amis. Un nombre croissant de villes, d'entreprises, de régions ou d'administrations font un geste pour lutter contre l'effondrement de ces populations d'insectes, vitales pour l'agriculture. Début decembre, c'est Remy Martin qui rejoignait le Réseau biodiversite pour les abeilles. Le fabricant de cognacs vient de transformer en prairies melliferes une vingtaine d'hectares sur les 250 de son vignoble charentais. Au printemps, les insectes se regaleront de sainfoin, de melilot, de phacélie et d'autres fleurs généreuses en pollen et en nectar. Plus systématiquement, l'entreprise profitera des périodes de cinq ans de jachère entre l'arrachage et la replantation de ses vignes pour insérer une rotation de blé, suivie de trois ans de cultures a intérêt apicole. Le Réseau biodiversite pour les abeilles, lancé il y a quinze ans, enregistre désormais 300 partenaires, essentiellement venus du monde agricole, celui qui a la plus forte emprise sur la biodiversite. « Nous comptons 1.500 hectares de jachères apicoles et espérons pour 2010 doubler ces superficies pour atteindre 10.000 hectares en 2013 », table Pierre Testu, responsable du réseau. Pour atteindre ces objectifs, il compte sur l'évolution prochaine de la politique agricole commune qui contraindra les agriculteurs à consacrer 5 % de leurs superficies à des couverts environnementaux, dont les jachères apicoles.

Hôtels à insectes
Le monde agricole cherche ainsi à compenser les périodes de disette qui suivent la récolte de certaines cultures, comme le tournesol ou le colza. La coopérative Maisadour a ainsi planté une centaine d'hectares dans les Landes de réserve à pollen et à nectar. En Champagne-Ardenne, asile de la luzerne francaise, des bandes de 7 m de long sont laissées en fleurs au printemps. En Alsace, les établissements Gustave Muller, société de négoce agricole, ont sponsorisé le déboisement de certaines parcelles de monoculture d'épiceas pour installer des prairies de fleurs et d'herbes partagées par les insectes et les éleveurs.
D'autres initiatives isolées fleurissent. L'entreprise immobilière Gecina, par le biais de sa fondation, va financer avec l'ONF l'installation d'hôtels à insectes. L'Unaf, de son côté, a lancé un programme de sensibilisation aux pollinisateurs qui compte une trentaine de partenaires, dont 5 régions (Bourgogne, IDF, etc.), 4 conseils généraux, plusieurs villes et quelques entreprises comme L'Oréal. Ces soutiens ont servi à l'installation de 300 ruches ou d'hôtels à insectes. Lille a ouvert un centre de formation à l'apiculture. Natureparif, l'agence régionale de la biodiversité de l'Ile-de-France, a installé des abris à insectes. La chaine Botanic a supprimé les insecticides de ses rayons et installé des ruches dans neuf de ses magasins. Quant au chateau Larose Trintaudon, un grand domaine du médoc bordelais engage de longue date dans le developpement durable, il a semé des jachères apicoles et installé 8 ruches.
Pourtant, l'Union nationale de l'apiculture francaise (Unaf), juge que ces initiatives restent plus un moyen de sensibiliser qu'une véritable solution. Son president, Henri Clément, estime ainsi que les superficies annoncées par le Réseau biodiversite pour les abeilles correspondent au garde-manger de 5 à 10 ruches par département.

Quel diagnostic ?
Les deux organisations divergent sur le diagnostic du déclin des abeilles. Les chercheurs estiment en majorité qu'il est dû à plusieurs facteurs : déclin de la biodiversité végétale due à la monoculture, usage intensif des pesticides, problèmes sanitaires. L'Unaf se bat depuis plusieurs années contre les pesticides et leurs producteurs, accusés d'être le mal principal. Le Réseau biodiversité pour les abeilles estime, pour sa part, que la priorité est de rétablir une diversité de cultures. Une posture que l'Unaf explique par le soutien fort de BASF et d'autres firmes semencières. Pierre Testu justifie, lui, leur soutien : « leur présence rassure les coopératives ou les agriculteurs ».

A l'Office pour les insectes et leur environnement (Opie), l'entomologiste Serge Gadoum estime que ces programmes d'action aident assurément les abeilles domestiques, mais pas necéssairement les espèces sauvages. C'est pourquoi il souhaite une coordination nationale ou régionale de ces initiatives, une perspective en discussion au ministère de l'Ecologie."

Souhaitons que la faveur que connaissent les abeilles annonce des mesures plus générales en faveur des insectes. L'entomofaune est encore trop souvent considérée de manière monolithique comme un problème: on ne pense qu'aux phytophages ravageurs sans considérer les collaborations possibles entre certains insectes et l'agriculture (lutte intégrée). En dehors des abeilles, pensons aux nombreux hyménoptères, coléoptères, lépidoptères et diptères consommateurs de pollen et nectar et consommateurs d'autres insectes ravageurs.

lundi 4 janvier 2010

Au revoir Lhasa

Lhasa de Sela est décédée à Montréal le 1er janvier à l'âge de 37 ans.

Voeux

Une bonne année 2010 à chacun et à tous les êtres!