mardi 16 août 2011

Rais le bled

Le rap porte-parole du peuple tunisien, écrit par Hamada Ben Amor, dit el General, né en 1986.


Traduction française.

Images et voix du président Ben Ali dans une école:

Qu’est-ce qui t’embête?
Vas-y raconte-moi.
Tu veux me dire quelque chose?

(L’enfant recule dans sa chaise, il a manifestement envie de pleurer)

Président du pays

Aujourd’hui je m’adresse à toi
En mon nom et en celui du peuple entier
qui vit dans la souffrance
En 2011 il y a encore des gens qui meurent de faim
Le peuple veut travailler pour vivre
Mais sa voix n’est pas entendue
Descends dans la rue et regarde autour de toi
Les gens sont traités comme des bêtes
Regarde les flics
À la matraque, tacatac,
Impunément
Puisqu’il n’y a personne pour leur dire non
Même la loi et la constitution
ils n’en ont rien à foutre
Chaque jour j’entends parler d’une affaire
montée de toutes pièces
Pourtant le pouvoir sait
qu’il s’agit là d’un citoyen honnête
Regarde les flics
taper sur les femmes voilées
Est-ce que tu accepterais ça pour ta fille?
Ce que je raconte est malheureux
Puisque tu es un père
et que tu ne voudrais aucun mal à tes enfants
Alors dis-toi que ce message
t’est adressé par un de tes enfants
Nous vivons dans la souffrance
comme des chiens
la moitié du peuple vit dans l’humiliation
et a goûté à la misère.

Président du pays
ton peuple est mort
les gens se nourrissent dans les poubelles
Regarde ce qui se passe dans le pays
les soucis sont partout
Les gens n’ont plus où dormir
Aujourd’hui je parle au nom du peuple
écrasé par le poids de l’injustice

Président du pays
ton peuple est mort
les gens se nourrissent dans les poubelles
Regarde ce qui se passe dans le pays
les soucis sont partout
Les gens n’ont plus où dormir
Aujourd’hui je parle au nom du peuple
écrasé par le poids de l’injustice

Président du pays
tu nous dit parle sans crainte
Voilà j’ai parlé
Mais je sais ce qui m’attend
Et ce n’est que des coups
Je vois beaucoup d’injustice
Voilà pourquoi j’ai choisi de parler
Pourtant beaucoup m’ont mis en garde
Jusqu’à quand le peuple tunisien
doit-il vivre dans les rêves?
Où est la liberté d’expression?
Je n’en ai vu que le nom.
Tu appelles la Tunisie « la verte »
Mais président regarde
Elle est devenue un désert
coupée en deux blocs.
Il y a ceux qui volent aux yeux de tous
Pas besoin de les nommer
Tu sais très bien qui sont ces gens
Beaucoup d’argent devrait aller
aux projets, aux réalisations,
aux écoles, aux hôpitaux, aux logements
Mais les fils de chien
avec l’argent du peuple
ils se remplissent le ventre,
ils volent, ils pillent, ils se servent,
pas un siège ne leur échappe
Le peuple a tant à dire
mais sa voix ne porte pas.
S’il n’y avait pas cette injustice,
je n’aurais pas besoin de parler.

Président du pays,
ton peuple est mort
les gens se nourrissent dans les poubelles
Regarde ce qui se passe dans le pays
Les soucis sont partout
Les gens n’ont plus où dormir
Aujourd’hui je parle au nom du peuple
écrasé par le poids de l’injustice

Président du pays,
ton peuple est mort
les gens se nourrissent dans les poubelles
Regarde ce qui se passe dans le pays
Les soucis sont partout
Les gens n’ont plus où dormir
Aujourd’hui je parle au nom du peuple
écrasé par le poids de l’injustice

Ok
la voix du pays
Général 2011
toujours la même situation
les mêmes problèmes les mêmes souffrances
Raïs le bled
Rais le bled

Président du pays,
ton peuple est mort
les gens se nourrissent dans les poubelles
Regarde ce qui se passe dans le pays
Les soucis sont partout
Les gens ne savent pas où dormir
Aujourd’hui je parle au nom du peuple
écrasé par le poids de l’injustice.

(traduction trouvée sur le site Dormira jamais).


dimanche 17 juillet 2011

We miss you

Trois étudiants ont récemment tourné cette petite vidéo.

Certains la trouveront niaise à souhait, pleine de poncifs, certes. Ils vivent certainement en ville, loin de la nature. Nous, nous vivons proche de cette nature, proche de ceux qui l'habitent, et ils sont toujours proches de nous. Nous ne les nous voyons pas tous les jours, mais nous savons que le grand lièvre est là dans le virage, près de la source, l'hermine reviendra avec la neige, les chevreuils viendront chaque nuit, le crapaud chantera après l'orage, la queue rousse nourrira ses petits, la hulotte remplira toute la nuit glaciale de janvier. Je viens de la ville et lorsque j'y retrourne c'est comme si je les laissais derrière moi, loin de moi, je ne sais plus comment vivre sans eux, sans leur discrète et continuelle présence, enfin surtout je ne veux plus vivre sans eux.

WE MISS YOU from fireapple films on Vimeo.

dimanche 12 juin 2011

Ken quitte Barbie!


dimanche 13 février 2011

Pacifisme

http://www.endgamethebook.org/

""Love leads to pacifism, and any use of violence implies a failure to love. You can’t use the master’s tools to dismantle the master’s house. It’s far easier to make war than to make peace. We must visualize world peace. To even talk about winning and losing (much less to talk about violence, much much less to actually do it) perpetuates the destructive dominator mindset that is killing the planet. If we just visualize peace hard enough, we may find it, because, as Johann Christoph Friedrich von Schiller tells us, 'Peace is rarely denied to the peaceful.' Ends never justify means, which leads to Erasmus saying, and pacifists quoting, 'The most disadvantageous peace is better than the most just war.' Gandhi gives us some absolutism, as well as absolution for our inability to stop oppressors, when he says, 'Humankind has to get out of violence only through nonviolence. Hatred can be overcome only by love.' Gandhi again, with more magical thinking, 'When I despair, I remember that all through history the way of truth and love has always won. There have been tyrants and murderers and for a time they seem invincible but in the end, they always fall—Think of it, ALWAYS.' Violence only begets violence. Gandhi again, 'We must be the change we wish to see.' If you use violence against exploiters, you become like they are. Related to that is the notion that violence destroys your soul. If violence is used, the mass media will distort our message. Every act of violence sets back the movement ten years. If we commit an act of violence, the state will come down hard on us. Because the state has more capacity to inflict violence than we do, we can never win using that tactic, and so must never use it. And finally, violence never accomplishes anything." (p.675)



samedi 12 février 2011

Veggie Love

Bientôt la Saint Valentin, fête presque aussi commerciale que Noël. Est-ce tout à fait un hasard? People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) vient de jouer un bel atout. C'est à l'occasion du Super Bowl que ce clip devait passer sur les chaînes de télé américaines. Ouf! Il a été censuré pour sa connotation sexuelle jugée trop suggestive. C'est tout bénéfice pour PETA qui ne déboursera pas plus de 2 Millions les 30 secondes de clip et le film, qui fait le buzz du fait de cette censure puritaine, a largement atteint son objectif. Bravo pour cet exercice de communication réussi. Le pseudo-porno de PETA fera-t-il de vous un adepte de la veggie love?

mercredi 9 février 2011

Nostalgie de la lumière

Nostalgie de la lumière, film du cinéaste chilien Patricio Guzman, rayonne de sérénité en dépit de la tragédie qu'il évoque. Nous sommes dans le désert d'Atacama, bien connu pour la pureté de son ciel, la fragilité de son équilibre et les gigantesques téléscopes qui scrutent notre univers. L'astronomie agit comme un fil rouge, un point de repère apaisant dans ce grand désert aride où l'on rencontre aussi les archéologues attentifs aux pasteurs précolombiens et un groupe de femmes déchirées par la perte de leurs proches dont elles cherchent les restes inlassablement. Le désert d'Atacama fut un charnier pour le régime de Pinochet qui se débarrassait là des opposants politiques au régime du dictateur. Les astronomes, les archéologues, les femmes (soeurs, mères, grand-mères de disparus) sont tous en quête d'une mémoire. La mémoire de l'univers, la quête des origines de tout. La mémoire de la préhistoire. La mémoire d'une histoire proche (1973-1988) que l'on semble vouloir oublier comme s'il s'agissait d'un mauvais rêve.



Cette superbe réflexion sur le temps, sur la matière dont nous sommes faits et dont sont faites aussi les étoiles les plus lointaines, est une méditation bouleversante et finalement apaisante dans la rencontre du spectre des étoiles et des dépouilles humaines, squelettes du paléolithique ou débris d'os glanés de proches disparus.

Penser que les *** du Paris-Dakar ont violé en 2010 le désert d'Atacama me donne un peu plus la nausée après avoir vu ce film.


lundi 7 février 2011

Faites le mur!



Banksy a sorti un film en décembre 2010, Faites le mur!, concernant le street art comme outil d'insoumission.


On y trouve les engagements de l'artiste anglais qui s'exprime dans des messages visuels percutants sur ses sujets de prédilection: la défense de l'environnement, la liberté individuelle, la conscience personnelle et politique, l'anarchie, l'antimilitarisme... tout cela avec un peu de sarcasme, de l'humour et beaucoup de poésie.

http://www.banksy.co.uk/

vendredi 28 janvier 2011

Robin and co


Robin Hood: Prince of Thieves, Kevin Reynolds


Un simple héros, Robin des Bois? Ou, l'archétype du brigand se battant pour une noble cause. Ou, le marginal proscrit incarnant un combat social. Le pot de terre sortant victorieux du combat contre le pot de fer. En peu de mots, Robin des Bois est la nécessaire lumière d'espoir de tous les peuples opprimés.
Aujourd'hui, la référence au justicier de la forêt de Sherwood se décline. Pensons à l'association française Robin des toits qui lance l'alerte contre les dangers du rayonnement électromagnétique et des antennes relais. Robin des bois, c'est aussi une association pour la protection de l'homme et de l'environnement. On trouve même à Tarbes une école de musique (rock) s'adressant à un public défavorisé (Les Robins des bois). Le nom du personnage de légende est assurément lié au combat social. Y a-t-il eu, au fond du Moyen-Age, un homme derrière la légende qui a galopé jusqu'aux studios hollywoodiens? Les slovaques ont eu leur Juro Janosik. Les espagnols leur Diego Corrientès. De chair ou de papier, les Robins des bois accompagnent l'humanité défavorisée comme un rêve de justice qui sort de la forêt ou des haciendas californiennes (le Zorro de Johston Mc Culley, inspirateur, dit-on, du Batman des comics, est aussi un Robin des bois). Le peuple a besoin de philanthropes masqués, d'hommes de l'ombre qui dépassent les lois du marché, garants de justice sociale. Jean-Jacques Fresko, rédacteur en chef du magazine Terre Sauvage, signe en février un éditorial éloquent intitulé "Lettre à Robin des Bois".

"Cher Robin,
dans votre artisanat justicier au grand coeur, vous êtes un maître universellement reconnu. On vous dit expert dans l'art de prendre où il y a trop pour donner où il y a trop peu. Les notions de régulation économique, de redistribution, de progressivité de l'impôt seraient, en quelque sorte, issue de votre échoppe. De telles références forcent évidemment le respect et nous conduisent à nous tourner vers vous pour quelques travaux, certains urgents, qu'il nous paraît judicieux d'entreprendre, à l'aube de cette Année internationale de la forêt. Vous serait-il possible de nous établir un devis détaillé pour chacun des projets suivants, dont vous trouverez les cahiers des charges au fil des pages de ce numéro de Terre Sauvage? (...) Mais il est à craindre, hélas, que vous ne soyez pas en mesure d'honorer notre demande de devis. Sur votre propre terre, dit-on, vous avez déjà fort à faire. Comme celles de vos confrères Merlin (enchanteur), Dracula (vampire), Elwing (elfe), Faust (trafiquant d 'âmes), votre mythique forêt de Sherwood a subi, au fil des siècles, les assauts de la rentabilité financière, faisant de l'Angleterre l'un des Etats d'Europe les moins bien dotés en forêts. Et ce n'est pas fini: le gouvernement britannique de MM. Cameron et Clegg envisagent aujourd'hui très sérieusement de disperser à l'encan les dernières forêts du royaume. On dit que les promoteurs des agrocarburants - ceux-là même qui sont à l'oeuvre dans les forêts équatoriales - sont déjà sur les rangs..."

Que penser quand les justiciers mythiques s'évadent de l'espoir collectif populaire et quand c'est la presse qui fait appel aux figures de légende pour incarner un combat contemporain?

Biodiversité et rentabilité sont difficilement compatibles. La politique britannique n'est pas la seule à exercer une pression sur le patrimoine vert. En France, Sarkozy a prévu lui aussi de rentabiliser l'ONF. Comprenez le privatiser partiellement et exercer une politique myope. Vous pouvez parier que la filière bois va beaucoup communiquer tout prochainement.

Pour triompher, Robin des Bois devrait être aujourd'hui une multi-nationale vraiment éthique (ça existe?) ou une population révoltée vraiment énervée (ça existe!) ou... (???)