mercredi 9 février 2011

Nostalgie de la lumière

Nostalgie de la lumière, film du cinéaste chilien Patricio Guzman, rayonne de sérénité en dépit de la tragédie qu'il évoque. Nous sommes dans le désert d'Atacama, bien connu pour la pureté de son ciel, la fragilité de son équilibre et les gigantesques téléscopes qui scrutent notre univers. L'astronomie agit comme un fil rouge, un point de repère apaisant dans ce grand désert aride où l'on rencontre aussi les archéologues attentifs aux pasteurs précolombiens et un groupe de femmes déchirées par la perte de leurs proches dont elles cherchent les restes inlassablement. Le désert d'Atacama fut un charnier pour le régime de Pinochet qui se débarrassait là des opposants politiques au régime du dictateur. Les astronomes, les archéologues, les femmes (soeurs, mères, grand-mères de disparus) sont tous en quête d'une mémoire. La mémoire de l'univers, la quête des origines de tout. La mémoire de la préhistoire. La mémoire d'une histoire proche (1973-1988) que l'on semble vouloir oublier comme s'il s'agissait d'un mauvais rêve.



Cette superbe réflexion sur le temps, sur la matière dont nous sommes faits et dont sont faites aussi les étoiles les plus lointaines, est une méditation bouleversante et finalement apaisante dans la rencontre du spectre des étoiles et des dépouilles humaines, squelettes du paléolithique ou débris d'os glanés de proches disparus.

Penser que les *** du Paris-Dakar ont violé en 2010 le désert d'Atacama me donne un peu plus la nausée après avoir vu ce film.


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